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Une petite histoire par jour
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Opaline
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MessagePosté le: Mar 10 Avr - 11:05 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

10 avril 1599
Décès de Gabrielle d'Estrées
La presque reine



La Dame au bain, portrait de Gabrielle, son enfant
César et son nourrisson Alexandre, 1er quart du
XVIIe siècle, musée Condé.


Le 18 juin 1590, le roi Henri IV fait une visite au château de Coeuvres, en Picardie. Là, il s'éprend de la fille du châtelain, âgée de 17 ans. Lui-même en a 38. Il sent l'ail et les mauvaises manières. Encore protestant, il doit se battre pour assurer ses droits au trône de France.

Amoureux transi, Henri IV multiplie les faveurs à la famille de la jeune fille avant que celle-ci ne daigne coucher avec lui, lors du siège de Chartres, le 20 janvier 1591. Le roi donne à sa jeune maîtresse un mari de complaisance... puis fait annuler l'union. C'est que lui-même envisage de l'épouser après qu'elle lui eut donné trois enfants dont le futur duc César de Vendôme. Il doit auparavant faire annuler son propre mariage avec Marguerite de Valois (la «reine Margot»).


Gabrielle d'Estrées et une de ses sœurs,
peint autour de 1594 par un auteur inconnu de l'École de Fontainebleau.


Mais les courtisans et le peuple voient d'un mauvais oeil ce projet d'union. Gabrielle d'Estrées, qui n'aime guère le roi, fait l'unanimité contre elle par ses intrigues. Sa mort en couches le 10 avril 1599, à quelques heures de la cérémonie nuptiale, met fin à ses espérances... et épargne à la monarchie une crise de succession. «La racine de mon coeur est morte», dit le roi en apprenant la nouvelle.
Au lendemain de sa mort, Henri IV écrit : « Mon affliction est aussi incomparable que l'était le sujet qui me la donne. Les regrets et les plaintes m'accompagneront jusqu'au tombeau. La racine de mon cœur est morte et ne rejettera plus... »

La belle Gabrielle a droit à des funérailles royales. Le roi porte le deuil en s'habillant tout de noir, ce qui n'était pas permis aux rois de France.

Portrait
Gabrielle d'Estrées et une de ses sœurs, peint autour de 1594 par un auteur inconnu de l'École de Fontainebleau.

Gabrielle d’Estrées, la « presque reine », « blonde, dorée, d’une taille admirable, d’un teint d’une blancheur éclatante » (Mademoiselle de Guise), « blonde aux yeux bleus, aux sourcils admirablement dessinés, avenante et potelée » (François Bluche), « belle mignonne un peu fade et sans trop d’esprit » (Jean-Pierre Babelon), a, du fait même de son destin tragique dans lequel certains ont voulu voir un empoisonnement voire la main du démon, fasciné tant ses contemporains que la postérité. Ainsi Agrippa d’Aubigné, pourtant généralement avare de compliments, salue en elle celle qui pousse le roi à rédiger et signer l’édit de Nantes : « C’est une merveille, comment cette femme de laquelle l’extrême beauté ne sentait rien de lascif, a pu vivre en reine plutôt qu’en concubine tant d’années et avec si peu d’ennemis. Les nécessités de l’État furent ses seules ennemies ».


Gabrielle d'Estrées.Portrait au crayon
par Daniel Dumoûtier vers 1599.


Jules Michelet, qui a examiné son portrait au crayon par Daniel Dumoûtier au cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale de France, la décrit ainsi : « Elle est étonnamment blanche et délicate, imperceptiblement rosée. L’œil a une indécision, une vaghezza qui dut ravir et qui pourtant ne rassure pas. »   



Herodote 


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MessagePosté le: Mar 10 Avr - 11:05 (2018)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 11 Avr - 05:44 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant



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MessagePosté le: Mer 11 Avr - 07:32 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

11 avril 1241
Les Mongols écrasent les Hongrois



Cavaliers mongols, miniature persane du XIIIe siècle
(BNF)


Le 11 avril 1241, les Mongols remportent une éclatante victoire sur les troupes hongroises du roi Bela IV, en un lieu appelé Mohi... L'Europe paraît à leur merci.

En France, c'est l'époque épanouie de Saint Louis. On compose le Roman de la Rose et le roi songe à édifier la Sainte Chapelle. Dans cette chrétienté médiévale plutôt souriante, nul n'imagine les soubresauts qui secouent les lointaines steppes d'Asie centrale. Ces contrées parcourues par des cavaliers nomades ont été unifiées avec brutalité par un chef mongol qui est resté dans l'Histoire sous le nom de Gengis Khan.

L'Europe à merci

Mort le 18 août 1227, Gengis Khan a laissé à son fils Ogodai et à ses lieutenants le soin d'étendre ses conquêtes vers la Perse, la Chine et aussi bien l'Ukraine et la Hongrie. C'est ainsi qu'à l'automne 1236, le vieux général Subotai (60 ans) se dirige vers l'Occident avec une armée de peut-être 150 000 hommes. Une partie de cette armée marche sur les principautés russes du nord et les ravage jusqu'aux abords de la riche cité de Novgorod.

Un peu plus tard, le 6 décembre 1240, Kiev, principale ville d'Ukraine, est prise d'assaut et détruite. L'Ukraine ne se remettra jamais totalement de l'invasion mongole et perdra sa suprématie sur les peuples de la grande plaine russe.


En 1241, les Mongols continuent leur avancée en débutant la « Campagne d'Europe ».

Poursuivant sa marche, l'armée mongole brûle Cracovie, principale cité de Pologne et se heurte à une armée de chevaliers polonais et allemands. Ces derniers sont anéantis à Wahlstadt, en Silésie.

Les Occidentaux, alertés, échouent à organiser une croisade commune. Les Chevaliers teutoniques profitent au contraire des désordres pour partir en guerre contre les Russes de Novgorod mais ils seront arrêtés par Alexandre Nevski.

En Hongrie, le roi Béla IV rassemble en hâte ses forces et se porte au-devant des Mongols mais ses hommes sont presque tous massacrés et lui-même prend la fuite.


En l’an 1241 les Mongols ( communément appelés Tatàrs en Hongrie )
attaquèrent à cinq endroits différents..


Les Mongols ravagent les régions du Danube avec un raffinement de cruauté. Incendies, viols et égorgements systématiques, pratique des « boucliers humains »... Autant de comportements dont ils n'ont hélas pas le monopole. Ils poussent des pointes jusqu'aux abords de Vienne et de l'Adriatique.

Là-dessus arrive la nouvelle de la mort du grand-khan Ogodai dans la lointaine Mongolie. Pressés de prendre part à la succession, les chefs mongols se retirent avec leurs armées. Ils y sont d'autant plus enclins qu'ils sont arrivés au bout de leurs réserves et ne voient plus devant eux assez de pâturages pour assurer la nourriture de leurs chevaux. Ils ne se sentent pas non plus l'envie ni la capacité de tenir des territoires constellés de forteresses.


Bataille de Bagdad (1258)

L'Europe occidentale, inconsciente du malheur auquel elle a échappé, est sauvée. Quelques années plus tard, d'autres Mongols ravageront Bagdad et l'empire arabe.

