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Une petite histoire par jour
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MessagePosté le: Mar 1 Mai - 09:04 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Revue du message précédent :

Ils ont lutté pour que nous en bénéficions !  


Hommage ! 
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MessagePosté le: Mar 1 Mai - 09:04 (2018)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 2 Mai - 07:53 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

2 mai 1832
Révélation de George Sand



Portrait de George Sand par Auguste Charpentier
(1838) coll. Musée de la vie romantique, à Paris.


Le 2 mai 1832, la critique littéraire salue la sortie à Paris d'un roman intitulé Indiana. Tiré à 750 exemplaires, il dresse la critique de la vie bourgeoise sous le règne de Louis-Philippe 1er. Son auteur est un inconnu du nom de George Sand.

Derrière ce pseudonyme se cache une jeune femme de 28 ans au parcours déjà rocambolesque, née le 1er juillet 1804 à Paris sous le nom d'Amantine Aurore Lucile Dupin. Ses parents sont un officier et la fille d'un pauvre cabaretier.


La maison natale d'Aurore Dupin, rue Meslay à Paris.

Elle épouse à 18 ans le baron Dudevant dont elle se séparera en 1836 après une relation orageuse et de multiples liaisons. Un an après le mariage, en 1823, naît un garçon, Maurice. Cinq ans plus tard naît une fille, Solange.

Le pseudonyme George Sand sous lequel Aurore accède à la célébrité littéraire rappelle par ailleurs Jules Sandeau, l'amant avec lequel elle a commencé à écrire.


Le cabinet de travail et la bibliothèque de George Sand, au château de Nohant.


Passionnée et volontiers exubérante, révolutionnaire et républicaine dans l'âme, elle mène en marge de ses travaux d'écriture maints combats politiques et des engagements féministes avant l'heure.

Elle ne craint pas non plus de scandaliser les bonnes âmes en s'affichant en tenue d'homme ou avec un cigare.
Il n'est pas exceptionnel, au XIXe siècle, qu'une femme écrivain prenne un pseudonyme masculin pour écrire, les auteurs femmes étant méprisées. En revanche, George Sand est la seule femme écrivain de son siècle dont les critiques parlaient au masculin et qui était classée non pas parmi les « femmes auteurs », mais parmi les « auteurs », au même rang que Balzac ou Hugo.

La maturité venue, la romancière prend ses distances avec la bourgeoisie louis-philipparde et découvre comme bien d'autres le monde du travail. Elle devient ainsi l'amie du peintre Jean-François Millet, l'auteur de L'Angélus.

Malgré de nombreux détracteurs comme Charles Baudelaire ou Jules Barbey d'Aurevilly, George Sand contribue activement à la vie intellectuelle de son époque, accueillant au domaine de Nohant ou à Palaiseau des personnalités aussi différentes que Franz Liszt, Frédéric Chopin, Marie d'Agoult, Honoré de Balzac, Gustave Flaubert, Eugène Delacroix, conseillant les uns, encourageant les autres. Elle a entretenu une grande amitié avec Victor Hugo par correspondance mais ces deux grandes personnalités ne se sont jamais rencontrées.


Personnages assis, de gauche à droite : Alexandre Dumas, George Sand, Franz Liszt, la comtesse Marie d'Agoult.
Personnages debout : Victor Hugo94, Niccolò Paganini, Gioachino Rossini.


Après les journées révolutionnaires de 1848, elle se retire dans son château de Nohant, au coeur de cette campagne berrichonne qui lui fournit la matière de ses meilleurs romans : La Mare au diable (1846), François le Champi (1847) ou encore La petite Fadette (1849).

Elle écrit vite. Quatre jours lui suffisent par exemple pour écrire La Mare au diable, l'un de ses plus célèbres ouvrages. Mais elle prend ensuite son temps pour relire et corriger son texte.

Après le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte et la fondation du Second Empire, en 1852, elle se tient à l'écart du pouvoir mais conserve l'estime de l'empereur, lui-même connu pour sa fibre sociale.


George Sand vers 1860, par Nadar à Paris.
Collection du Musée d'Orsay.


La « dame de Nohant » meurt dans la sérénité le 8 juin 1876. Passionnée, provocatrice, elle a créé un personnage inédit : la femme libérée.



Jugements sur la femme auteur

Certaines grandes voix du XIXe siècle ont tenu sur George Sand des propos d’une grande virulence :

Charles Baudelaire, dans Mon Cœur mis à nu : « […] Elle n'a jamais été artiste. Elle a le fameux style coulant, cher aux bourgeois. Elle est bête, elle est lourde, elle est bavarde ; elle a dans les idées morales la même profondeur de jugement et la même délicatesse de sentiment que les concierges et les filles entretenues ». Il ajoute, non sur l'auteur, cette fois, mais sur la femme : « Que quelques hommes aient pu s'amouracher de cette latrine, c'est bien la preuve de l'abaissement des hommes de ce siècle ».

