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Une petite histoire par jour
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MessagePosté le: Sam 9 Juin - 07:32 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Revue du message précédent :

On en a tellement parlé de cet événement ! rire moq
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MessagePosté le: Sam 9 Juin - 07:32 (2018)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Dim 10 Juin - 08:12 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

6 juin 1819
Naissance de Gustave Courbet
Bourgeois et socialiste




Gustave Courbet, fils d'un propriétaire terrien aisé, naît le 10 juin 1819 à Ornans (Doubs), dans une maison bourgeoise au bord de la Loue, la maison Hébert, où s'est établie provisoirement sa famille suite à l'incendie de la ferme familiale, au lieu-dit le Flagey.

Gustave Courbet cultive une technique de peinture conventionnelle mais se veut révolutionnaire et provocateur par le choix des sujets, ce qui lui vaut d'être désigné comme le chef de file de l'école réaliste sous le règne de Napoléon III, aux côtés d'Honoré Daumier et Jean-François Millet.


Portrait de l'auteur dit Autoportrait au chien noir (1842),
huile sur toile, Paris, Petit Palais.

Un autre regard
Gustave Courbet passe les années heureuses de l'enfance dans la ferme familiale de Flagey. À 14 ans, il entre pour cinq ans au petit séminaire d'Ornans. Il perd complètement la foi mais découvre la peinture sous la direction d'un professeur attentionné, le père Beau.

Il poursuit sa formation à l'Académie de Besançon et «monte» enfin à Paris.
À grand renfort de cours privés et de travail personnel, avec le soutien aussi du marchand néerlandais Hendrik Jan Van Wisselingh, il se fait enfin remarquer au Salon de 1850-1851 avec trois toiles monumentales : Une après-dîner à Ornans, Les casseurs de pierre et surtout Un enterrement à Ornans. Cette toile est une forme de parodie du Sacre de Napoléon par David. Les personnages sont montrés à taille réelle mais dans toute leur crudité et leur médiocrité.

Ces toiles sont le reflet de la nouvelle esthétique réaliste dont Courbet s'affirme le chef de file, en rupture avec la peinture académique et les sujets mythologiques ou historiques.


Les Amants ou Valse (1845), huile sur toile, Lyon,
musée des beaux-arts.

Virginie Binet
Les années 1840 voit aussi éclore le premier grand amour de Courbet en la personne de Virginie Binet (1808-1865), sur laquelle l'on dispose de peu d'informations. Leur relation semble avoir duré une dizaine d'années et s'être très mal terminée. Liaison rédécouverte tardivement, et selon les historiens d'art Jack Lindsay et Hélène Toussaint, Virginie aurait été embauchée comme modèle par Courbet, posant rue de la Harpe. On voit dans Les Amants ou Valse (1845, présenté au Salon de 1846, refusé) une représentation de leur relation devenue amoureuse. La morale du temps interdit à Courbet d'en parler dans sa correspondance familiale, surtout qu'il est encore aidé par ses parents : le peintre reste donc évasif sur ces tableaux-là.


L'Homme blessé, autoportrait -
au musée d'Orsay


D'autre part, en septembre 1847, Virginie donne naissance à Désiré Alfred Émile, qu'elle doit déclarer « enfant naturel ». Il est avéré que jamais Courbet ne le reconnaîtra de façon officielle — l'enfant est mort en 1872 sous le nom de sa mère à Dieppe, ville où Virginie s'était installée après la rupture avec Courbet au début des années 1850. Un autre fait troublant est ce que révèle la radiographie d'une toile intitulée L'Homme blessé : jamais exposée du vivant du peintre, on y distingue deux repentirs dont l'un montre un jeune couple tendrement enlacé où les experts voient Virginie et Gustave, le tableau présentant en définitive l'image d'un homme agonisant.

Cette peinture fait partie des nombreux autoportraits de Courbet. Elle a été peinte en 1844 et représentait à l'origine l'artiste assoupi, plus jeune, une femme penchée sur son épaule. En 1854, après une rupture amoureuse, Courbet reprend son œuvre, remplace la femme par une épée et ajoute une tache de sang au niveau du cœur.


Les Demoiselles des bords de la Seine (été) (1856),
Paris, Petit Palais.

Foin de convenances
Bourgeois voltairien et anticlérical, convaincu de son génie («Je peins comme un Dieu», dit-il), Gustave Courbet ne s'embarrasse pas de convenances, aidé en cela par la bienveillance du pouvoir impérial. Si conservateur soit-il, celui-ci traite ses artistes avec l'indulgence d'un père pour ses garnements.

L'artiste se rapproche en 1863 du penseur anarchiste Joseph Proudhon (il peindra à sa mort un célèbre portrait du penseur entouré de ses filles).

Ses idées républicaines, mais surtout son goût affirmé pour la liberté, lui font refuser la Légion d'honneur, proposée par Napoléon III, dans une lettre adressée le 23 juin 1870, envoyée peu après son séjour depuis chez son ami le peintre Jules Dupré à L'Isle-Adam, au ministre des lettres, sciences et beaux-arts, Maurice Richard, qui tentait de le courtiser après le plébiscite. La lettre, publiée dans Le Siècle, fait scandale et se termine ainsi : « J'ai cinquante ans et j'ai toujours vécu libre. Laissez-moi terminer mon existence libre : quand je serai mort, il faudra qu'on dise de moi : Celui-là n'a jamais appartenu à aucun école, à aucune église, à aucune institution, à aucune académie, surtout à aucun régime, si ce n'est le régime de la liberté »



le 16 mai 1871, la Colonne Vendôme, érigée pour fêter la Victoire d'Austerlitz (1805) en 1810, est abattue à la demande des fédérés et la statue de Napoléon Ier en César, se retrouve à terre. Courbet avait juste suggéré, en septembre 1870, de la déboulonner et de la reconstruire aux Invalides. La décision d'abattre "ce monument de barbarie, symbole de force brute et de fausse gloire" a été prise sans lui mais après la défaite de la Commune, il en sera jugé responsable et condamné à la reconstruire à ses frais.
Parmi les fédérés, on reconnait sur la photo de droite, Courbet (à l'arrière du groupe, sur la droite). La Colonne sera reconstruite en 1875.

Après que celui-ci eut été renversé par les républicains, il participe à la Commune de Paris comme conseiller municipal du 6e arrondissement et président d'une Commission pour la protection des beaux-arts. Un décret inspiré par ladite commission ordonne d’abattre la colonne Vendôme, témoin honni de l'ère napoléonienne. Il semble toutefois que Courbet était absent lorsque la décision a été prise et que lui-même préconisait simplement qu’elle soit déplacée.



Gustave Courbet poussant une « colonne Rambuteau » (un urinoir),
caricature publiée par Le Père Duchêne illustré (début 1871).


Arrêté le 7 juin 1871 et interné à Sainte-Pélagie, le peintre est condamné à six mois de prison et à une forte amende en raison de sa participation à la Commune.


Autoportrait à la prison deSainte-Pélagie
(1872), Ornans, musée Courbet.


Après quoi, il reprend son atelier à Ornans et s’entoure de plusieurs élèves. Mais cette trêve ne dure pas. Il est poursuivi en justice sous l’accusation d’avoir fait abattre la colonne Vendôme pendant la Commune. Ses biens sont saisis et il doit s’exiler en Suisse.

C'est là, à La Tour-de-Peilz, près du lac Léman, qu'il finit ses jours le 31 décembre 1877, à 58 ans.


Camille Vignolle


Courbet entouré d'amis fribourgeois à Bulle (1875-76).
photographie de Jules Gremaud, Musée gruérien.