Conséquences de l'invasion mongole

En contrepartie de ses horreurs, l'invasion mongole a pour effet d'unifier les steppes de l'Eurasie et d'ouvrir la Route de la Soie qui relie l'Europe à la Chine à travers l'Asie centrale. Des marchands occidentaux audacieux en profitent bientôt. Le plus célèbre est Marco Polo, qui parcourra l'Asie en tous sens pendant 25 ans au service de l'empereur mongol de Chine, Koubilaï Khan.

Alban Dignat
Pour Herodote

Je recommande, pour en savoir plus, un petit livre de Chantal Lemercier-Quelquejay qui fait le point sur le XIIIe siècle mongol : La paix mongole (questions d'histoire/Flammarion, 1970).


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MessagePosté le: Mer 11 Avr - 10:10 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

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MessagePosté le: Jeu 12 Avr - 07:09 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

12 avril 1204
Des croisés s'emparent de Constantinople



Prise de Constantinople par Palma le Jeune

Le 12 avril 1204, les troupes de la IVe croisade s'emparent de Constantinople, richissime capitale de l'Empire byzantin.
La ville est mise à sac par les chevaliers. 2.000 Grecs sont massacrés. Le scandale est immense dans toute la chrétienté et de ce jour fatal date la véritable rupture entre la chrétienté orthodoxe d'Orient et la chrétienté catholique d'Occident...

Querelles de marchands
La IVe croisade a été voulue par le pape Innocent III.[/b]
Les comtes Louis de Blois et Thibaud de Champagne répondent avec enthousiasme à son appel, ainsi que le comte Baudouin de Flandre et le duc Eudes de Bourgogne. Mais les rois se dérobent et 10.000 chevaliers seulement se croisent au lieu des 30.000 attendus.
Le pape donne pour but aux croisés de s'emparer des ports égyptiens, poumon du monde arabe, en vue de les échanger contre Jérusalem, que le sultan Saladin a reconquise quelques années plus tôt. Pour le transport maritime, on se propose de faire appel aux marchands vénitiens.


La IVe croisade vue par Delacroix

Le doge Enrico Dandolo, qui gouverne la République de Venise, a fixé le prix du transport à un montant considérable - 85.000 marcs d'or, non compris la moitié du butin escompté -.

Mais les croisés peinent à réunir la somme demandée. Les Vénitiens leur proposent alors une remise de leur dette en échange d'un petit service : il s'agirait de conquérir le port chrétien de Zara, sur la côte dalmate (aujourd'hui Zadar, en Croatie) et de le leur livrer.

Le 24 novembre 1202, la ville capitule. Les habitants (chrétiens) ont la vie sauve mais leurs biens sont partagés entre croisés et Vénitiens. Le pape, indigné, adresse une bulle d'excommunication (*) aux uns et aux autres.


Siège de Constantinople

Là-dessus, des ambassadeurs du roi d'Allemagne se présentent à Zara et expliquent au doge et aux chefs croisés que l'empereur a reçu un appel au secours de son beau-frère Alexis Ange, fils de l'ancien empereur byzantin Isaac II Ange, détrôné par son frère. Ils suggèrent aux croisés de restaurer Alexis Ange dans ses droits. Alexis Ange promet en échange 200.000 marcs d'argent et un appui militaire pour marcher sur l'Égypte.

Beaucoup de croisés jugent que la trahison dépasse les bornes et préfèrent s'en revenir chez eux. Mais les autres cèdent à l'attrait du fruit défendu et occupent une première fois Constantinople le 17 juillet 1203.

Les Vénitiens veulent en finir avec l'anarchie qui règne à la tête de l'empire byzantin et compromet leur fructueux commerce. Avec l'aide des croisés, le doge chasse le basileus (ou empereur) Alexis III et intronise son neveu sous le nom d'Alexis IV. Mais celui-ci, tenu pour un traître par la population, se montre incapable d'imposer son autorité.

Quelques mois plus tard, la population se rebelle contre les chevaliers venus d'Occident, que la découverte de Constantinople et de ses fabuleuses richesses a rendus particulièrement cupides. C'est ainsi que ces derniers attaquent une nouvelle fois la «deuxième Rome» le 12 avril 1204. Il ne s'agit plus d'une simple occupation mais d'une mise à sac de la prestigieuse cité.


Carte de la quatrième croisade

Un empire latin


Après cet assaut d'une extrême brutalité, les croisés détrônent l'empereur et installent l'un des leurs, le comte Baudouin de Flandre et de Hainaut, sur le trône. Celui-ci devient le premier titulaire de l'Empire latin d'Orient sous le nom de Baudouin 1er.

Il brise aussitôt l'administration relativement moderne de l'empire grec et remplace celui-ci par une mosaïque de principautés féodales.

Les Vénitiens se taillent la part du lion avec les principaux ports, les îles, une franchise commerciale dans tout l'empire et le monopole de l'élection du patriarche.

Toutefois, la conquête latine reste très partielle et des royaumes grecs indépendants se constituent immédiatement autour de l'empire latin de Constantinople.

Théodore Lascaris, gendre de l'empereur Alexis III, rétablit par ailleurs un empire byzantin en Asie mineure, autour de Nicée. Il en est élu empereur et, dès lors, ne va avoir de cesse de reconquérir Constantinople et d'en chasser les Latins.

Hérodote


Constantinople devenue Istanbul
(Photo prise en 2012)


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MessagePosté le: Jeu 12 Avr - 07:27 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant



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MessagePosté le: Ven 13 Avr - 21:31 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

13 avril 1942
Rawa-Ruska, le camp de la mort lente




Le 13 avril 1942, deux mille prisonniers de guerre français entrent dans le camp disciplinaire de Rawa-Ruska. Ils seront bientôt suivis de milliers d'autres. Tous vont souffrir des rigueurs extrêmes de ce camp de représailles, à l'image du docteur J. Guérin et de Georges Moret, dont nous reprenons les témoignages..

Le docteur J. Guérin a publié dès 1945 le souvenir de sa captivité. Il raconte avec beaucoup de vie et d'émotion sa descente aux enfers après une tentative d'évasion et son arrivée au camp de représailles. Herodote.net a numérisé son livre de souvenirs au format pdf, sans oublier les dessins qui l'accompagnent.
Georges Moret, aujourd'hui décédé, a confié à sa fille Paulette les souvenirs de sa captivité à Rawa-Ruska, le camp de la mort lente, pendant la Seconde Guerre mondiale.
Comme lui, des milliers de militaires français capturés en 1940 ont eu à souffrir des rigueurs extrêmes de ce camp de représailles.



La défaite de juin 1940 s'est soldée par un bilan très lourd pour l'armée française : 120.000 morts, 200.000 blessés, 1.850.000 prisonniers dont 1,6 million envoyés en Allemagne dans des camps de prisonniers (en allemand, « stalags »).

Le camp de la mort lente

Le camp de Rawa-Ruska a été à l'origine ouvert pour accueillir les prisonniers de guerre soviétiques. Sa localisation ne doit rien au hasard.

Annexée par la Pologne lors du traité de Riga, le 18 mars 1921, la Galicie était devenue partie intégrante de l'URSS après un traité germano-russe du 28 septembre 1939. Après que, le 22 juin 1941, Hitler eut envahi l'URSS, elle passe rapidement sous le contrôle du Reich.