Edmond de Goncourt, à propos de La Mare au diable : le diariste en août 1857, voit la preuve irréfutable que « les femmes ont le génie du faux ». Le 8 décembre 1893, dans un accès de misogynie, il écrit : « […] Si on avait fait l’autopsie des femmes ayant un talent original, comme Mme Sand, Mme Viardot, etc… on trouverait chez elles des parties génitales se rapprochant de l’homme, des clitoris un peu parents de nos verges ».

Dans Une Chambre à soi, l'auteur Virginia Woolf la cite au côté de George Eliot, comme un exemple regrettable de ces femmes auteurs, prisonnières des conventions sociales, qui firent le choix d’adopter un nom de plume masculin .

Hommages

Honoré de Balzac l'a transposée dans le personnage de Félicité des Touches, « l'illustre écrivain qui fume le narghilé », dans son roman Béatrix.

Victor Hugo a déclaré le 8 juin 1876 : « Je pleure une morte, je salue une immortelle ! ». Dans l'éloge funèbre qu'il lui consacre, et qui fut lu par Paul Meurice, il écrit : « Dans ce siècle qui a pour loi d'achever la Révolution française et de commencer la Révolution humaine, l'égalité des sexes faisant partie de l'égalité des hommes, il fallait une forte femme ».

Fiodor Dostoïevski dans son Journal d'un écrivain en juin 1876 : « Les femmes de l’univers entier doivent à présent porter le deuil de George Sand, parce que l’un des plus nobles représentants du sexe féminin est mort, parce qu’elle fut une femme d’une force d’esprit et d’un talent presque inouïs. Son nom, dès à présent, devient historique, et c’est un nom que l’on n’a pas le droit d’oublier, qui ne disparaîtra jamais ».

Ernest Renan écrit au lendemain de la disparition de George Sand : « Une corde est brisée dans la lyre du siècle […] Madame Sand traversa tous les rêves ; elle sourit à tous, crut un moment à tous ; son jugement pratique put parfois s'égarer, mais comme artiste, elle ne s'est jamais trompée. Ses œuvres sont vraiment l'écho de notre siècle ».

Le poète américain Walt Whitman déclare, lors d'entretiens publiés en 1898, qu'il place George Sand parmi ses auteurs favoris, et qu’il admire tout particulièrement Consuelo. Il ajoute qu’il tient les héroïnes de l'auteur français pour supérieures à celles de Shakespeare. Quant aux reproches sur sa moralité, ils n'ont, selon lui, pas de sens chez une artiste à la recherche de la liberté et de la vérité, et que les bien-pensants agaçaient.

George Sand inspire deux poèmes à la poétesse anglaise Elizabeth Browning. Le premier intitulé, To George Sand : A Desire, débute par ces vers : « Toi femme de grand esprit et homme de grand cœur / Qui se donna le nom de George Sand ! ». Dans le second, To George Sand : A Recognition, elle la reconnaît comme « Vrai génie, mais vraie femme ».

Lorsque Thomas Hardy demande au rédacteur de la revue littéraire le Cornhill Magazine des conseils de lectures profitables, celui-ci lui conseille entre autres, George Sand. Ses « histoires de vie campagnarde me semblent parfaites », lui écrit-il, et « présentent une certaine parenté avec les vôtres. La dernière que j'ai lue était Les Maîtres sonneurs que je vous recommande pour leur quasi-perfection ».



Tombeau de George Sand.
Domaine du château de Nohant.


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MessagePosté le: Mer 2 Mai - 08:20 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Ah , mon premier " j'ai lu"  était << la mare au diable >>  ......Plus "instruit" je me suis intéressé à ses correspondances coquines avec qui vous savez ....

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MessagePosté le: Jeu 3 Mai - 07:08 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

3 mai 1968
« Mai 68 » débute à la Sorbonne



« Il est interdit d'interdire ! »
(slogan emblématique de l'époque).


Le 3 mai 1968, à Paris, la police évacue 500 étudiants qui occupaient la vénérable faculté de la Sorbonne. Le commissaire procède à des contrôles d'identité et embarque plusieurs étudiants au poste. Aussitôt éclatent des manifestations dans tout le Quartier Latin, au cri de «Libérez nos camarades !» Des barricades font leur apparition.