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MessagePosté le: Dim 10 Juin - 08:19 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant



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MessagePosté le: Lun 11 Juin - 07:10 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

11 juin 1909
Tremblement de terre en Provence




Il y a cent neuf ans, le 11 juin 1909 vers 21h15, eut lieu le dernier tremblement de terre très meurtrier en France métropolitaine. Ce séisme se produisit au Nord des Bouches-du-Rhône, à 20 km au NO d'Aix en Provence. Il fit 46 morts et au moins 250 blessés. Plusieurs milliers de logements ont été détruits ou endommagés gravement (dont 1500 à Aix-en Provence). Le village de Lambesc fut entièrement détruit. Rappelons que la dernière victime pour cause de séisme en France métropolitaine est morte en 1967, lors du séisme dit d'Arette (Pyrénées Atlantiques) où une vieille dame mourut.



Un rapport décrivant précisément ces dégâts (note sur le tremblement de terre de Provence du 11 juin 1909, par M. le commandant Spiess, membre de la Société Géologique de France) est disponible sur le site du réseau sismique de l'Université de Marseille 3. On peut notamment y lire « Les communes les plus éprouvées : Lambesc, Saint-Cannat, Rognes, Puy-Sainte-Réparade, Venelles, Aix (partie Nord), la Barben-Pélissanne sont situées dans la dépression comprise entre le massif des Côtes et les collines de la Fare, ainsi que dans la chaîne de la Trévaresse qui, après le Miocène, est venue barrer la partie orientale de cette dépression. La ville de Salon, où les dommages ont été également très sérieux, se trouve á l'issue Ouest de cette région déprimée ».

Plus de cent ans après, il existe encore de nombreuses photographies de ces destructions, dont certaines ont donné lieu à l'époque à l'édition de cartes postales, dont on retrouve plusieurs exemplaires sur le web.



Une étude a été menée sous la direction du Ministère de l'Environnement en 1982. Cette étude consistait à effectuer une simulation d'impact d'un séisme équivalent à celui de 1909 qui aurait eu lieu en 1982 au même endroit, mais avec le plan d'occupation des sols de 1982. Cette simulation se justifiait par le fait que, statistiquement, un séisme d'une telle ampleur se produit en moyenne une fois par siècle en France métropolitaine. Cette simulation visait à déterminer toutes les conséquences de cette catastrophe virtuelle, aussi bien sur le plan humain que sur le plan matériel et économique. Cette région d'une superficie de 700 km2, regroupait 22 communes et 100.000 habitants en 1982. Les conclusions de cette étude sont présentées dans le tableau ci-dessous.

Comparaison des dégâts 1909 et des dégâts prévisibles simulés
en 1982 dans la région de Lambesc




Lambesc : nombreuses maisons détruites.
Aix-en-Provence : la toiture de la vermicellerie Augier s'effondre.
Cornillon-Confoux : destruction partielle de l'église (écroulement du tympan).
La Barben : destruction d'une tour du château.
Le Puy-Sainte-Réparade : plus de vingt maisons détruites. Deux morts. L'eau devient boueuse dans plusieurs puits.
Mouriès : la partie supérieure du clocher est abattue.
Rognes : dégâts considérables, quatorze morts5. L'effondrement d'une bergerie provoque également la mort de 150 moutons.
Saint-Cannat : dix morts, village ravagé, plusieurs bâtiments importants sont détruits, comme la maison des templiers, l'église et la chapelle Notre-Dame-de-Vie.
Salon-de-Provence : dégâts considérables. Vingt mètres de murs du château de l'Empéri sont abattus.
Venelles : le haut du village est rasé dans sa plus grande partie6.
Vernègues : effondrement du château. La quasi-totalité des maisons est détruite. Deux morts. Le village a depuis été rebâti plus bas.


Cette carte montre que de nombreuses grandes agglomérations actuelles (Salon de Provence, Aix en Provence…) subiraient de très sérieux dégâts si un tel séisme se reproduisait aujourd'hui.
Source de l'image : Réseau sismologique de Provence


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MessagePosté le: Mar 12 Juin - 07:06 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

12 juin 1856.
"La Rose de Saint-Flour"



Offenbach par Nadar (1878).

La Rose de Saint-Flour est une opérette en un acte de Jacques Offenbach, livret de Michel Carré, créée au théâtre des Bouffes-Parisiens le 12 juin 1856.

Argument

Pierrette a cassé sa marmite et décide d'en emprunter une en allant à l'épicerie. En chemin elle médite sur ses deux admirateurs, le cordonnier Chapailloux et le chaudronnier Marcachu. Comme c'est la fête de Saint-Pierre ce soir et que l'on va danser toute la nuit, elle aspire à une nouvelle paire de chaussures à paillettes et une nouvelle marmite incassable.


« Le public aux Bouffes-Parisiens », caricature d'Émile Bayard (v. 1860)

Marcachu apporte en témoignage de son amour une nouvelle marmite pour Pierrette, l'accrochant à la cheminée avec dedans un bouquet de fleurs. Chapailloux suit et dépose son présent, des chaussures, sur la table.

Pierrette revient et découvre la marmite. Elle prépare avec Marcachu une soupe dans laquelle vont de manière inattendu se retrouver les fleurs, des cierges et un des souliers de Chapailloux. Chapailloux arrive et s'étonne de ne trouver qu'un seul soulier sur la table. Alors qu'il s'apprête à se battre avec Marcachu, Pierrette les sépare et tous se mettent à table. Le soulier ayant été découvert, Pierrette annonce qu'elle n'épousera jamais un homme qui met des souliers dans la soupe et Marcachu quitte la pièce en fureur.


Charles Reutlinger, Hortense Schneider
dans « La Périchole » (1868), photographie.

Pierrette se décide donc pour Chapailloux à qui elle donne la main. Sur ce Marcachu revient pour d'excuser et tous se réconcilient en dansant.

Distribution lors de la création
RôleTypologie vocaleCréation le 12 juin 1856
(Chef d'orchestre : Jacques Offenbach)
PierrettesopranoHortense Schneider
ChapaillouxbarytonCharles Petit
MarcachuténorÉtienne Pradeau



Etienne Pradeau - Musée Carnavalet


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MessagePosté le: Mar 12 Juin - 10:02 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

l'amour d'antan : une marmite suffisait !

Maintenant nous vivons dans une époque de pôv cons !

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MessagePosté le: Mer 13 Juin - 09:46 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

13 juin 1878

Ouverture du congrès de Berlin


Bismarck ministre-président.

Le congrès des Nations de Berlin est une conférence diplomatique tenue à Berlin, du 13 juin au 13 juillet 1878, par les représentants des puissances européennes, à la suite des efforts de Benjamin Disraeli pour réviser le traité de San Stefano.
Le chancelier Otto von Bismarck ouvre à Berlin, le 13 juin 1878, le premier grand congrès international depuis celui qui s'est tenu à Vienne en 1814 et 1815.

Ce congrès se réunit pour concilier les Anglais et les Russes, les premiers s'opposant à la mainmise des seconds sur les Balkans et les possessions ottomanes d'Europe, par le traité de San Stefano conclu avec les Turcs le 3 mars de la même année.


Le congrès de Berlin. Tableau d'Anton von Werner (1881).

Le Premier ministre britannique Benjamin Disraeli obtient le renoncement de Moscou à une Grande Bulgarie plus ou moins vassale. Il occupe pour sa part l'île de Chypre. La France, là-dessus, proteste et obtient pour son compte la promesse d'un protectorat sur la Tunisie, une province ottomane très largement autonome.

Les conséquences en Allemagne
Le congrès, mis en scène avec faste par Bismarck, fut un triomphe en Allemagne qui trouvait sa place de grande puissance. Le chancelier se targuait d'avoir ainsi permis que la crise ne se transformât en guerre européenne. Cependant, il y eut une crise au Reichstag dont certains partis parlaient de tentative de coup d'État du chancelier, après deux attentats commis contre Guillaume Ier.


Charles Raymond de Saint-Vallier vers 1865.
0Délégué de la France au Congrès

Les conséquences en Grande-Bretagne
Lord Salisbury avait été un des principaux artisans du congrès, mais ce fut Benjamin Disraeli qui en reçut les lauriers. L'Empire ottoman sauvait une partie de ses territoires européens et devenait une puissance sous perfusion européenne ; la Fière Albion avait réussi à contenir la Russie loin de la Méditerranée, et si la Russie se posait en protectrice des chrétiens de Turquie, l'Angleterre pour sa part se posait désormais en protectrice des juifs (et la France, des maronites du Liban).