Cimetière juif de Rawa-Ruska

Comme la Galicie est une zone d'opérations militaires hors des contrôles de la Croix Rouge internationale, les gardiens allemands ont toute latitude pour perpétrer des exactions contre les prisonniers.

Sur cette terre marécageuse infestée de moustiques favorisant la propagation de maladies, règne un climat continental alternant hivers rigoureux et étés chauds.

Il suffit d'évoquer les noms des camps voisins de Treblinka, Chelmno, Belzec, Sobibor ou Auschwitz-Birkenau, pour comprendre que le camp 325 de Rawa-Ruska est situé dans le terrifiant « triangle de la mort » de la « Solution finale ».



L'arrivée des Français

Le 13 avril 1942, quand arrive le premier convoi de prisonniers de guerre français, vingt mille Russes ont déjà péri victimes de la famine et des mauvais traitements.

Plus de vingt mille prisonniers français et belges suivront dans les mêmes conditions. Rapidement, le camp s'avère trop petit et les nouveaux arrivants sont alors répartis dans des commandos satellites.

Squelettiques, épuisés, les prisonniers sont des victimes toutes désignées pour les maladies endémiques, les maladies pulmonaires ou digestives, l'avitaminose et la décalcification.

Au cimetière il y a une grande stèle de 1m qui a été mise en place en 1942 représentant un femme en deuil avec comme inscription " a nos camarades morts en captivité"




Voir le document Guérin

Voir le document Moret


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MessagePosté le: Sam 14 Avr - 05:29 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Une horreur la guerre !

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MessagePosté le: Sam 14 Avr - 07:43 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Oui, et il y a encore des fachos !

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MessagePosté le: Sam 14 Avr - 09:14 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

14 avril 1912
Naufrage du Titanic



Le Titanic au départ de Southampton


Le Titanic sombre au cours de son voyage inaugural, dans la nuit du 14 au 15 avril 1912. C'est la catastrophe maritime la plus médiatique de tous les temps.
Mais si grand qu'il soit, le bilan de la catastrophe (au moins 1 502 victimes) n'est pas exceptionnel et le monde a connu depuis lors des naufrages plus meurtriers.



Un exploit technique

Le paquebot britannique est mis sur cale le 31 mars 1909 à Belfast. Il est présenté comme le plus luxueux et le plus grand paquebot de tous les temps.

Le luxe intérieur est à l'avenant pour les premières classes du moins : piscine, bains turcs, gymnase, court de squash, électricité et chauffage dans toutes les chambres, escalier sculpté dans le style Art Nouveau, dôme lumineux...

L'orgueilleux navire est réputé insubmersible du fait de sa double coque en plaques d'acier, par ailleurs divisée en 16 compartiments étanches dont chacun peut être isolé des autres par une porte coulissante en cas d'incident. L'armateur n'a pas jugé nécessaire en conséquence de prévoir autant de places dans les canots de sauvetage que de personnes à bord !


Le capitaine Edward John Smith

Le Titanic appareille de Southampton (Angleterre) le 10 avril 1912 à 13h30 pour un voyage qui doit le mener à New York avec à son bord 2 207 personnes d'après les chiffres officiels : 885 membres d'équipage, 329 passagers de première classe, 285 en seconde et 706 en troisième.

Le dimanche 14 avril à 22h55, le Californian, qui navigue au large de Terre-Neuve, passe non loin du Titanic. Il signale à ce dernier la présence de plusieurs icebergs.

Mais le directeur de la compagnie Joseph Bruce Ismay (49 ans) fait fi de toute prudence, désireux qu'il est de remporter le record de vitesse dans la traversée de l'océan. Devant le Mauretania et la Cunard ! Le capitaine Edward John Smith (62 ans), bien qu'expérimenté, se laisse convaincre de pousser les feux.


Le paquebot file à 22 noeuds sur une mer lisse comme un miroir. Le drame se produit à 23h40. La vigie voit trop tard la masse d'un iceberg et l'officier de garde ne peut faire marche arrière. Il tente malencontreusement de l'éviter et le heurte sur le côté.

Lentement, le Titanic prend l'eau sans qu'il soit possible de le sauver.


Le naufrage du Titanic (gravure d'époque)

À minuit 20, le capitaine Smith ordonne l'évacuation du navire. Il va être englouti avec lui deux heures plus tard. Se brisant en deux, le paquebot sombre et repose depuis lors par 3800 mètres de fond.

Un navire, un seul, se porte au secours du géant des mers. C'est le Carpathia (de la Cunard !), arrivé à 3h45 sur les lieux du naufrage. Sous le commandement d'Arthur Rostron, il va recueillir en tout et pour tout 705 survivants. Le naufrage aura fait un minimum de 1502 victimes (non compris d'éventuels passagers clandestins comme le héros du film de James Cameron).

337 corps ont pu être repêchés et seront inhumés pour la plupart dans les cimetières d’Halifax en Nouvelle-Écosse (Canada).


Chaloupes des rescapés.

L’épave du Titanic, gisant à 3.843 m de profondeur à 650 km au sud-est de Terre-Neuve, ne sera localisée qu’en 1985.


L'épave du Titanic, avant de se détériorer peu à peu.






Fragment de lustre



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MessagePosté le: Sam 14 Avr - 11:17 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Une récente révélation dit que la cause principale du naufrage n'est pas l'iceberg mais, au départ, un incendie  qui a fragilisé la coque et qu'on a tu , pour ne pas avoir à rembourser les sommes colossales du premier voyage ! 
Va comprendre ! 

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MessagePosté le: Mer 18 Avr - 17:41 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

18 avril 1558
Décès de Roxelane
épouse de Soliman le Magnifique




Originaire de Ruthénie, un pays chrétien à l'est des Carpathes, elle a été enlevée par des Tatars et vendue au harem à l'avènement de Soliman, en 1520. Les Occidentaux la connaissent sous le nom de Roxelane, déformation de « la Ruthénienne ».

Remarquée par le sultan, qui l'appelle « reine de toutes les beautés », elle devient à dix-sept ans son amante exclusive, ce qui suscite la jalousie de la vâlidé (la mère du sultan) et surtout de la cadine (la mère de l'héritier, un garçon de cinq ans).

Perfide, celle-ci l'invite dans ses appartements et, dans un accès de colère, la blesse au cuir chevelu avec des ciseaux.

Habile, Roxelane, de retour chez elle, repousse l'invitation du sultan à le rejoindre sous un prétexte futile. Soliman, intrigué, va la voir, découvre la blessure et la force à lui en révéler la cause.


Mausolée de Roxelane, mosquée Süleymaniye, Istanbul.

Courroucé, il épargne néanmoins la cadine mais la relègue dans ses appartements. C'est une première victoire pour Roxelane qui, le 30 septembre 1522, accouche d'un fils, Mehmed. Elle aura trois autres garçons et une fille.

Les deux époux vivront une éternelle lune de miel que seule la mort viendra interrompre.

Sa jovialité, doublée d'un tempérament bien trempé et d'une ambition sans limite, vont valoir à Roxelane de cogérer l'empire en coulisse au côté de Soliman.

Bien que confinée au harem, elle entretient des relations épistolaires avec les diplomates occidentaux et cultive l'intrigue.

Roxelane meurt d'une pleurésie (refroidissement) le 18 avril 1558, à près de 60 ans.