C'est le début des «Événements de Mai-68», qui combinent l'agitation étudiante, un mouvement social de très grande ampleur et l'opposition politique au régime gaulliste qui célèbre le 13 mai son dixième anniversaire.


Daniel Cohn-Bendit en 1968.

L'étincelle
Dès le début de l'année 1968, à Paris comme à Rome et surtout sur les campus américains, les étudiants dénoncent vivement l'engagement américain au Viêt-nam...
Le 22 mars 1968, suite à l'arrestation à Paris de six des leurs, 142 étudiants constituent un mouvement de soutien connu sous le nom de Mouvement du 22 mars. Plusieurs, parmi lesquels un certain Daniel Cohn-Bendit, sont traduits devant le Conseil de l'Université de Paris.
Une manifestation de soutien est programmée le 3 mai à la Sorbonne. Le recteur, qui craint une provocation de l'extrême-droite, demande à la police d'évacuer les lieux. L'affaire va dégénérer... Pendant ce temps, le pays baigne dans le calme le plus complet. Le 2 mai, le Premier ministre Georges Pompidou est parti pour un voyage officiel de dix jours en Iran et en Afghanistan...


La liberté est le crime qui contient tous les crimes.
C'est notre arme absolue !,
sur un mur de La Sorbonne en Mai 68.


La conflagration
Une semaine plus tard, le 10 mai, les étudiants manifestent à nouveau en masse pour exiger l'«évacuation» de la Sorbonne et la «libération» de quatre de leurs camarades. En soirée ont lieu les premiers heurts entre la police et les manifestants. On compte de nombreux blessés dans les deux camps mais, fort heureusement, aucun décès.
Les syndicats appellent à une journée de grève générale pour le lundi suivant, le 13 mai. La Ve République, née dix ans plus tôt à la faveur du vrai-faux coup d'État d'Alger, vacille sur ses bases et l'on entend les cris de «Dix ans, ça suffit !». Commence alors la plus grande grève jamais vue en France (8 millions de grévistes). Pendant ce temps, comme si de rien n'était, le président Charles de Gaulle part en voyage officiel en Roumanie...


Des travailleurs en grève devant leur usine occupée en juin.

L'apaisement
Au grand dam des étudiants, les syndicats vont négocier pour leur compte la sortie de crise avec Georges Pompidou. C'est ainsi que sont signés les accords de Grenelle (la rue de Grenelle abrite l'hôtel Matignon, résidence du Premier ministre). Le gouvernement entérine une augmentation générale de 10% des salaires. Le SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti, remplacé plus tard par le SMIC, salaire minimum interprofessionnel de croissance) est, lui, augmenté de 35%, ce qui le porte à... 500 francs par mois (environ 75 euros).
Le 30 mai, de Gaulle, après quelques jours de flottement, annonce à la radio la dissolution de l'Assemblée nationale. Le jour même, un demi-million de personnes remontent les Champs-Élysées en signe de soutien enthousiaste au régime gaulliste. Fin juin, le frisson rétrospectif amène à l'Assemblée nationale une écrasante majorité de droite.


Manifestation du 6 mai 1968
Rue st Jacques à Paris



Herodote


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MessagePosté le: Jeu 3 Mai - 10:29 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

On n'entend plus parler de lui au parlement européen !

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MessagePosté le: Ven 4 Mai - 08:16 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

4 mai 1897
Incendie du Bazar de la Charité




Une voyante qui prédit un drame, des femmes qui se transforment en torches vivantes et des dandys qui se fraient un chemin à coups de canne parmi les corps gisants qui s’amoncellent… Bienvenue au Bazar de la Charité !


Henriette Couë‘don, dans son cabinet de la Rue Paradis.
Gravure de l’Illustration avril 1897


C’est dans ce tout nouveau lieu dédié aux bienfaisances mondaines que la comtesse de Maillé, alors à la tête des cercles catholiques d’ouvriers, choisit d’organiser une vente d’objets au profit des plus démunis. En amont de l’événement, le 21 mars 1897, elle tient chez elle une réception afin de récolter l’obole du gotha du Tout-Paris.Pour animer cette soirée, elle convie également la célèbre voyante de la rue de Paradis, Henriette Couëdon. Mais voilà que pendant la soirée, Henriette entre en une sorte de transe et déclare : « Près des Champs-Élysées, je vois un endroit pas élevé, qui n’est pas pour la pitié, mais qui en est approché dans un but de charité qui n’est pas la vérité. Je vois le feu s’élever et les gens hurler. Des chairs grillées, des corps calcinés. J’en vois comme par pelletées... » (Le Gaulois du 15 mai 1897). Ah, elle savait mettre l’ambiance Henriette !