Benjamin Disraeli en 1878.

Les conséquences en Russie
La Russie fut profondément déçue. Elle pensait trouver auprès de l'Allemagne un avocat de ses victoires, alors que l'Autriche-Hongrie et l'Angleterre étaient fermement opposées aux conquêtes russes dans les Balkans. Bismarck avait pourtant fait en sorte de conserver le bénéfice de certaines victoires aux Russes, mais cela fut jugé nettement insuffisant et une campagne de presse contre l'Allemagne eut lieu en Russie. L'ambassadeur russe à Londres, le comte Chouvalov, fut battu froid par le tsar et dut démissionner l'année suivante.


Mehmed Ali Pasha
Délégué de l'Empire Ottoman au Congrès

Les conséquences dans les Balkans
La Bulgarie, divisée après seulement quatre mois de liberté entre une petite principauté de Bulgarie coincée entre le Danube et le Grand Balkan, vassale du Sultan, et la province ottomane autonome de Roumélie orientale, amputée de la Macédoine qui restait ottomane (alors que plus de la moitié des bulgarophones y vivaient) dut attendre dix ans pour réunir ses deux parties, et son indépendance n'est reconnue qu'en 1908. Jusqu'au milieu du XXe siècle, la Bulgarie essaya vainement de revenir dans ses frontières de San Stefano, durant les guerres balkaniques et en s'alliant durant les deux guerres mondiales à l'Allemagne.

Comme la Bulgarie, le Monténégro et la Serbie demeurèrent de solides alliés de la Russie, d'autant que l'occupation par l'Autriche-Hongrie de la Bosnie-Herzégovine (qu'elle annexa en 1908) et du Sandjak de Novipazar dressait un obstacle de taille à tous leurs espoirs de s'agrandir de ce côté.

Le congrès de Berlin fut perçue dans les Balkans comme un « coup de poignard dans le dos » et raviva le souvenir de la quatrième croisade : elle développa, chez certains orthodoxes des Balkans, un sentiment anti-occidental. Les musulmans, en revanche, ainsi que les minorités turques, en furent soulagés et se montrèrent, en Bosnie-Herzégovine, de loyaux sujets des Habsbourg. Seule la Roumanie échappa à ces ressentiments : elle s'était battue aux côtés des Russes et avait perdu beaucoup d'hommes, mais dut tout de même abandonner à la Russie le Sud de la Bessarabie, et c'est à la conférence de Berlin que son indépendance fut définitivement reconnue et qu'elle reçut les deux tiers nord de la Dobroudja. Aussi, sa politique étrangère se rapprocha pour un temps de Berlin.


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MessagePosté le: Jeu 14 Juin - 07:06 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

14 juin 1928
Naissance de Che Guevara



Che Guevara, le 5 mars 1960
(photo d'Alberto Korda).


Ernesto Rafael Guevara plus connu comme « Che Guevara » ou « le Che » est né en Argentine, dans une famille bourgeoise de Rosario, Ernesto Guevara suit des études de médecine puis, malgré un asthme chronique, accomplit en motocyclette, avec un ami, le tour de l'Amérique latine.


La famille Guevara vers 1941. De gauche à droite :
Ernesto, sa mère Celia, sa sœur Celia, Roberto, Juan Martín, son père Ernesto et Ana María.


Il relatera cette épopée dans des carnets de voyages qui seront publiés sous le titre : Voyage à motocyclette. On peut découvrir dans ces textes un Guevara victime de préjugés racistes, comme dans cet extrait où il évoque Caracas :
« Les Noirs, ces représentants de la splendide race africaine qui ont gardé leur pureté raciale grâce à leur manque de goût pour le bain, ont vu leur territoire envahi par un nouveau type d’esclaves : les Portugais. Et ces deux vieilles races ont commencé leur dure vie commune, émaillée de querelles et de mesquineries de toutes sortes. Le mépris et la pauvreté les unit dans leur lutte quotidienne, mais la façon différente dont ils envisagent la vie les sépare complètement. Le Noir, indolent et rêveur, dépense ses sous en frivolités ou en « coups à boire », l’Européen a hérité d’une tradition de travail et d’économies qui le poursuit jusque dans ce coin d’Amérique et le pousse à progresser, même au détriment de ses aspirations individuelles. » (Voyage à motocyclette, Ed. Mille et une nuits p. 174)

Alors qu'il est jeune étudiant en médecine, Guevara voyage à travers l'Amérique latine, ce qui le met en contact direct avec la pauvreté dans laquelle vit une grande partie de la population. Son expérience et ses observations l'amènent à la conclusion que les inégalités socioéconomiques ne peuvent être abolies que par la révolution.


Ernesto Guevara à 22 ans (1951).

Toute sa vie, il subit de violentes crises d’asthme, qui l'accablent dès l'enfance. Il affronte cette maladie et travaille afin de devenir un athlète accompli. Malgré l'opposition de son père, il devient joueur de rugby. Il gagne le surnom de « fuser », (une contraction de furibundo (« furibond ») et du nom de famille de sa mère, « Serna ») à cause de son style de jeu agressif16. Durant son adolescence, il met à profit les périodes de repos forcés de ses crises d'asthme pour étudier la poésie et la littérature, depuis Pablo Neruda en passant par Jack London, Emilio Salgari et Jules Verne, jusqu'à des essais sur la sexualité de Sigmund Freud ou des traités sur la philosophie sociale de Bertrand Russell. Il écrit des poèmes (parfois parodiques) tout au long de sa vie comme cela est courant chez les Latino-américains de son éducation. Il développe également un grand intérêt pour la photographie.


Raúl Castro et Che Guevara pendant la révolution Cubaine, 1958.

Il fait en 1955 la connaissance au Mexique de Fidel Castro et s'engage à ses côtés dans la lutte contre le dictateur cubain Fulgencio Batista. Surnommé Che Guevara, il participe au débarquement de Cuba et au renversement de Batista. Devenu citoyen cubain, il occupe par dérogation plusieurs postes dont celui de ministre de l'Industrie à Cuba et écrit plusieurs livres sur la pratique de la révolution et de la guérilla.


Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre et Che Guevara discutant à Cuba en 1960.
Sartre écrira plus tard que le Che était «l'être humain le plus complet de notre époque».


En 1964, dans son discours d'Alger, Che Guevara accuse le régime soviétique de ne pas être socialiste, puis en 1965 il part en Amérique latine pour organiser la guérilla. Il veut exporter la révolution et créer ainsi plusieurs fronts pour s'attaquer à l'impérialisme américain. Ne parvenant pas à étendre la révolution au Congo-Léopoldville, il se rend en Bolivie où il est capturé dans la région de Valle Grande lors d'un affrontement avec l'armée bolivienne. Celle-ci, sous les ordres de la CIA, l'exécute sommairement le 9 octobre 1967.


Le Che avec sa traditionnelle tenue militaire,
le 2 juin 1959.


Bien qu'accusé par ses opposants d'être un terroriste et d'avoir institué des camps de torture, Che Guevara est devenu un véritable mythe après sa mort et un symbole pour les mouvements révolutionnaires marxistes du monde entier ainsi que pour la lutte des plus pauvres et des opprimés contre l'impérialisme américain et le capitalisme.


Exposition du corps de Che Guevara à Vallegrande. Photo prise par un agent de la CIA, 10 octobre 1967.


"Soyez réalistes : demandez l'impossible."
Ernesto Che Guevara - 1928-1967


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MessagePosté le: Ven 15 Juin - 06:53 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

15 juin 1594
Naissance de Nicolas Poussin



Nicolas Poussin. Autoportrait
Huile sur toile, 98 × 74 cm, musée du Louvre, Paris.