Herodote


Intérieur du mausolée de Roxelane, mosquée Süleymaniye, Istanbul.



Mosquée Süleymaniye d'Istanbul
conçue par l'architecte Sinan pour le sultan Soliman le Magnifique


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MessagePosté le: Mer 18 Avr - 19:17 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

On ne sait pas ce qu'est devenu Mhemet ......

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MessagePosté le: Jeu 19 Avr - 05:41 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

T.Admin. a écrit:
On ne sait pas ce qu'est devenu Mhemet ......



Roxelane aura six enfants :
  • Cinq fils :
    • le premier, Mehmet (1521-1543), mourut jeune de maladie,
    • le second, Abdullah (1523-1526), mourut très jeune de maladie,
    • Selim (le futur Selim II) (1524-1574), le troisième, était son élu, car Roxelane pensait qu’il ne devrait pas assassiner ses frères, étant d'un naturel plutôt doux. Morte avant son époux, elle ne verra pas ses plans s'accomplir,
    • le quatrième, Bayezid, (1525-1561),
    • le cinquième, Cihangir (1531-1553), bien que brillant était atteint d’épilepsie ;
  • Une fille, Mihrimah (1522-1578), épouse du grand vizir Rüstem Pacha.

Bayezid et Selim s’affrontèrent contrairement à ce qu’avait supposé leur mère, ce qui amena Bayezid à se réfugier en Perse auprès du Chah. Selim parvient à le faire extrader pour l'assassiner rapidement.


source


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MessagePosté le: Jeu 19 Avr - 06:23 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

  Opaline !

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MessagePosté le: Jeu 19 Avr - 06:26 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

19 avril 1956
Conte de fée à Monaco.
Grace dit oui à Rainier




La survie de la Principauté de Monaco dépend de ce mariage, célébré le 19 avril 1956 devant les caméras du monde entier.
À la trentaine consommée, le prince Rainier III le sait bien : « Point d'héritier, point de pays ! » Une convention franco-monégasque datant de 1918 précise en effet que la Principauté deviendrait un État sous protectorat français si le souverain disparaissait sans descendance directe ou adoptive.

La demande en mariage
Depuis le début de la décennie, Rainier a une obsession : remplir les caisses de la Principauté. Au sortir de la guerre, les comptes étaient dans le rouge. Aussi, avec l'aide de l'armateur grec Aristote Onassis, le prince a-t-il eu la riche idée de créer et développer la Société des bains de mer, temple du jeu et de l'hôtellerie de luxe, principale ressource économique du pays.
Maintenant, l'heure est venue pour lui de se marier et d'assurer la pérennité de son oeuvre.


Grace Kelly en 1956

Son confesseur, le révérend américain J. Francis Tucker le convainc de recevoir une vedette hollywoodienne déjà élevée au rang de star et oscarisée pour son rôle dans Une fille de province. Elle est à Cannes, pour le Festival. Elle doit en profiter pour tourner quelques scènes du nouveau film d'Alfred Hitchcock, La Main au collet. Elle s'appelle Grace Kelly.
Pour assurer la « promo » de la belle Américaine, née dans une riche famille de Philadelphie, on a imaginé une séance photos avec Rainier, en son palais. Mais le prince est en retard. Grace s'impatiente dans la salle du trône. Monseigneur finit par apparaître.Confus, Rainier propose le tour du propriétaire et la convie à saluer les pensionnaires indolents de son zoo privé...

La relation entre Grace et Rainier provoque de nombreuses rumeurs. La presse à sensation raconte que Jack Kelly est abasourdi quand il entend la dot réclamée, deux millions de dollars. Elle prétend aussi que non seulement le prince aime les belles actrices (comme la Française Gisèle Pascal avant Grace), mais qu'il s'assure en plus de leur fertilité pour assurer un héritier à la principauté5. Ainsi la famille Kelly est horrifiée par l'obligation faite à Grace de se soumettre à des tests de fertilité.



Le prince annonce officiellement les fiançailles le 5 janvier 1956. Le mariage est fixé au 19 avril. Elle a 26 ans et lui 33 ans. Le mariage du prince et de la star semble sortir le Rocher de sa léthargie. Comme d'un coup de baguette magique. Une quarantaine de diplomates sont présents et la France a dépêché l'un de ses jeunes espoirs de la politique, François Mitterrand.
Les magazines du monde entier ont envoyé des meutes de reporters. Et il y a les 750 invités. Ils se pressent d'abord dans la salle du trône, pour le mariage civil, puis sous les voûtes de la cathédrale de Monaco avant d'envahir les jardins du palais. Onassis, le roi Farouk, le prince Aga Khan et Ava Gardner, éblouissante et solitaire.


La princesse Grace et son mari à la Maison-Blanche
en 1961.


Miss Kelly, qu'il faudra bientôt appeler Son Altesse Sérénissime, plus belle que jamais dans sa robe de tulle de soie garnie de dentelle et de milliers de petites perles, avance vers le choeur au bras de son père. La cérémonie fait l'objet d'une retransmission « en direct » grâce à l'Eurovision. Trente millions de spectateurs, au bas mot...

Grace donnera naissance à trois enfants avant de disparaître tragiquement d'un accident de voiture en 1982, laissant derrière elle une légende où le glamour accompagne la tragédie. Rainier s'éteindra en 2005, à 82 ans, laissant le trône à son fils Albert.


Le prince Albert et sa mère Grace Kelly en septembre 1972.





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MessagePosté le: Dim 22 Avr - 13:33 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

22 avril 1500
Les Portugais s'installent au Brésil



Pedro Álvares Cabral
Considéré comme « le découvreur du Brésil ».


Le 22 avril 1500, treize caravelles arrivent en vue de côtes inconnues, au sud-ouest de l'océan Atlantique. Pedro Álvares Cabral et ses 1200 hommes viennent de découvrir par mégarde ce qui deviendra le Brésil

Et le Portugal inventa le Brésil...

Le navigateur portugais, missionné par le roi Manuel 1er le Fortuné, projetait en fait de contourner l'Afrique et de gagner les Indes comme son prédécesseur Vasco de Gama.


Peinture romantique du premier débarquement de Cabral sur l'Ilha de Vera Cruz (en).
On l'aperçoit sur le rivage, au centre, debout devant le soldat qui déploie une bannière de l'ordre du Christ.


Il avait jugé qu'il était de son intérêt de s'éloigner des rives africaines afin de profiter des alizés de l'Atlantique sud et d'échapper aux grands calmes du golfe de Guinée, où s'immobilisaient les voiliers.
Comme les autres Européens de son temps, Pedro Álvares Cabral ignore encore que les terres découvertes par Christophe Colomb quelques années plus tôt correspondent à un nouveau continent. C'est donc avec surprise qu'il découvre une vaste et belle terra incognita au niveau de la future ville brésilienne de Salvador. Il la baptise du nom de Santa Cruz (Sainte Croix).


En rouge, la route suivie par Cabral du Portugal vers l'Inde en 1500,
et la route retour en bleu.


Les Indiens du cru lui offrent de magnifiques plumes d'oiseaux et aussi du brésillet, un bois connu au Portugal sous le nom de pau brasil et avec lequel on fait une teinture rouge. Ce pau brasil désignera plus tard le pays : Brésil (en portugais, Brasil) !