Vue d'ensemble du Bazar de la Charité avant l'installation des comptoirs.

Souffrance et soumission sont les maîtres mots. On apprends aux jeunes filles à tenir leur rang, à être gentilles et polies. Rappelez-vous, Les Malheurs de Sophie de la comtesse de Ségur, publié en 1858 et lu par un grand nombre de petites filles de la bourgeoisie. Les mésaventures de Sophie sont dues à son incapacité à se contrôler, son comportement transgressif, sa sauvagerie. Non, le rôle de la femme de l’élite, c’est de suivre la morale chrétienne et d’accomplir son devoir de charité envers les pauvres. En effet, par peur des révoltes des classes populaires, et face aux troubles occasionnés par les mouvements ouvriers, la haute société tente de maintenir une paix sociale en se distinguant par sa philanthropie. Se développe ainsi une sorte d’hypocrisie de la bienfaisance


Reconstitution d'une rue du « vieux Paris ». D'anciens décors de théâtre sont pour l'occasion réutilisés.
L'enseigne au premier-plan porte le nom d'« À la truie qui file ».
Photos parues originellement dans L'Illustration.

Le 4 mai 1897, comme les années précédentes, le Bazar de la Charité ouvre ses portes dans une halle somptueusement décorée pour la circonstance (échoppes médiévales en carton-pâte, vélum,...), au 17, rue Goujon, près des Champs-Élysées, à Paris.
Des dames de la bonne société vendent divers objets pour les bonnes oeuvres. La plus remarquée de toutes est la duchesse d'Alençon, soeur de l'impératrice d'Autriche « Sissi ». Une salle de cinéma a été installée pour divertir les 1200 invités. C'est là que vers 16 heures, des vapeurs d'éther s'enflamment.


La duchesse d'Alençon, victime de l'incendie.

Au fond du Bazar, on avait également installé sous un appentis en planche un cinématographe des Frères Lumières. Ah, le cinéma ! Depuis la naissance du cinématographe, deux ans auparavant, plus aucunes festivités mondaines ne se passait sans la présence d’un de ces appareils à projection animées destinés à subjuguer et divertir les foules. Pour seulement cinquante centimes, les invités de la vente de charité allaient pouvoir assister à la projection de La sortie des usines Lumière à Lyon, L’arrivée du train en gare de La Ciotat et L’arroseur arrosé. Quelle aubaine !


Fuite par la lucarne de l'Hôtel du Palais.
Illustration tirée du Supplément illustré du Petit Journal du 16 mai 1897.


Vers quatre heures de l’après-midi, quelques minutes après le départ du Nonce apostolique venu bénir les lieux et tandis que la fête battait son plein, Bellac, le projectionniste s’apprête tranquillement à changer une bobine de film. L’éclairage servant à projeter l’image sur la toile était fourni par une lumière oxyéthérique (utilisant l’oxygène et l’éther), un chalumeau-securitas dit aussi multi-saturateur, de la marque SECURITAS !. Cette lanterne à éther dont la marque garantit une sécurité à tout épreuve est quasiment vide, il faut la remplir à nouveau. Bellac n’y voit pas très clair dans l’obscurité de la cabine et demande à son jeune assistant de l’éclairer.


Reconnaissance des victimes au Palais de l'Industrie.
Illustration tirée du Supplément littéraire illustré du Petit Parisien du 16 mai 1897.


Le bougre craque une allumette suédoise au milieu des vapeurs d’éther et le ruban de Celluloïd sorti hors de la bobine s’embrase en un éclair. Immédiatement, « le Bazar tout entier, fait de planches et de sapin, de toile goudronnée, de tentures, fut la proie des flammes ». Les flammes courent le long des boiseries et des débris incandescents s’abattent sur la foule en panique qui aussitôt « se rua aux portes mêmes qu’on savait condamnées, mais qu’on espérait forcer : malheureusement, elles résistèrent à la poussée et devant elles, au milieu des cris et des flammes, on s’écrasa, se piétina, et un amoncellement de corps se fit, tandis que le Bazar tout entier n’était plus, en un instant, qu’un immense brasier, qui, six minutes plus tard, s’éteignait de lui-même après avoir tout détruit ». Imaginez, le choc !


Le lendemain du sinistre. Photo parue à l'origine dans Le Monde illustré. L'incendie a tout dévasté.