La prime jeunesse de Nicolas Poussin reste assez conjecturale. Il est né à Villers, à proximité des Andelys (Seine-Maritime actuelle). Félibien (1619-1647) rapporte, dans Entretiens sur les vies et les ouvrages des plus excellents peintres anciens et modernes (1666-1688), que son père était un gentilhomme picard ruiné qui vint s’établir aux Andelys où il se maria. Le jeune Nicolas acquit, semble-t-il, quelques rudiments de latin, mais il n’éprouvait de goût que pour le dessin.


Philippe de Champaigne
Autoportrait de 1668.
Gravure par Gérard Edelinck (1676).


Vers 1611-1612, il est placé chez le peintre Quentin Varin (1570-1634), originaire de Beauvais, mais installé aux Andelys. Vers cette même époque (il a 18 ans) il part plus ou moins clandestinement pour Paris. Il travaille brièvement sous la direction du portraitiste flamand Ferdinand Elle (1580-1637) et du peintre maniériste Georges Lallemand (1575-1636) chez qui il aurait rencontré Philippe de Champaigne (1602-1674). Il fait également la connaissance d’un certain Alexandre Courtois, mathématicien du roi et amateur d’art qui lui fait découvrir Raphaël.


Nicolas Poussin - Paysage avec Orphée et Eurydice

Nicolas Poussin connaîtra la misère à Paris, vivant de quelques commandes de nobles et de religieux. Son souhait le plus cher est d’aller à Rome et il faudra plusieurs tentatives avant qu’il y parvienne. Il a rencontré à Paris le poète italien Giambattista Marino (1569-1625), dit le Cavalier Marin, pour qui il dessinera une série de sujets empruntés aux Métamorphoses d’Ovide. Marino devait emmener Poussin avec lui à Rome, mais le peintre fut retardé et partit seul pour la capitale italienne où il arriva au printemps 1624. Marino est déjà reparti pour Naples où il meurt en 1625.


L'Inspiration du poète,
Nicolas Poussin - Louvre, Paris.


Poussin va vivre difficilement à Rome, mais il est passionné par son art et cherche à apprendre : il étudie la géométrie et la perspective, fréquente l’école du peintre baroque Andrea Sacchi (1599-1661) et du Dominiquin (1581-1641) ; il pratique même des dissections avec le chirurgien Nicolas Larche. Vers la fin des années 1620, il tombe malade, est hospitalisé puis recueilli par Nicolas Dughet, un pâtissier français installé à Rome. En 1629, il épouse la fille de Dughet, Anne-Marie, dont il n’eut pas d’enfant. Il adopta les deux frères de son épouse, dont l’un, Gaspard Dughet, dit le Guaspre Poussin (1615-1675) devint un grand peintre paysagiste de Rome.


Nicolas Poussin - L'Empire de Flore

Protégé par le cardinal Barberini, la renommée du peintre va croître et, au cours de la décennie 1640, son génie va s’affirmer. L’Empire de Flore (1631) peut être cité comme particulièrement représentatif par la complexité de la composition, la netteté du dessin, la légèreté des couleurs (qui ne doivent pas primer, selon la doxa classique), la grâce extrême des mouvements proches du maniérisme.

La célébrité de Poussin va atteindre la cour de France. Dès 1639, Louis XIII (1601-1643) et François Sublet des Noyers (1588-1645), surintendant des Bâtiments, lui demandent de revenir à Paris ; mais il faudra attendre que Roland Fréart de Chambray (1606-1676) et son frère Jean, sieur de Chantelou, viennent le chercher à Rome en 1640 pour qu’il défère au souhait royal.


La Mort de Poussin par François Marius Granet,
Musée Granet, Aix-en-Provence.


Il est accueilli avec les égards réservés aux plus grands : une maison dans le jardin des Tuileries, une pension royale de 3 000 livres. Il est nommé peintre du roi. Les commandes affluent : décoration des appartements du roi, de la grande galerie du Louvre, entre autres. Mais ces honneurs suscitent la jalousie et les intrigues de ses pairs. Pour échapper aux tracasseries, Poussin revient à Rome en 1642. Il y restera jusqu’à sa mort en 1665, unanimement admiré et même comparé à Raphaël.


Nicolas Poussin
La Sainte Famille sur les Marches, 1648



source


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MessagePosté le: Sam 16 Juin - 14:00 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

16 juin 1970
Décès de Elsa Triolet



Elsa Triolet en 1925.

Issue de la bourgeoisie russe, Elsa Triolet est née le 11 sept. 1896 à Moscou (Russie).
De son vrai nom Ella Yurevna Kagan (en russe : Элла Юрьевна Каган) (puis Triolet de son premier mari, nom qu'elle gardera toute sa vie), elle apprend le français dès l’âge de six ans. Elle est une femme de lettres et résistante française d'origine russe, née de parents juifs. Elle est également connue sous le pseudonyme de Laurent Daniel.
En 1910, elle rencontre le poète Maïakovski qui l’initie à la poésie mais épousera sa sœur Lyli.



Durant ses études d’architecture, elle fréquentera les milieux artistiques moscovites. Afin d’échapper aux dures conditions de vie de la toute jeune Union soviétique, elle quitte son pays natal pour la France en 1918, où elle épousera l’officier André Triolet, qu’elle quittera dès 1921.

Vivant à Londres et à Berlin, c’est dans le quartier bohème de Montparnasse qu’elle s’installera finalement au milieu des années vingt.


Elsa Triolet et Louis Aragon

En 1928, elle rencontre Louis Aragon : l’une des histoires d’amour les plus fameuses du monde littéraire français commence alors.

Muse inspirée elle-même par son Pygmalion, Elsa Triolet fut à l’origine des fameux Yeux d’Elsa d’Aragon, qu’elle épousera en 1939.

Résistante durant la Seconde guerre mondiale, elle participe à la création du Comité Nationale des Écrivains, et militera aux côtés de son époux surréaliste pour le communisme.


Elsa Triolet et Louis Aragon

En 1945, son roman Le Premier accroc coûte deux cents francs lui vaudra le prix Goncourt. L’expérience de la résistance fortifiera sa volonté d’écrire, sans laquelle, de son propre aveu, elle n’aurait jamais pu survivre.

A sa mort en 1970, Aragon qui lui survécut légua l’ensemble de ses documents (manuscrits, lettres, etc…) au CNRS. Elle reste de nos jours, plus par son rôle de muse que d’écrivain, une figure de proue de la littérature française du XXème siècle.

Source : livres.fluctuat.net



video



Titre : Les yeux d'Elsa
Poète : Louis Aragon (1897-1982)
Recueil : Les Yeux d'Elsa (1942).


Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire

À l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé
Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent
L'été taille la nue au tablier des anges
Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés

Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie
Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure

Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée
Sept glaives ont percé le prisme des couleurs
Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs
L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé

Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche
Par où se reproduit le miracle des Rois
Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois
Le manteau de Marie accroché dans la crèche

Une bouche suffit au mois de Mai des mots
Pour toutes les chansons et pour tous les hélas
Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres
Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux

L'enfant accaparé par les belles images
Écarquille les siens moins démesurément
Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens
On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages

Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où
Des insectes défont leurs amours violentes
Je suis pris au filet des étoiles filantes
Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août

J'ai retiré ce radium de la pechblende
Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu
Ô paradis cent fois retrouvé reperdu
Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes

Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent
Moi je voyais briller au-dessus de la mer
Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa.

Louis Aragon.




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MessagePosté le: Dim 17 Juin - 07:48 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

merci Opaline !

je ne connaissais pas si bien Elsa que par le titre " les yeux d'Elsa..." . par contre Aragon .....très connu !

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MessagePosté le: Dim 17 Juin - 08:14 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

17 juin 1789
Les états généraux deviennent Assemblée nationale



Le serment du Jeu de Paume, par David (Paris, musée Carnavalet)

Le 17 juin 1789, à Versailles, les députés du tiers état, renforcés par quelques curés représentant le clergé, se proclament «Assemblée nationale» sur une proposition de l'abbé Sieyès.