Pedro Álvares Cabral ne manque pas de renvoyer l'une de ses caravelles à Lisbonne, en y joignant quelques beaux perroquets, pour faire part de sa découverte.


Cabral (au centre-gauche, levant le bras) observe la côte brésilienne
pour la première fois le 22 avril 1500.


Il séjourne une dizaine de jours sur ce qu'il croit être une île et en prend possession au nom de son roi sans en soupçonner l'importance. Après cela, il reprend son voyage vers le cap de Bonne Espérance, au sud de l'Afrique, fait escale sur l'île de Madagascar et arrive comme prévu aux Indes, à Cochin, où il se pourvoit en épices.

Il revient à Lisbonne deux ans plus tard avec quatre navires et non plus douze, et le tiers de ses hommes seulement. Mais il ramène aussi de pleines cargaisons d'épices et le souvenir d'une certaine découverte à l'ouest de l'Atlantique sud.


12 des 13 navires de la flotte de Cabral sont reproduits.
La plupart furent perdus, comme on peut le voir sur ce dessin
extrait de Memória das Armadas, vers 1568.


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MessagePosté le: Dim 22 Avr - 14:50 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant



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MessagePosté le: Lun 23 Avr - 13:14 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

23 avril 1775
Naissance de William Turner
« Mon style, c'est l'atmosphère ! »


Autoportrait

Inclassable, William Turner ? On le dit en effet à la fois fidèle aux grands maîtres de la peinture et à l'origine du mouvement impressionniste.
Adulé comme l'un des plus grands maîtres de la peinture anglaise, cet esprit orgueilleux et bougon n'a cessé de cultiver le mystère autour de sa personne et de son œuvre.
Levons ce mystère pour découvrir celui qui influença durablement l'art européen.


Drawing of St John's Church, Margate, vers 1786.
Il n'a que 11 ans.

Le talent n'attend pas

L'histoire commence le 23 avril 1775, avec la naissance de Joseph Mallord William Turner au milieu des perruques, dans le magasin que son barbier de père tient du côté de Covent Garden, à Londres.

Tandis que sa mère s'enfonce bientôt dans la folie, le jeune garçon se réfugie dans le dessin en s'inspirant le plus souvent de gravures entrevues dans les livres.
William ne cessera d'ailleurs, tout au long de sa vie, de créer d'après ses souvenirs, n'hésitant pas à ajouter à ses paysages des formes observées précédemment.


Le Palais de l'archevêque à Lambeth, 1790.

Le jeune garçon est soutenu par son père, persuadé que c'est là sa vocation, qui lui permet d'exposer ses premiers dessins dans sa vitrine et l'encourage dès l'âge de douze ans à vendre ses œuvres.
Il sait déjà séduire le public avide de romantisme en lui proposant des aquarelles représentant des sujets à la mode, comme des marines ou des châteaux écossais.


Le Dernier Voyage du Téméraire, 1839.

Turner senior avait bien raison : William a le dessin dans la peau. Après avoir appris les règles de la perspective dans un atelier d'architecture, il est admis en 1789, à quatorze ans seulement, à la Royal Academy of Arts... Il entre en peinture tandis que la France entre en Révolution !
Ses toiles sont dans un premier temps d'un style plutôt académique. Dans sa maturité, elles vont évoluer jusqu'à se rapprocher de l'abstraction, avec deux générations d'avance sur son temps.


Calais Sands at Low Water -
Poissards Collecting Bait (1832) de Turner.


Le peintre cannibale

Habitué à peindre d'après nature, Turner comprend qu'il doit aussi se nourrir de l'œuvre des maîtres. On le voit, tôt le matin, tracer un croquis d'un tableau exposé dans la Royal Academy pour le terminer ensuite chez lui.

Il se fait alors cannibale, observant avec une faim inassouvie les œuvres des siècles passés. Il scrute, assimile, digère avant de réutiliser les techniques et les motifs dans ses propres créations.
Pour cela, il n'hésite pas à aller au-devant des tableaux en multipliant les visites des collections privées, puis les voyages dans toute l'Europe : il court de France en Suisse, des Pays-Bas à l'Italie.


Venise, vue du canal de la Giudecca, 1840.

Grand admirateur des peintres classiques français, il se nourrit de Nicolas Poussin et Claude Lorrain dont une toile, dit-on, lui aurait arraché des larmes de bonheur.
Ce respect pour la tradition se double d'une volonté d'aller plus loin que ces dignes prédécesseurs, de dépasser les maîtres pour affirmer sa supériorité.

Le maître de la lumière

À 45 ans, Turner est déjà un peintre reconnu : il enseigne depuis 1807 à la Royal Academy, a ouvert une galerie à Londres et rencontre du succès en produisant scènes héroïques et paysages.
Il lui manque encore l'élément qui va chambouler son art... C'est un voyage à Venise qui le lui fournit en lui révéler la lumière et Canaletto.


The Grand Canal - Venice, vers 1835.

Quand il débarque dans la cité des Doges en 1819, il prend du recul pour mieux se consacrer à son sujet de prédilection : la lumière. Ainsi reprend-il les vues bien connues alors de Canaletto mais en accentuant les reflets de l'eau, l'or du soleil et les effets de brume...
Turner, qui n'a jamais excellé dans la représentation des détails, exécute des représentations moins précises mais baignant dans la lumière, comme si un voile incandescent avait été jeté sur les toiles.

Pour « rendre la limpidité de l'air », comme il l'a expliqué, il est un des premiers à mettre des fonds blancs dans ses peintures à l'huile, créant ainsi une harmonie de tons clairs.
Il n'oublie pas pour autant les leçons des maîtres : l'art du clair-obscur hérité de Rembrandt est ainsi accentué pour mieux jouer sur les contrastes et faire exploser les couleurs.

Peintre d'Histoire, peintre de son temps

Par son art pictural tout en sensibilité, Turner révolutionne la peinture d'histoire, comme on le voit ci-dessous avec l'incendie du Parlement de Westminster, en 1834.
Il ne manque pas d'évoquer l'épopée napoléonienne, sans parti pris ni triomphalisme, en témoignant de sa compassion pour les victimes et les vaincus.


La Bataille de Trafalgar, 1822-1825.

On le voit avec la bataille de Trafalgar (1823), le champ de bataille de Waterloo, peint en 1818, ou guerre, exil et rocher, une évocation de Sainte-Hélène qu'il peint en 1842, lors du retour des cendres de Napoléon à Paris.
L'une de ses toiles à la plus forte intensité dramatique est Le négrier (1840). Elle montre un navire négrier qui, menacé par un typhon, se déleste de ses esclaves malades ou mourants.


Le Négrier, 1840.

Des zones d'ombre

L'homme est en effet connu pour son caractère... particulier. Est-on seulement sûr de son lieu de naissance ? Le Kent ou le Devon, comme il aime à le dire à l'un ou à l'autre ? Sa date de naissance, le 23 avril, est aussi sujette à discussion : elle tombe le même jour que celle de Shakespeare. Pas moins. On est seulement sûr de la date de son baptême, le 14 mai 1775...

Dans le privé, le peintre ne s'est jamais marié mais ne s'est pas privé de faire des enfants, tout en dédaignant de s'en occuper. Il reste un mystère pour ses amis qui le décrivent « aussi silencieux qu'un bloc de granit pour ce qui est des mouvements de son âme ».