Le journaliste du Figaro qui arrive sur les lieux quelques minutes après le drame raconte : « On vit un spectacle inoubliable dans cet immense cadre de feu formé par l’ensemble du bazar, où tout brûle à la fois, boutiques, cloisons, planchers et façades, des hommes, des femmes, des enfants se tordent, poussant des hurlements de damnés, essayant en vain de trouver une issue, puis flambent à leur tour et retombent au monceau toujours grossissant de cadavres calcinés » (Figaro, 5 mai 1897). Parmi les nombreuses victimes, se trouvaient « les plus grands noms de l’aristocratie française et de la haute société parisienne, parmi lesquels ceux de la duchesse d’Alençon, sœur de l’Impératrice d’Autriche; de la comtesse d’Hunolstein, sœur du douzième duc d’Uzès ; de la Marquise Maison, sœur du baron de Mackau, président du comité d’organisation du Bazar ; de la baronne de Vatimesnil, belle-soeur de la précédente ; de la baronne de Laumont ; de la générale Warnet ; de la générale Chevals ; de Madame de Carayon-La-Tour ; des deux filles du Comte de Chevilly ; du général Munier ; de Madame Jacques Haussmann et de cent autres ».


Madame Isabelle de Lassus
épouse de Carayon-La-Tour


Après la bousculade, on comptera 160 victimes brûlées vives dans des conditions atroces, essentiellement des femmes de la haute société que leur robes ont gênées dans leur fuite. Parmi elles la duchesse d'Alençon, qui n'avait pas voulu laisser derrière elle les jeunes filles de son entourage. Le pays est frappé de stupeur. Un service funèbre est célébré à Notre-Dame le 8 mai, en présence du président Félix Faure.


Reconnaissance des corps au Palais de l’Industrie

Les cadavres calcinés sont ramassés à la pelle (souvenez-vous de la prophétie d’Henriette), et l’on constate que sur les 124 victimes il y eu 118 femmes et 6 hommes, selon le site officiel de l’association Mémorial du Bazar de la Charité et Le Petit Journal. Ces quelques victimes masculines ce sont des vieillards, un groom de 14 ans et un médecin volontaire, le docteur Feulard, « qui, après avoir sauvé sa femme, puis deux religieuses, rentra une troisième fois dans la fournaise pour y chercher son enfant » et n’en ressortira jamais… Mais attendez, 118 femmes et 6 hommes ! Que s’est t-il passé dans ce Bazar et comment expliquer cette hécatombe quasi exclusivement féminine ?

Le journal Le Matin rapporte également que « les femmes ont brûlé comme des brebis dans la bergerie, toutes serrées les unes contre les autres… Quant aux hommes, je préférerais n’en pas parler : ils ont été au-dessous de tout. Et, cependant, une vingtaine d’hommes de résolution et de sang-froid auraient pu conjurer le désastre. La plupart ont pris la fuite, et qui sait si ce n’est pas eux qui ont foulé aux pieds les malheureuses femmes qu’on a retrouvées, écrasées, aux portes des sorties ? ».



D’un point de vue vestimentaire à la fin du XIXe siècle,
hommes et femmes ne sont pas sur un pied d’égalité en matière de survie en milieu hostile…


Piégées dans leurs longues et imposantes robes bouffantes (imprégnées de glycérine pour gagner en volume), les femmes ont été la proie des flammes. Les cols de dentelles, le satin et l’organdi s’embrasent si facilement ! Accourant terrorisées vers les portes de sortie, elles s’y sont amoncelées, incapables de se dépêtrer dans leurs jupons elles finissent par en bloquer l’accès. Les hommes, ces banquiers et hommes d’affaires, voulant eux aussi sauver leur peau tentent de les enjamber pour fuir, mais elles s’agrippent et hurlent à l’aide. Dans la panique, l’évacuation se transforme en un tragique « chacun pour soi », la bousculade est d’une violence inouïe.

Ainsi, on parle de femmes rescapées de l’incendie mais « victimes de la brutalité, de la lâcheté masculines. Car des hommes ont frappé pour se faire faire place » ! Une religieuse raconte : « Des messieurs m’ont jetée à terre, foulée aux pieds. Ils abattaient des dames à coups de poings, pour fuir plus vite. C’est une jeune-fille qui m’a sauvée ». Et l’article de conclure dramatiquement : « l’on a trouvé sur le terrain, parmi les pièces à conviction, des cannes auxquelles adhèrent, par du sang coagulé, des cheveux, de longs cheveux de femmes… ».



Les cadavres retirés des décombres. Supplément illustré du Petit Journal du 16 mai 1897.