L'autorité du roi bafouée

Quelques semaines plus tôt, le roi Louis XVI a réuni les états généraux en vue de trouver une solution à la faillite qui menace le gouvernement. Héritée d'une tradition médiévale, l'assemblée des états généraux comporte des représentants des trois ordres : clergé, noblesse et tiers état.


Proclamation de Assemblée nationale le 17 Juin 1789

Le tiers état représente les Français qui n'ont droit à aucun privilège particulier. Ses députés sont issus de la bourgeoisie. La majorité est composée d'avocats. Considérant, selon le mot de Sieyès, qu'ils représentent les «quatre-vingt-seizièmes de la Nation», ces députés bafouent la division en trois ordres en se proclamant assemblée nationale.

Ils s'arrogent le droit d'autoriser la perception des impôts et envisagent de fixer par écrit les futures règles de gouvernement et les attributions de chacun (roi, ministres, députés...) dans une Constitution, à l'imitation des conventionnels américains (1789)... et des indépendantistes corses (1735)

Le roi Louis XVI prend fort mal la chose et, sur les conseils de son entourage, fait fermer la salle des Menus Plaisirs où les députés ont pris l'habitude de se réunir.

Le roi Louis XVI prend fort mal la chose et, sur les conseils de son entourage, fait fermer la salle des Menus Plaisirs où les députés ont pris l'habitude de se réunir. Qu'à cela ne tienne. Le 20 juin, les députés se retrouvent dans une autre salle de Versailles, au Jeu de Paume, où ils jurent sous la présidence de Bailly, « de ne jamais se séparer et de se rassembler partout où les circonstances l'exigeraient, jusqu'à ce que la constitution du royaume fût établie et affermie par des fondements solides ».


Jean-Paul Laurens
Réception de Louis XVI à l'Hôtel de Ville - 1789


Le roi s'incline
Trois jours plus tard, le 23 juin, le roi Louis XVI se décide à adresser à l'ensemble des députés un langage de fermeté, leur ordonnant de délibérer séparément. Mais le tiers état et ses alliés du clergé refusent de se soumettre. Le maître des cérémonies rappelle sans succès l'injonction royale au président de l'Assemblée, Bailly.


Statue d'Honoré de Mirabeau.
Palais de justice d'Aix-en-Provence.

La postérité va magnifier l'incident en prêtant au tribun Mirabeau la célèbre harangue : « Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté nationale et que nous n'en sortirons que par la puissance des baïonnettes ». Des gardes entrent dans la salle pour la faire évacuer. Mais voilà que des députés issus de la noblesse s'interposent. Rien moins que le marquis de La Fayette et le duc de La Rochefoucauld. Les gardes n'osent pas agir et se retirent. Informé de l'incident, le roi se soumet : « S'ils ne veulent pas s'en aller, qu'ils y restent ! »


L'abbé Sieyès, député à l'Assemblée nationale.

Dès le lendemain, 46 députés de la noblesse libérale conduits par le duc d'Orléans en personne (le cousin du roi) se rallient aux députés du tiers état et du clergé au sein de la nouvelle Assemblée nationale.
Le 27 juin, sur le conseil de son ministre Necker, le roi ordonne finalement à l'ensemble des députés de rejoindre l'Assemblée nationale.

Le 9 juillet 1789, ils officialisent leur projet de donner une Constitution au royaume. Ils se proclament « Assemblée nationale constituante ». C'en est fini de l'absolutisme royal. La Révolution commence.


14 juillet 1789 – La prise de la Bastille


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MessagePosté le: Dim 17 Juin - 08:57 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Injonction des gouvernants c'est du passé chez vous du courant chez nous !



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MessagePosté le: Lun 18 Juin - 08:20 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

18 juin 1037
Décès d'Avicenne
à Hamadhan (Iran)



Ibn Sina (Avicenne) - miniature persane.

Philosophe et médecin de langue persane, Avicenne (de son vrai nom Ibn Sînâ) naît dans la famille d'un fonctionnaire de la dynastie samanide. Son père est musulman chiite et sa mère sans doute juive. Très tôt, il montre des dispositions pour l'étude et la médecine.

Avicenne va surtout influencer la médecine musulmane et occidentale jusqu'au XVIe siècle avec son ouvrage majeur : le Canon de la médecine (Kitab Al Qanûn fi Al-Tibb). Il sera traduit en latin par Gérard de Crémone peu après sa mort.

Ses œuvres principales sont l'encyclopédie médicale Qanûn (Canon de la médecine) et ses deux encyclopédies scientifiques al Shifa (De la guérison [de l'âme]) et Danesh Nâma (livre de science).


Qanûn (Avicenne)

Dans son Qanûn, il opère une vaste synthèse médico-philosophique avec la logique d'Aristote, combinée avec le néo-platonisme, élevant la dignité de la médecine comme discipline intellectuelle, compatible avec le monothéisme. Son influence sera prédominante en Occident médiéval latin jusqu'au XVIe siècle.

Si son œuvre médicale n'a plus qu'un intérêt historique, son œuvre philosophique se situe au carrefour de la pensée orientale et de la pensée occidentale. Elle reste vivante au début du XXIe siècle dans le cadre de l'Islam iranien. Elle continue d'être étudiée en Occident du point de vue de la philosophie, de l'épistémologie et des sciences cognitives.

En s'appuyant sur les traités d'Aristote, il acquiert une grande maîtrise des sciences naturelles, de la médecine et de la philosophie. Il exerce par ailleurs des fonctions ministérielles auprès des émirs de la région, une occupation qui n'est pas sans risque et l'oblige plusieurs fois à fuir ou se cacher.

Les commentaires d'Aristote par Avicenne vont inspirer les penseurs occidentaux de l'école scolastique, tel saint Thomas d'Aquin. L'influence d'Avicenne restera moindre, néanmoins, que celle d'Averroès, autre savant musulman mais de langue arabe et originaire d'Espagne.



Sa vie est connue selon son autobiographie.
Durant sa petite enfance, il étudie l'arithmétique chez un marchand herboriste, expert en calcul indien. Ayant une bonne mémoire, le jeune garçon finit par surpasser son maître en calcul et en mathématiques. Sous la conduite du maitre Abu Abdallah Ennatili, il s'initie au Coran, aux auteurs arabes et à la philosophie en commençant par l'Isagogè de Porphyre (petit traité pédagogique de vulgarisation de la philosophie d'Aristote).

À l'âge de dix ans, il maitrise ainsi le Coran, l'arithmétique, la géométrie d'Euclide, et des bases de la philosophie comme la logique. Il se lance tout seul dans des études difficiles comme l'Almageste de Ptolémée.


Tombeau d'Avicenne à Hamedan

À l'âge de 14 ans, son précepteur Ennatili le quitte pour aller dans une autre ville. Un ami médecin lui apporte les traductions des œuvres d'Hippocrate, qu'il lit d'un trait, nuit et jour. Il raconte dans son autobiographie : « quand le sommeil me gagnait, que je sentais mes forces faiblir, je prenais un breuvage épicé pour me soutenir, et je recommençais mes lectures ».

Sa mémoire étant phénoménale, il lit aussi toutes les traductions de Galien. À l'âge de 16 ans, il est brillamment reçu médecin à l'école de Djundaysabur où professaient des médecins de toutes confessions : juifs, chrétiens, mazdéens et musulmans. À 17 ans, il donne des cours à l'hôpital de Boukhara qui sont suivis par des médecins étrangers.

Il est appelé auprès du prince Nuh ibn Mansûr (976-997) qui souffrait de violentes coliques. Avicenne diagnostique une intoxication par le plomb des peintures décorant la vaisselle du prince, et réussit à le guérir. Il est alors autorisé à consulter la riche bibliothèque royale des Samanides.

En un an et demi, il acquiert la connaissance de tous les auteurs anciens disponibles. Il bute cependant sur la Métaphysique d'Aristote qu'il ne comprend pas, mais il surmonte cette difficulté en découvrant les commentaires d'Al Farabi. Dans son autobiographie, il déclare avoir intégré tous les savoirs de son temps à l'âge de 18 ans, grâce à sa mémoire, mais que son esprit n'était pas assez mûr.