Turner peignant sur ses tableaux
exposés à la Royal Academy, en public.


Bougon, il aime à voyager seul, armé de sa boîte d'aquarelles et d'un parapluie-épée. Ceux qui ont la chance de suivre ses cours en ressortent somnolents, assommés par ses conférences inaudibles.
Indifférent aux autres, il n'a cependant pas négligé sa propre gloire, léguant ses œuvres à la toute jeune National Gallery à condition qu'elles soient accrochées en vis-à-vis de celles de son cher Le Lorrain.

Il est temps alors pour lui de disparaître en emménageant sous le pseudonyme étrange de M. Booth (« baraque ») dans une obscure maison de Chelsea, où il meurt le 19 décembre 1851, veillé par la compagne de ses vieux jours.
L'ogre de la peinture anglaise, qui aurait créé près de 30.000 œuvres en tout, se sera montré excentrique jusqu'au bout !
Il sera inhumé dans la cathédrale Saint-Paul de Londres, à côté du peintre Joshua Reynolds.


Portrait de William Turner à 69 ans
(Charles Martin, 1844)



Isabelle Grégor


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MessagePosté le: Lun 23 Avr - 15:55 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

beaucoup pour ce culturel !

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MessagePosté le: Mar 24 Avr - 19:50 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

24 avril 1916
«Pâques sanglantes» à Dublin



Le lundi de Pâques du 24 avril 1916, en pleine guerre mondiale, un groupe d'Irlandais se soulèvent contre le colonisateur britannique. Les Britanniques et les Irlandais loyaux à la Couronne voient cette tentative comme un mauvais coup porté aux soldats qui se battent dans les tranchées.


Le centre de Dublin bombardé pendant l'insurrection


De la loyauté à la trahison

En août 1914 a éclaté la Grande Guerre. Le Premier ministre britannique Lord Asquith convainc les Irlandais des deux camps, nationalistes et loyalistes, de mettre une sourdine à leur différend jusqu'à la fin du conflit. Il fait d'autre part avaliser le texte du « Home rule » (autonomie de l'île) par le roi Georges V avec la promesse d'un amendement concernant l'Ulster. Dès le début du conflit européen, les Irlandais se portent massivement volontaires dans l'armée britannique pour combattre les Allemands. Au total 200 000 environ.

Mais quelques extrémistes du Sinn Fein nationaliste et de l'IRB (Irish Republican Brotherhood) préfèrent appliquer l'adage : « England's difficulty is Ireland's opportunity » (Les difficultés de l'Angleterre sont des occasions à saisir pour l'Irlande). Ces hommes forment ce que l'on appellera un peu plus tard l'Irish Republican Army (IRA)...


Photographie de Patrick Pearse en 1916.

Ils occupent plusieurs bâtiments stratégiques au centre de Dublin, dont la Poste, l'Hôtel de ville, le Palais de Justice et des gares, et déploient le drapeau tricolore au-dessus de la Poste. L'un de leurs chefs, le poète Patrick Pearse, lit une proclamation aux badauds : « Au nom de Dieu et des générations mortes dont elle reçoit la vieille tradition nationale, l'Irlande, par notre voix, appelle ses enfants à son drapeau. Soutenus par nos frères exilés en Amérique, nous déclarons que le droit du peuple irlandais à la propriété de l'Irlande et à la libre détermination de sa destinée est libre et imprescriptible ».

Les insurgés espèrent que les badauds vont se rallier à l'insurrection. Las, ils sont conspués par la foule qui commence à se rassembler devant le bâtiment. Qui plus est, ils s'abstiennent d'occuper le Château, résidence du vice-roi et siège du gouvernement général, bien qu'il n'ait pas de défenseurs. C'est l'échec.


Prisonniers irlandais sous bonne garde

Une répression féroce... et contre-productive

L'armée britannique amène de l'artillerie lourde et bombarde consciencieusement le centre de Dublin. Après cinq jours de résistance, les insurgés capitulent sans conditions. Bilan humain : une soixantaine de morts parmi les insurgés, une centaine parmi les assaillants et plus de deux cents parmi les civils, environ 3 000 arrestations.


James Connolly vers 1900.

Un Conseil de guerre condamne à mort tous les meneurs (James Connolly, blessé, doit être calé contre une chaise pour être fusillé comme il convient). Parmi les condamnés à mort figure John MacBride dont le fils, Seán MacBride, deviendra Premier ministre de la République d'Irlande avant de fonder Amnesty International et d'obtenir pour cela le Prix Nobel de la Paix en 1974.

Un certain Eamon de Valera échappe à l'exécution du fait de sa citoyenneté américaine (il est né d'un père espagnol et d'une mère irlandaise). Il deviendra le premier Président de la République d'Irlande...


Éamon de Valera
Troisième président d'Irlande
du 25 juin 1959 au 24 juin 1973



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MessagePosté le: Mar 24 Avr - 20:28 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant



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MessagePosté le: Mer 25 Avr - 07:17 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

25 avril 1973
Inauguration du boulevard périphérique à Paris




Construction du Périf – Porte de Pantin ©Roger Viollet

Le point sur la construction du Boulevard périphérique

Reportage sur le tracé du Boulevard périphérique avec les dates de mise en circulation, maquettes. A la Porte de la Chapelle, les travaux sont quasiment terminés. Le franchissement de la Porte de la Vlilette par le Boulevard périphérique sera assuré par un tronçon en béton qui sera terminé fin 1966.


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MessagePosté le: Sam 28 Avr - 10:30 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

28 avril 1789
Mutinerie du Bounty



Réplique du Bounty réalisée en 1960 pour le film Les Révoltés du Bounty ;
cette reconstruction a été agrandie de 23-40 % par rapport à l'originale.


La mutinerie du Bounty eut lieu à bord du HMS Bounty, un trois-mâts de la Royal Navy, le 28 avril 1789 dans le Pacifique Sud. Les marins mécontents, menés par le second capitaine Fletcher Christian, prirent le contrôle du navire et abandonnèrent à la dérive sur une chaloupe le capitaine William Bligh et 18 marins qui lui étaient restés loyaux. Les mutins s'installèrent ensuite à Tahiti ou sur l'île Pitcairn tandis que la chaloupe de Bligh réalisa une traversée de plus de 3 500 milles marins (6 500 km) jusqu'aux Indes orientales hollandaises.


William Bligh, le capitaine du Bounty.

Le Bounty avait quitté l'Angleterre en 1787 avec pour mission de collecter des plants d'arbre à pain à Tahiti puis de les transporter dans les Indes occidentales britanniques où ils serviraient de nourriture aux esclaves. Après une traversée de près d'un an, le navire arriva à Tahiti et durant l'escale de cinq mois, les marins profitèrent d'une vie agréable et beaucoup nouèrent des liens avec les indigènes.


Fletcher Christian et les mutins du Bounty
capturent le capitaine Bligh le 28 avril 1789 ;
gravure de Hablot Knight Browne (1841).


Cela entraîna une baisse de la discipline et les relations entre l'équipage et Bligh se détériorèrent quand celui-ci infligea des brimades et des châtiments de plus en plus durs. Malgré son amitié initiale avec le capitaine, Christian devint son souffre-douleur et trois semaines après le départ de Tahiti, il organisa une mutinerie qui rassembla plus de la moitié des marins.