« Qu’ont fait les hommes ? », c’est le titre de la Une de L’Écho de Paris du 14 mai 1897 rédigée par la journaliste féministe Séverine et dans laquelle elle s’insurge que « parmi ces hommes (ils étaient environ deux cents), on en cite deux qui furent admirables et jusqu’à dix en tout qui firent leur devoir. Le reste détala, non seulement ne sauvant personne, mais encore se frayant un passage dans la chair féminine, à coups de pieds, à coups de poings, à coups de talons, à coups de canne». C’est pas joli-joli tout ça… !

Aussitôt la sanction tombe! La presse ridiculise alors ces « chevaliers de la Pétoche », ces « marquis de l’Escampette » et autres « sires de Fiche-ton-camp ». On raille ces « hommes qui ont manqué de sang-froid, sinon de courage, et dont toute l’énergie s’est manifestée par une fuite dont ils porteront éternellement la honte. Les noms de ces chevaliers félons circulent de bouche en bouche » condamne encore Le Matin.

Mais ce n’est certainement pas une telle témérité qui a animé le baron Mackau, l’un des principaux organisateurs de l’événement, qui fait bien entendu parti des survivants. Il recevra le lendemain du drame un courrier du père d’une victime, anéanti de douleur, lui déclarant : « Je regrette, monsieur, qu’en qualité d’ancien officier de marine, je sois obligé de vous rappeler que le commandant doit quitter son bord le dernier ».





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MessagePosté le: Ven 4 Mai - 09:43 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant



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MessagePosté le: Ven 4 Mai - 15:40 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant



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MessagePosté le: Sam 5 Mai - 07:48 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

5 mai 1821
Mort de Napoléon

(D’après « Vie politique et militaire de Napoléon » Tome 4
(par Antoine-Vincent Arnault), paru en 1827)



Napoléon dans son cabinet de travail,
par Jacques-Louis David


Dès l’année 1818, la santé de Napoléon avait éprouvé une altération notable, quand lord Bathurst ordonna le renvoi du docteur O’Méara, le seul Anglais auquel l’illustre captif ait accordé sa confiance. Cet honnête homme s’en était montré digne en refusant de trahir celui qui le payait pour le guérir, et de faire l’espionnage sous l’habit de médecin.
Un an après le départ du docteur O’Méara, le docteur Automarchi, envoyé auprès de Napoléon par sa respectable mère, vint prendre la direction de sa santé ; mais le mal avait empiré. Les soins de ce médecin, aussi zélé qu’éclairé, adoucirent les souffrances de son malade, et n’en purent détruire la cause. Le séjour de Napoléon à Sainte-Hélène était sa véritable maladie : au commencement de 1821, elle prit un caractère plus alarmant.


Mort de Napoléon, tableau de Charles de Steuben (vers 1828).


Aux symptômes d’après lesquels on avait regardé le foie comme le siège de son mal, s’en joignirent d’autres qui prouvèrent qu’en lui l’estomac aussi était vivement attaqué. Le père de Napoléon avait été emporté par un cancer au pylore. Napoléon reconnut qu’il était atteint de la même affection, et qu’elle était incurable. « Vous amusez la douleur, et la mort la termine : je m’éteins ; mon heure est sonnée », disait-il à son médecin (16 novembre 1820).
Le 6 mars 1821 : « Que vous en semble, docteur ? N’est-ce pas une bataille perdue ? » disait-il au même médecin ; et repoussant les remèdes : « Je ne m’abuse plus : la vie m’échappe ; je le sens ; c’est pour cela que je renonce aux médicaments : je veux mourir de maladie, entendez-vous ? »

Loin de participer à l’affaiblissement de son corps, son esprit avait plus d’étendue, plus de vivacité, plus d’énergie que jamais. Dans ses conversations, qui roulaient toutes sur des matières graves, il discutait avec une égale supériorité les questions les plus ardues de la philosophie et de la politique ; et par l’exactitude avec laquelle il racontait dans leurs moindres détails les faits qui s’étaient accomplis sous son commandement, il prouvait que sa mémoire n’était pas plus altérée que ses autres facultés intellectuelles ; il se complaisait à mêler à ses récits l’éloge de ses compagnons d’armes, et il n’en parlait pas sans exaltation.
Ses réflexions prenaient quelquefois aussi une teinte de mélancolie : sa sensibilité se manifestait pour des objets qui autrefois n’eussent pas obtenu son attention. Mais à cela seulement se borna l’influence de sa santé sur son moral. Le discours qu’il prononça peu de jours avant de mourir constate que Napoléon ne fut pas un seul moment au-dessous de lui-même.