Dernière étape
En participant à une expédition menée par l'émir 'Ala ad-Dawla dans le Kermanshah, Avicenne tombe malade et meurt à Hamadan au mois d'août 1037 (premier vendredi du mois de Ramadan 428 de l’hégire) à l’âge de cinquante-sept ans. Sa maladie est discutée, il s'agissait d'une crise intestinale grave, dont il souffrait depuis longtemps : cancer du colon, dysenterie amibienne, empoisonnement criminel...


Mausolée d'Avicenne à Hamadan

Il fut enterré près d'Hamadan. Son tombeau est resté un lieu de pélerinage jusqu'au XXIe siècle. Jusqu'en 1950, il n'était signalé que par une simple « lanterne des morts » en granit. En 1952, un mausolée monumental a été inauguré sur sa tombe à Hamadan. Il s'agit d'une colonnade de granit en 12 piliers, symbolisant les douze sciences du savoir d'Avicenne, couronnés par une toiture conique.

À cette occasion, des photographies de son crâne furent prises, et un anthropologue et sculpteur soviétique a ainsi réalisé un « portrait » d'Avicenne. Cette statue en marbre blanc se trouve près du mausolée.

Avicenne est revendiqué par de nombreux pays, car il est né dans un pays qui s'est appelé le Turkestan, de père Ouzbek et de mère Tadjik, et qu'il a beaucoup voyagé et séjourné dans des pays musulmans. Le reconnaissent comme leur : l'Ouzbékistan, le Tadjikistan, l'Azerbaïdjan, l'Afghanistan, l'Iran, la Turquie... De nombreux pays arabes éloignés, au motif d'un séjour supposé, lui prêtent une vénération particulière.


Avicenne statue à Vienne,Pavillon des érudits.


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MessagePosté le: Lun 18 Juin - 08:32 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Un Grand  parmi les grands scientifiques de l'humanité !  

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MessagePosté le: Mar 19 Juin - 08:26 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

19 juin 1623
Naissance de Blaise Pascal



Blaise Pascal
(anonyme ; copie d’une peinture de François II Quesnel
gravée par Gérard Edelinck en 1691).

Son père, Étienne Pascal (1588-165112) très intéressé par les mathématiques et les sciences, était conseiller du roi pour l'élection de Basse-Auvergne, puis second président à la Cour des aides de Montferrand, et décide d'éduquer seul ses enfants. Blaise Pascal avait deux sœurs, Jacqueline, née en 1625, et Gilberte (née en 1620, mariée en 1642 à Florin Périer, conseiller à la cour des aides de Clermont) qui lui survécut.

En 1631, Étienne se rend avec ses enfants à Paris, alors que Blaise n'a encore que 8 ans. Il décide d’éduquer lui-même son fils qui montre des dispositions mentales et intellectuelles extraordinaires. En effet très tôt, Blaise a une capacité immédiate pour les mathématiques et la science, peut-être inspiré par les conversations fréquentes de son père avec les principaux savants de l’époque : Roberval, Marin Mersenne, Girard Desargues, Claude Mydorge, Pierre Gassendi et Descartes16. Malgré sa jeunesse, Blaise participe activement aux séances où les membres de l’académie Mersenne soumettent leurs travaux à l'examen de leurs pairs.


Blaise Pascal

À douze ans (1635), il commence à travailler seul sur la géométrie. Le travail de Desargues l'intéressa particulièrement et lui inspira, à seize ans, un traité sur les sections coniques qu'il soumit à l'académie Mersenne : Essai sur les coniques. La majeure partie en est perdue mais un résultat essentiel et original en reste sous le nom de théorème de Pascal. Le travail de Pascal était si précoce que Descartes, en voyant le manuscrit, crut qu’il était de son père.


La Pascaline.

À dix-huit ans (1641), Pascal commence le développement de la Pascaline, machine à calculer capable d’effectuer des additions et des soustractions afin d’aider son père dans son travail. Il en écrit le mode d’emploi : Avis nécessaire à ceux qui auront la curiosité de voir ladite machine et s’en servir. Plusieurs exemplaires sont conservés, en France, au Musée des arts et métiers à Paris et au musée de Clermont-Ferrand. Bien que ce soit le tout début du calcul mécanique, ce fut un échec commercial à cause de son coût élevé (100 livres). Pascal améliorera la conception de la machine pendant encore dix années et en construira une vingtaine d’exemplaires.

Pascal est également à l’origine de l’invention de la presse hydraulique, s'appuyant sur le principe qui porte son nom.

On lui attribue également l’invention de la brouette ou vinaigrette, et du haquet, véhicule hippomobile conçu pour le transport des marchandises en tonneaux. Ces attributions semblent remonter à un ouvrage de Bossut, qui réalise la première édition complète des écrits de Pascal, dans l’avertissement duquel il mentionne ces inventions d’après le témoignage de M. Le Roi, de l’Académie des Sciences, qui tient ses informations de son père, Julien Le Roi.

Dans ses dernières années troublées par une mauvaise santé, il rejette les ordonnances de ses médecins en disant : « La maladie est l'état naturel du chrétien. » D'après sa sœur Gilberte, il aurait écrit alors sa Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies. En 1659, Pascal tombe sérieusement malade.
Grâce à ses connaissances en hydrostatique, il participe à l’assèchement des marais poitevins, à la demande du Duc de Roannez. C'est avec ce dernier qu'il inaugurera la dernière de ses réalisations qui reflète parfaitement le souci d’action concrète qui habite le savant : la première ligne de « transports en commun », convoyant les passagers dans Paris avec des carrosses à cinq sols munis de plusieurs sièges.

Testament de Blaise Pascal
(Archives nationales de France).

En 1662, la maladie de Pascal est devenue plus violente. Conscient du fait qu'il a peu de chances de survivre, il songe à trouver un hôpital pour les maladies incurables, mais ses médecins le déclarent intransportable. À Paris, le 17 août1662, Pascal a des convulsions et reçoit l’extrême onction. Il meurt à une heure du matin du 19 au no 8 de la rue Neuve-Saint-Étienne-du-Mont (devenue le 2 rue Rollin), ses derniers mots étant « Puisse Dieu ne jamais m'abandonner ». Il est enterré dans l'église Saint-Étienne-du-Mont.


Masque mortuaire de Blaise Pascal.

L'autopsie pratiquée après sa mort révélera de graves problèmes stomacaux et abdominaux, accompagnés de lésions cérébrales. Malgré cette autopsie, la raison exacte de sa santé chancelante n'est pas connue.
Des spéculations ont eu lieu à propos de tuberculose, d'un cancer de l'estomac ou d'une combinaison des deux. Les maux de tête qui affectaient Pascal sont attribués à la lésion cérébrale. (Marguerite Périer, sa nièce, dit dans sa biographie de Pascal que l'autopsie révéla que « le crâne ne comportait aucune trace de suture autre que la lambdoïde… avec une abondance de cervelle, dont la substance était si solide et si condensée… »).

Les Pensées de Pascal sont largement considérées comme une des pièces maîtresses et une étape de la littérature française. En présentant ses observations sur un chapitre, Sainte-Beuve considérait ces pages comme les plus fines de la langue française. Will Durant, dans son onzième volume de l’Histoire des civilisations, le juge comme « le livre le plus éloquent en français ». Dans les Pensées, Pascal présente plusieurs paradoxes philosophiques : infini et néant, foi et raison, âme et matière, mort et vie, sens et vanité — apparemment n’arrivant à aucune conclusion définitive sans l’appui de l’humilité et de la grâce. En les rassemblant, il développe le pari de Pascal.


Blaise Pascal, marbre d’Augustin Pajou
(1785), musée du Louvre.


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MessagePosté le: Mar 19 Juin - 09:23 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant



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MessagePosté le: Mer 20 Juin - 09:07 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

20 juin 1936
Le Front populaire généralise les congés payés



Les premiers trains des congés payés à l'été 1936 ...