La baie de Matavai à Tahiti par William Hodges (1776).

Après que Bligh rejoignit l'Angleterre en avril 1790, l'Amirauté envoya le HMS Pandora dans le Pacifique pour capturer les mutins. Quatorze d'entre eux furent arrêtés à Tahiti et les dix survivants du naufrage de la frégate arrivèrent en Grande-Bretagne en juin 1792 où ils furent jugés en cour martiale ; quatre furent acquittés, trois furent condamnés mais amnistiés et les trois derniers furent pendus. Les mutins et les Tahitiens menés par Christian qui s'étaient installés sur l'île de Pitcairn commencèrent rapidement à tomber malades et à s'entretuer. À la redécouverte de l'île en 1808, John Adams était le seul homme adulte de l'île ; Pitcairn est encore habitée par les descendants des mutins et de leurs compagnes tahitiennes.


Femme polynésienne par John Webber (1777).

Le récit de la mutinerie du Bounty a fait l'objet de nombreuses œuvres de fiction tant littéraires que cinématographiques même si les personnages de Bligh en tyran sadique et de Christian en victime tragique sont parfois éloignés de la réalité historique.



Affiche de 1935 pour le film Les Révoltés du Bounty
avec Charles Laughton dans le rôle de Bligh et Clark Gable dans celui de Christian.


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MessagePosté le: Sam 28 Avr - 12:54 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Un de mes premiers roman que j'ai eu étant écolier est Les rescapés de La Bounty . 
je me souviens que j'ai couru vers Larousse pour comprendre ce que signifie rescapés ....

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MessagePosté le: Dim 29 Avr - 07:42 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

29 avril 1780
Mort du poète et dramaturge
Claude-Joseph Dorat



Claude-Joseph Dorat (1734-1780)
Gravure par Saint-Aubin d’après Vivant Denon.


Claude-Joseph Dorat est né à Paris le 31 décembre 1734. Des femmes qui avaient entendu parler d’Ovide, et des hommes qui croyaient le connaître pour l’avoir lu, peut-être même pour l’avoir appris, se permirent de surnommer Dorat l’Ovide français ; mais Ovide n’était point maniéré, il n’était que naturel, abondant et riche.

Dorat et Ovide n’ont de commun que d’avoir été l’un et l’autre des poètes érotiques ; mais Ovide aimait les femmes, et Dorat voulait principalement en paraître aimé. Il n’imaginait rien au-dessus d’un joli homme, d’un petit-maître, d’un homme à bonnes fortunes ; ce qui lui attira l’épigramme suivante de La Harpe :

Bon Dieu ! que cet auteur est triste en sa gaieté !
Bon Dieu ! qu’il est pesant dans sa légèreté !
Que ses petits écrits ont de longues préfaces !
Ses fleurs sont des pavots, ses ris sont des grimaces.
Que l’encens qu’il prodigue est fade et sans odeur !
C’est, si je veux l’en croire, un heureux petit-maître ;
Mais, si j’en crois ses vers, ah ! qu’il est triste d’être
Ou sa maîtresse ou son lecteur !


Dorat voulut faire des tragédies, maladie qui prend quelquefois aux jolis poètes, qui ne sont que jolis. Il ne put trouver dans son âme, toujours nourrie de petites choses, profondément remplie de bagatelles, et accoutumée à ramper ou à briller dans de petits genres, l’élévation et l’énergie nécessaires. au genre dramatique ; il n’a mieux réussi que dans une seule comédie, la Feinte par amour.

Dorat publia la plupart de ses ouvrages avec de nombreuses gravures par Clément-Pierre Marillier et Charles Eisen, ce qui en fit des chefs-d’œuvre d’art et de luxe typographique. L’abbé Galiani disait à ce sujet que le poète « se sauvait du naufrage de planche en planche ». Ainsi le seul recueil de ses fables lui couta plus de trente mille livres pour les estampes de Marillier et d’Eisen mais, malgré les images, le livre ne se vendit pas, et si la réputation du poète y gagna, sa fortune finit par s’y perdre.


Dorat, à gauche, avec Pezay, en uniforme
de dragon au centre.
Gravure d’Eisen d’après Noël Le Mire.


Une fois tombé dans la misère, il vécut des bienfaits de sa maitresse Fanny de Beauharnais, dont il faisait en partie les vers, passant ses dernières années dans le chagrin, en dispute avec les comédiens, dont il finissait toujours par être le débiteur, en procès avec ses libraires, qu’il avait ruinés par le luxe des planches et des culs de lampe dont il avait la manie de décorer ses moindres productions, harcelé par ses créanciers, et plus encore par quelques journalistes acharnés contre lui, en proie aux récriminations, épuisé de travail et de plaisir, s’efforçant toujours de soutenir, en dépit des circonstances, les prétentions de la philosophie insouciante et légère qui lui devenait, de jour en jour, à la fois de plus nécessaire et plus pénible à afficher.


Portrait en médaillon de Fanny de Beauharnais en
buste de profil trois-quart vers la droite, portant
un voile sur la tête avec un rameau d'olivier.


Quoi qu’il en pût lui en couter, il joua jusqu’à la fin son rôle avec assez de courage. Il était déjà mourant, et qui plus est ruiné, qu’il se ruinait encore pour une petite intrigue cachée, sans être moins assidu ni chez Fanny de Beauharnais, ni chez Alexandrine Fanier de la Comédie-Française, avec qui l’on assure qu’il était secrètement marié ; il était déjà mourant, qu’il travaillait encore avec Fanny de Beauharnais, à l’Abailard supposé, et qu’il n’en était pas moins occupé d’un poème épique, de ses dernières tragédies, de son Voltaire aux Welches, etc.


Alexandrine Fanier de la Comédie-Française
Par Jean-Michel Moreau le Jeune, (1741 - 1814)
Saugrain (graveur)


Deux heures avant sa mort, il voulut faire encore sa toilette comme de coutume, et c’est dans son fauteuil, bien coiffé, bien poudré, qu’il rendit le dernier soupir. Au physique, il était, selon Grimm, dans sa Correspondance, « d’une taille médiocre, mais svelte et leste, sans avoir des traits fort distingués, avait de la finesse dans le regard, et je ne sais quel air de douceur et de, légèreté assez original, assez piquant. » Le désir de plaire l’éloignait néanmoins continuellement de son but car, pour se donner un air de facilité, et ne se pas déranger de sa manière de vivre extrêmement dissipée, il ne travaillait que la nuit, de sorte que ses productions semblaient ne lui couter à peine que le temps de les écrire.


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MessagePosté le: Dim 29 Avr - 08:52 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant



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MessagePosté le: Lun 30 Avr - 08:22 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

30 avril 1574
Exécution de Boniface de La Mole.