Napoléon sur son lit de mort (par Horace Vernet)

Le 15 avril, il avait fait son testament. Le 3 mai, les exécuteurs de ses dernières volontés étant réunis autour de son lit : « Je vais mourir, leur dit-il ; vous allez repasser en Europe. Je vous dois quelques conseils sur la conduite que vous aurez à tenir. Vous avez partagé mon exil : vous serez fidèles à ma mémoire : vous ne ferez rien qui puisse la blesser. J’ai sanctionné les principes : je les ai infusés dans mes lois, dans mes actes ; il n’y en a pas un seul que je n’aie consacré. Malheureusement les circonstances étaient sévères, j’ai été obligé de sévir et d’ajourner. Les revers sont venus : je n’ai pu débander l’arc, et la France a été privée des institutions que je lui destinais. Elle me juge avec indulgence ; elle me tient compte de mes intentions ; elle chérit mon nom, mes victoires. Imitez-la. Soyez fidèles aux opinions que nous avons défendues, à la gloire que nous avons acquise. Hors de là il n’y a que honte et confusion. »


Testament de Napoléon Ier, conservé aux Archives nationales.

France..., tête..., armée... sont les derniers mots qu’ait articulés Napoléon. Ils indiquent assez quelles pensées le dominaient encore à son dernier moment. Napoléon expira le 5 mai à six heures du soir. Il était âgé de cinquante et un ans et neuf mois. Son corps fut ouvert. On reconnut qu’il avait succombé à deux maladies : un ulcère à l’estomac et une affection au foie. La dernière était produite par le climat qui avait aggravé l’autre. Napoléon ne calomnia donc pas le gouvernement anglais, en lui léguant l’opprobre de sa mort.


Tombe de Napoléon à Sainte-Hélène

Napoléon fut exposé dans une chapelle ardente. Comme dans un jour de bataille, il était revêtu de l’uniforme de la garde impériale , décoré des ordres de la Légion d’honneur et de la Couronne de Fer, botté, éperonné, armé de son épée et coiffé de ce chapeau dont la forme particulière le rappelait tout entier, et qui avait servi si longtemps de signe de ralliement aux premiers soldats du monde. Conformément à sa volonté expresse, son aumônier, l’abbé Vignali, qui lui avait administré les secours de la religion, récitait des prières à son chevet. « Je crois en Dieu, lui avait dit le mourant en prescrivant le cérémonial, je suis de la religion de mon père. N’est pas athée qui veut. »


Tombeau de Napoléon aux Invalides.

L'intoxication à l'arsenic
Dans les laboratoires ChemTox de Strasbourg, trois séries d'investigations furent réalisées par le Dr Kintz sur cinq mèches de cheveux divers, provenant toutes de différentes collections répandues de par le monde
Les résultats de ces analyses furent exposés en détail par le Dr Kintz le 2 juin 2005, à Illkirch-Graffenstaden près de Strasbourg. Dans sa conclusion, le Dr Kintz témoigne : « Dans tous les échantillons de cheveux de l’Empereur, l’ICP-MS a mis en évidence des concentrations massives, concentrations compatibles avec une intoxication chronique par de l’arsenic minéral très toxique. Nous sommes sans ambiguïté sur la piste d’une intoxication criminelle. »


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MessagePosté le: Sam 5 Mai - 09:04 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Qui l'aurait intoxiqué ?

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MessagePosté le: Dim 6 Mai - 06:45 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Bonjour en cette matinée du dimanche


Bon petit dej. Si vous êtes à table quant à moi je me retourne sous ma couette car il fait frisquet




Au plaisir de vous lire mes amies is dans vos discussions


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MessagePosté le: Dim 6 Mai - 08:25 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

6 mai 1937
L'incendie du zeppelin Hindenburg



Le Hindenburg à Berlin en 1936.

Le 6 mai 1937, le Zeppelin Hindenburg, un dirigeable à coque rigide, s'enflamme à son arrivée sur l'aéroport de Lakehurst, près de New-York, après une traversée paisible et confortable de l'Atlantique en deux jours, au départ de Francfort.

Sa coque prend feu en touchant le mât d'amarrage, peut-être sous l'effet d'orages électriques.



L'incendie se propage en quelques minutes aux flancs de 245 mètres de long, remplis de 200 000 m3 d'hydrogène (du fait d'un embargo des États-Unis frappant l'Allemagne nazie, l'exploitant du dirigeable avait dû utiliser l'hydrogène à la place de l'hélium, un gaz inerte et non inflammable).

Dans la nacelle placée sous la coque, c'est l'affolement. Sur les 97 personnes, passagers et hommes d'équipage, 35 périssent dans des conditions dramatiques sous l'oeil des caméras mobilisées pour cet événement que l'on espérait festif et mondain.