Un mois après son arrivée au pouvoir, le Front Populaire généralise les congés payés en France. La loi est votée à l'unanimité par les députés le 11 juin 1936 et promulguée le 20 juin 1936. Elle prescrit un minimum de deux semaines de congés par an pour tous les salariés français liés à leur employeur par un contrat de travail. En Belgique dès le 27 juin suivant, les congés payés sont une innovation sociale majeure dont certaines prémices étaient apparues dans des conventions collectives en Allemagne dès le début du XXe siècle. Cette législation sociale est liée à l'avènement du Front populaire en France.


Loi instituant un congé annuel rémunéré, 1936.
Archives Nationales AE/II/2993

Voir en grand

Innovation impériale
Les premiers congés payés ont été institués en France dès le 9 novembre 1853 par un décret de l'empereur Napoléon III, mais seulement au bénéfice des fonctionnaires.
L'idée a été reprise dans de nombreux autres pays, qui l'ont généralisé à tous leurs salariés. Ainsi en Allemagne dès 1905, puis en Autriche-Hongrie et dans les pays scandinaves depuis 1910, en Tchécoslovaquie, en Pologne et au Luxembourg, au début des années 20, et même en Grèce, en Roumanie, en Espagne, au Portugal ainsi qu'au Chili, au Mexique et au Brésil.

Il ne suffit pas d'avoir du temps libre. Encore faut-il savoir comment l'utiliser et en avoir les moyens. Au début du XXe siècle apparaissent en Rhénanie les premières auberges de jeunesse. Après la Première Guerre mondiale, dans l'Italie fasciste et l'Allemagne nazie, l'État met en place d'importantes organisations pour permettre aux citoyens de partir en vacances...
Les syndicats ouvriers européens se désintéressent quant à eux de la question et privilégient les revendications sur la semaine de huit heures.



Rattrapage social
En France, quelques administrations et patrons à la fibre sociale ont dès le début du XXe siècle l'audace d'instaurer les congés payés au bénéfice de leurs salariés (métro parisien, entreprises électriques et gazières, ouvriers du livre...).
Les patrons des houillères les instaurent au profit des mineurs en 1925.

Mais peu nombreux sont toutefois les salariés qui en profitent pour des vacances prolongées, beaucoup leur préférant une brève partie de campagne.



Les congés payés ne figurent pas au programme du Front populaire. La loi qui va les généraliser est promue par le parti radical-socialiste, l'un des partenaires du gouvernement.

Ce parti de centre gauche représente les classes moyennes. Ayant goûté aux charmes des congés payés, les radicaux vont souhaiter en étendre le bénéfice aux classes populaires par la loi du 20 juin 1936.

Cette loi ne conduit pas pour autant à une explosion du tourisme, malgré les billets de train à tarifs spéciaux et le développement des auberges de jeunesse, beaucoup de salariés n'ayant ni le réflexe ni la possibilité financière de partir.

En 1936, 600 000 salariés français seulement en profitent pour jouir de vacances au bord de la mer ou à la campagne ; ils seront 1,7 millions l'année suivante...


Léon Blum, Maurice Thorez, Roger Salengro, Maurice Viollette et Pierre Cot le 14 juillet 1936 .

82 ans plus tard, pour les plus jeunes comme pour nous tous, c'est un acquis, une évidence. Mais 82 ans après, les anciens eux, se souviennent encore très bien de cette révolution. Ils se souviennent très bien qu'il y avait un avant !
Pourtant, aujourd'hui, un français sur deux ne peut pas partir en vacances et un enfant sur trois est dans cette situation comme le rappelle cette année encore, le Secours Populaire Français.


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MessagePosté le: Mer 20 Juin - 09:26 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

quelque chose de positif ça se reconnait !

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MessagePosté le: Jeu 21 Juin - 06:16 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

21 juin 1791
La fuite à Varennes



Dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, une berline lourdement chargée s'éloigne de Paris. À son bord le roi Louis XVI, la reine Marie-Antoinette et leurs deux enfants, Madame Élisabeth, la sœur du roi, et la gouvernante des enfants.

Premiers déchirements
Onze mois plus tôt, le roi et son peuple célébraient ensemble la Fête de la Fédération. La Révolution semblait close et la monarchie constitutionnelle bien installée. Mais les relations entre Louis XVI et les députés de l'Assemblée constituante allaient très vite achopper sur la politique religieuse.
Le tribun Mirabeau suggère au roi qu'au cas où la collaboration avec le gouvernement révolutionnaire deviendrait impossible, il lui resterait la possibilité de quitter Paris pour prendre la tête de troupes favorables à sa cause et rentrer dans la capitale afin de mettre un terme à la Révolution.



Le tribun meurt le 2 avril 1791. Et le 18 avril, les Parisiens empêchent Louis XVI de quitter les Tuileries pour Saint-Cloud, où il veut faire ses Pâques et recevoir la communion d'un curé non assermenté. Pour le roi, très pieux, c'en est trop. Encouragé par le comte suédois Axel de Fersen, il décide de mettre en pratique le conseil de Mirabeau et de rejoindre le quartier général du marquis de Bouillé, à Montmédy, près de la frontière avec le Luxembourg. Il sait que ses troupes sont dévouées à la monarchie.

Fuite maladroite


Le matin du 21 juin, quand la disparition du roi est constatée, l'alerte est donnée et le marquis de La Fayette, commandant de la garde nationale, envoie des courriers dans toutes les directions pour ordonner l'arrestation des fuyards. Entre temps, la berline royale prend beaucoup de retard sur l'horaire. Le soir, elle arrive à Sainte-Ménehould, en Champagne, mais le détachement de hussards envoyé par le marquis de Bouillé pour assurer sa protection n'est pas en selle.


Arrestation de la famille royale à Varennes. Vintage Postcard, Lithographie

Les villageois, intrigués par le remue-ménage, laissent partir la berline suspecte mais retiennent les hussards. Dans le même temps, le fils du maître de poste Drouet, mandaté par la municipalité, saute sur un cheval et, prenant un chemin de traverse, devance la berline à l'étape suivante, Varennes-en-Argonne. Il alerte les habitants et le procureur de la commune, l'épicier Sauce. Quand arrive enfin la famille royale, elle est arrêtée et invitée à descendre de voiture.
C'est le soir. Le tocsin sonne. Les villageois, menaçants, se rassemblent autour de la maison de l'épicier où sont reclus les prisonniers.



Le 23 juin au matin, la berline reprend le chemin de Paris, escortée de trois députés. Elle entre à Paris deux jours plus tard, dans un silence funèbre, les badauds ayant ordre de ne pas prononcer un mot.
Le roi est ramené au palais des Tuileries et placé sous la« surveillance du peuple ». Il est provisoirement suspendu de ses pouvoirs. Pour la bienséance, l'Assemblée qualifie la péripétie de Varennes d'« enlèvement » et non de « fuite ». Mais la confiance entre la monarchie et la Révolution est brisée, d'autant plus que l'on soupçonne le roi de collusion avec l'étranger, voire de trahison.

Les républicains vont dès lors plaider ouvertement leur cause. La monarchie sera finalement renversée par l'émeute du 10 août 1792.


L’arrestation de Louis XVI et de sa famille à Varennes chez l’épicier et procureur Jean-Baptiste Sauce


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MessagePosté le: Jeu 21 Juin - 06:24 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant



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MessagePosté le: Ven 22 Juin - 07:46 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

22 juin 1586 :
Mort du médecin Louis Duret,
l’Hippocrate de France



Hippocratis magni Coacæ pr&aolig;notiones.
Édition de 1621 de l’ouvrage de Louis Ducret
paru pour la première fois à titre posthume en 1588


Médecin de Charles IX et de Henri III, grand praticien, éclairé par l’anatomie, guidé par le raisonnement, nourri et mûri par l’expérience, Louis Duret professa toute sa vie cette doctrine que le rôle du médecin est presque uniquement d’imiter la nature, de l’observer, de l’aider dans ses mouvements, et de saisir avec justesse et à-propos le moment favorable pour agir, cherchant des leçons dans les efforts que fait la nature pour faire disparaître ces maladies.