La reine Margot et Boniface de La Môle

Peu après son mariage en 1572, la reine de Navarre tombe amoureuse de Boniface de La Môle, un beau seigneur aux nombreuses conquêtes.
L'amant de la reine avait conspiré avec le duc d'Alençon contre le roi. « Ce gentilhomme, écrivait à son sujet le chronique Pierre de l'Estoile, était meilleur champion de Vénus que de Mars... Il écoutait trois ou quatre messes tous les jours. Le reste du jour et de la nuit, il l'employait à l'amour, ayant cette persuasion que la messe ouïe dévotement expiait tous les péchés et paillardises qu'on eût pu commettre ; de quoi, le feu roi, bien averti, a dit souvent en riant que, qui voulait tenir registres des débauches de La Mole, il ne fallait que compter ses messes ! »


Isabelle Adjani dans le rôle de la Reine Margot et Vincent Perez
dans celui de Joseph Boniface de La Mole


Il fut impliqué en 1574 dans la conjuration des Malcontents destinée à écarter du pouvoir les conseillers italiens de Catherine de Médicis et à favoriser le prince François, duc d'Alençon et d'Anjou à la succession de son frère Charles IX, gravement malade au château de Vincennes, et au détriment de son autre frère Henri d'Anjou. Accusé d'avoir attenté à la vie du roi en détenant une figurine de cire piquée d'aiguilles, fournie par l'astrologue Côme Ruggieri, il fut soumis à la question, condamné à mort et exécuté en place Saint-Jean de Grève à Paris avec son coaccusé Annibal de Coconas, malgré la demande de leur grâce par le duc d'Alençon et Marguerite de Navarre auprès de Charles IX, qui mourut peu après.


Henri et Marguerite, roi et reine de Navarre (vers 1572).
Miniature du livre d'heures de Catherine de Médicis.


On dit que la reine Margot assista, dans l'embrasure d'une fenêtre, au supplice de son amant. Après sa mort, elle prit un deuil public extrêmement spectaculaire. Brantôme rapporte que ses vêtements étaient couverts de « têtes de mort et toutes sortes de trophées de mort ». Et certains chroniqueurs affirment même qu'elle fit embaumer la tête de La Mole et qu'elle la conserva très longtemps dans un meuble de sa chambre. 
 


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Opaline
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MessagePosté le: Mar 1 Mai - 08:22 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

1er mai 1886
Journée de 8 heures et Fête du Travail



La révolte de Haymarket Square (Chicago, 4 mai 1886).

Le 1er mai 1886, aux États-Unis, 200 000 travailleurs obtiennent la journée de huit heures grâce à une forte pression des syndicats. Mais un affrontement avec la police cause la mort de plusieurs personnes.
En souvenir de cette victoire amère, les syndicats européens instituent quelques années plus tard une « journée internationale des travailleurs » ou « Fête des travailleurs » destinée à se renouveler tous les 1er mai. Cette journée est aujourd'hui appelée « Fête du Travail », bien que l'expression prête à confusion (on ne fête pas le travail à proprement parler mais l'on honore les travailleurs).

Une revendication nationale
Au IVe congrès de l'American Federation of Labor, en 1884, les principaux syndicats ouvriers des États-Unis s'étaient donné deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils avaient choisi de débuter leur action un 1er mai parce que beaucoup d'entreprises américaines entamaient ce jour-là leur année comptable.
Arrive le 1er mai 1886. Un grand nombre de travailleurs obtiennent immédiatement satisfaction. Mais d'autres, moins chanceux, au nombre d'environ 340 000, doivent faire grève pour forcer leur employeur à céder.



Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester, à Chicago. Une marche de protestation a lieu le lendemain et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers. C'est alors qu'une bombe explose devant les forces de l'ordre. Elle fait une quinzaine de morts dans les rangs de la police.
Trois syndicalistes anarchistes sont jugés et condamnés à la prison à perpétuité. Cinq autres sont pendus le 11 novembre 1886 malgré des preuves incertaines (ils seront réhabilités plusieurs années après).


Stèle du cimetière de Waldheim

Stèle vengeresse
Sur une stèle du cimetière de Waldheim, à Chicago, sont inscrites les dernières paroles de l'un des condamnés, Augustin Spies : « Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui » .



Manifester pour la journée de 8 heures
Trois ans après le drame de Chicago, la IIe Internationale socialiste réunit à Paris son deuxième congrès. Celui-ci se tient au 42, rue Rochechouart, salle des Fantaisies parisiennes, pendant l'Exposition universelle qui commémore le centenaire de la Révolution française au pied de la toute nouvelle Tour Eiffel.

Les congressistes se donnent pour objectif la journée de huit heures (soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé), sachant que jusque-là, il était habituel de travailler dix ou douze heures par jour (en 1848, en France, un décret réduisant à 10 heures la journée de travail n'a pas résisté plus de quelques mois à la pression patronale).



Le 20 juin 1889, sur une proposition de Raymond Lavigne, ils décident qu'il sera « organisé une grande manifestation à date fixe de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail et d'appliquer les autres résolutions du congrès. Attendu qu'une semblable manifestation a été déjà décidée pour le 1er mai 1890 par l'AFL, dans son congrès de décembre 1888 tenu à Saint Louis, cette date est adoptée pour la manifestation. »

Dès l'année suivante, le 1er mai 1890, des ouvriers font grève et défilent, un triangle rouge à la boutonnière pour symboliser le partage de la journée en trois (travail, sommeil, loisir).


La manifestation à Fourmies. (Image Fourmies info/archives.)

Le 1er mai 1891, à Fourmies, une petite ville du nord de la France, la manifestation rituelle tourne au drame. La troupe équipée des nouveaux fusils Lebel et Chassepot tire à bout portant sur la foule pacifique des ouvriers. Elle fait dix morts dont huit de moins de 21 ans. L'une des victimes, l'ouvrière Marie Blondeau, qui défilait habillée de blanc et les bras couverts de fleurs d'aubépine, devient le symbole de cette journée.



Avec le drame de Fourmies, le 1er mai s'enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens.

Quelques mois plus tard, à Bruxelles, l'Internationale socialiste renouvelle le caractère revendicatif et international du 1er mai. Elle est relayée en France par la Confédération Générale du Travail, un syndicat fondé le 23 septembre 1895 à Limoges.

L'horizon paraît s'éclaircir après la Première Guerre mondiale. Le traité de paix signé à Versailles le 28 juin 1919 fixe dans son article 247 « l'adoption de la journée de huit heures ou de la semaine de quarante-huit heures comme but à atteindre partout où elle n'a pas encore été obtenue ».


Défilé de la fête du Travail, à Toronto, vers 1900.

Au Québec, les grandes centrales syndicales ainsi que quelques partis et organisations de gauche manifestent le 1er mai. Plus récemment, les institutions syndicales québécoises ont tendance à célébrer la fête des travailleurs par des rassemblements festifs le samedi ou le dimanche précédant ou suivant le 1er mai, plutôt que la journée même lorsque celle-ci tombe un jour ouvrable. Malgré cette nouvelle tendance, des manifestations sont organisées le 1er mai de chaque année par des collectifs et organismes anticapitalistes. Traditionnellement, lorsqu’il y a une augmentation du salaire minimum au Québec, cela a lieu le 1er mai.

Les manifestations rituelles du 1er mai ne se cantonnent plus dès lors à la revendication de la journée de 8 heures. Elles deviennent l'occasion de revendications plus diverses. La Russie soviétique, sous l'autorité de Lénine, décide en 1920 de faire du 1er mai une journée chômée. Cette initiative est peu à peu imitée par d'autres pays...


1er mai 1906


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MessagePosté le: Mar 1 Mai - 09:04 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Ils ont lutté pour que nous en bénéficions !  


Hommage ! 

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:26 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour

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