Ce célèbre médecin de la Faculté de Paris, l’un des plus remarquables du XVIe siècle, naquit en 1527, à Baugé-la-Ville, petite ville du Bugey en Bresse. Il était second fils de Jean Duret, gentilhomme et seigneur de Montanet en Piémont. La maison de son père étant dérangée et chargée de procès, il la quitta de bonne heure et vint à Paris.

Sa jeunesse se passa à apprendre les langues savantes dans les meilleurs auteurs. Il possédait le grec si parfaitement, qu’il a souvent corrigé et rétabli un grand nombre de passages d’Hippocrate mal entendus des copistes et des traducteurs. Il parlait latin avec beaucoup de grâce et de facilité, mêlant dans son style, sans affectation et sans pédanterie, des phrases entières des auteurs les plus célèbres. L’arabe même ne lui était pas inconnu, il lisait Avicenne dans sa langue naturelle.


Les médecins. Chromolithographie du XXe siècle

Considéré comme écrivain, il nous offre un modèle de goût et d’élégance dans le style ; ses traductions sont d’une rare exactitude, et elles ne pouvaient manquer de l’être, puis les langues latine et grecque ne lui étaient guère moins familières que la sienne propre.

Mais on sait, par ses élèves ou par ses contemporains, que Duret était un de ces génies rares qu’on ne voit paraître que dans l’espace de plusieurs siècles. Il passait sa vie à enseigner, à écrire et à pratiquer ; et ce n’était point l’amour de la gloire ou son intérêt particulier qui lui servaient de motif dans ses travaux, mais le seul bien public. La noblesse de ses vues lui mérita non seulement une réputation conforme à son savoir, mais elle contribua tellement à sa fortune qu’il fut un des plus riches médecins de son temps. On pourrait ajouter un des plus savants, puisqu’il a mérité le nom d’Hippocrate de France ; c’est le plus court mais le plus grand éloge qu’on ait pu faire de lui.


David Teniers le Jeune, Le Chirugien-barbier

Il fut d'abord, comme humaniste, précepteur d'Achille de Harlay. Il fit ses études de médecine sous la houlette de Jacques Houllier et de Jacques Dubois. Nommé au Collège royal en 1568, il y resta 18 ans. Duret avait une mémoire prodigieuse : on disait qu'il savait par cœur toutes les œuvres d'Hippocrate. Il ne jurait d'ailleurs que par lui. Il critiqua en revanche la polypharmacie de la médecine arabe. Il mourut un 22 janvier, après avoir prédit, dit-on, la date de sa mort, comme l'avait fait dix ans plus tôt Jérôme Cardan.


Médecine et savoir au XVIe siècle

Lorsque Duret maria sa fille Catherine à Arnoult de Lisle en 1586, non seulement le roi Henri III honora de sa présence la cérémonie religieuse et le repas de noces, mais encore il fit présent à la jeune mariée de la vaisselle d'or et d'argent du festin. Le roi lui disait que s'il avait eu un fils, il n'aurait pas hésité à le lui confier.

Il eut pour fils Charles Duret, président de Chevry, intendant des finances, et Jean Duret, médecin de Marie de Médicis.


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MessagePosté le: Ven 22 Juin - 08:35 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant



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MessagePosté le: Hier à 07:19 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

23 juin 1848
Insurrection ouvrière à Paris



Barricade à l'entrée du faubourg Saint-Antoine, le 25 juin 1848 - Musée carnavalet

Le 23 juin 1848 éclatent à Paris de violentes émeutes de la faim provoquées par la fermeture des Ateliers nationaux. Leur répression, très brutale, consacre la rupture entre la classe ouvrière et le régime républicain issu des journées révolutionnaires de Février.

Les Ateliers nationaux ont été créés le 28 février par le gouvernement provisoire de la IIe République en vue de procurer aux chômeurs un petit revenu en échange d'un travail symbolique.

L'administration des Ateliers nationaux est confiée à un conservateur, Marie, qui va s'employer à les disqualifier. Tandis que les effectifs employés croissent de 25.000 à près de 120.000, on ne leur confie aucun travail susceptible de concurrencer une entreprise privée. Les bénéficiaires pavent et dépavent les rues en contrepartie d'un franc par jour. Désoeuvrés, ils refont le monde et cultivent qui les idées bonapartistes, qui les idées socialistes.

La Commission décide donc le 20 juin 1848 de supprimer les Ateliers nationaux avec l'espoir d'étouffer ainsi l'agitation ouvrière. C'est le contraire qui se passe. 20.000 ouvriers descendent dans la rue le 23 juin 1848 et forment jusqu'à 400 barricades.


La Barricade de la rue Soufflot – Tableau de Horace Vernet.

Le matin du 23 juin, premier jour de l’émeute, le tocsin effrayait, le rappel de la Garde Nationale battait, les omnibus rapportaient les nouvelles les plus alarmantes sur les premières barricades et sur les fusillades. Chacun se demandait : « que faire ? », « que penser ? ». Tous cherchèrent à prendre le parti qui paraissait être le plus raisonnable. On se replia sur le voisinage. Un liquoriste dans la Cité raconta : « Le 23 [...] comme tout le monde j’étais indécis sur ce que je devais faire et je me consultai avec mes voisins ». Le voisinage créa un espace d’information, de concertation et de solidarité. La femme Chassan dans le quartier de l’Observatoire : « A la barricade de notre porte, tout le quartier était présent, hommes comme femmes, écoutant les uns et les autres et cherchant à savoir où tous ces malheurs nous conduiraient ». On se barricada d’abord pour défendre sa maison, sa rue et pour se protéger.

Les officiers de la Garde Nationale furent les personnages centraux des barricades. Ils cherchèrent à stabiliser la situation, ils prirent leur quartier sous leur responsabilité.


Combats autour du Panthéon, le 24 juin 1848, par Nicolas Edward GABE, XIX° siècle, musée Carnavalet, Paris.

Desteract, capitaine rue de Menilmontant, en fit le récit : « Je me trouvais la seule autorité dans le quartier, et l’on s’adressait à moi pour avoir le nécessaire. Dans ma circonscription, il y avait beaucoup d’individus appartenant aux Ateliers Nationaux qui, ne pouvant se rendre à leurs travaux, étaient sans moyen de subsistance ; beaucoup d’autres personnes ne pouvaient vivre sans mon intervention. J’ai fait alors appel aux propriétaires du voisinage, et je les ai suppliés de venir au secours de ceux qui avaient des besoins. C’est alors que j’ai invité les boulangers à fournir du pain et à cet effet j’ai engagé ma signature ». Beaucoup prirent en charge la distribution des vivres dans les quartiers barricadés. Ils mirent en place un système de bons de fourniture qui permettait de calmer les esprits des hommes des barricades, de rassurer les boutiquiers et d’inciter les propriétaires à la solidarité. Le but était de faire taire les hostilités de voisinage ; beaucoup de pillages furent ainsi évités.

Le général Cavaignac engage une terrible répression, à la mesure de l'effroi qu'éprouvent les bourgeois de l'Assemblée.


Mgr Affre

Monseigneur Denis Affre, archevêque de Paris (55 ans), s'interpose entre les insurgés et la troupe, sur une grosse barricade.

Un crucifix à la main, cet homme d'un naturel timide appelle les frères ennemis à la réconciliation. Les coups de feu s'interrompent. Mais un roulement de tambour réveille les pulsions de mort. Les coups de feu reprennent. L'archevêque s'écroule. Il murmure avant de mourir : «Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis».

Au total, du 23 au 26 juin, trois jours de combats feront 4.000 morts parmi les insurgés et 1.600 parmi les forces de l'ordre.


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MessagePosté le: Hier à 11:09 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant



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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:27 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour

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