Le Zeppelin LZ 129 Hindenburg (du nom de l'ancien président de l'Allemagne) en était à son 63e vol commercial et à sa vingtième traversée de l'Atlantique.
Dix mois plus tôt, il avait survolé fièrement le Stade olympique de Berlin le jour de l'ouverture des JO, le 1er août 1936.

Une filière prometteuse

Le premier engin de cette sorte avait été lancé sur le lac de Constance par un général à la retraite de 62 ans, le comte allemand Ferdinand von Zeppelin, le 2 juillet 1900.
L'inventeur et son successeur Hugo Eckener développèrent avec succès la série des Luftschiff Zeppelin (LZ). Plus d'une centaine étaient déjà en exploitation en 1935, dont le célèbre Graf Zeppelin, le plus grand jamais construit. Cette année-là, leur société Luftschiffbau Zeppelin GmbH était nationalisée par le gouvernement nazi.


La salle à manger reconstituée..

Le voyage s'est déroulé sans incident particulier, mais l'atterrissage est retardé par un orage. Quelque 200 manœuvres – marins et ouvriers – s'apprêtent à l'amarrer. Un incendie éclate à la poupe du dirigeable, rapidement alimenté par le dihydrogène. L'aéronef perd son stabilisateur horizontal et s'écrase au sol en 34 secondes. Le brasier est nourri par le carburant diesel des moteurs. Il y avait 97 personnes à bord, dont 61 membres d'équipage et 36 passagers. L'accident fait 35 morts, dont 21 membres d'équipage, 1 membre du personnel au sol et 13 passagers. C'est le premier accident majeur d'un dirigeable allemand depuis la Première Guerre mondiale.


Vue du LZ 129 Hindenburg en 1936.

L'accident de Lakehurst met fin à l'exploitation des dirigeables commerciaux, une filière pourtant prometteuse pour le transport de passagers et de charges lourdes à moyenne et longue distance.
La Seconde Guerre mondiale allait consacrer le triomphe sans partage de l'aviation, tant sur les lignes commerciales que dans les emplois militaires. En ce début du XXIe siècle, toutefois, d'aucuns évoquent le recours aux dirigeables, une technologie qui présente des avantages énergétiques pour le transport des charges lourdes...


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MessagePosté le: Dim 6 Mai - 08:28 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

T.Admin. a écrit:
Qui l'aurait intoxiqué ?


Les Anglais vraisemblablement qui l'avaient emprisonné sur l'île de Ste Hélène.


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MessagePosté le: Dim 6 Mai - 08:33 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

 Opaline !

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MessagePosté le: Lun 7 Mai - 07:55 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

7 mai 2010
Homo sapiens convole avec Néandertal



Svante Pääbo et son équipe à l'institut Max Plank

Dans une étude publiée par la revue Science le 7 mai 2010, une équipe internationale de généticiens a révélé que des croisements ont eu lieu au Proche-Orient entre les hommes de Néandertal et des Homo sapiens venus d'Afrique.
 Des croisements ont aussi eu lieu entre Homo sapiens et un  cousin de Néandertal, l'homme de Denisova (Sibérie). Il en résulte que  les Européens, les Asiatiques et les Océaniens seraient tous porteurs de  gènes néandertaliens ou dénisoviens. Les Africains (Khoisans et Bantous) en seraient quant à eux exempts du fait d'un lien exclusif avec Homo sapiens, l'ancêtre commun de toute l'humanité (*).
 En parvenant ainsi à mesurer les flux de gènes à des dates très  reculées, l'équipe conduite par le Suédois Svante Pääbo ouvre ainsi de  nouvelles voies de recherche aux préhistoriens.


Cro-magnon  
                           L'original est maintenant exposé
au Musée de l'homme à Paris.


 Un aventurier de la recherche
En 1997, Svante Pääbo prend la direction du tout nouveau département  de génétique 
de l’Institut Max-Planck d’anthropologie 
évolutionniste à  Leipzig, en Allemagne, qui travaille sur le décryptage du génome  humain. En 2006, grâce à un budget conséquent, l'équipe lance le programme de séquençage de Néandertal et décrypter son ADN (acide désoxyribonucléique).
 Les premiers résultats tombent au bout de quatre ans avec en premier lieu, l'identification d'une nouvelle espèce du genre Homo à partir de minuscules ossements découverts dans la grotte de Denisova, dans l'Altaï (Sibérie du sud).
 Cet homme de Denisova, sur lequel on n'a pas plus d'informations, descendrait d'un ancêtre commun avec  Homo neanderthalensis et Homo sapiens, il y a un million d'années. À une date plus récente, il se serait uni avec son lointain cousin sapiens   venu d'Afrique de sorte qu'une petite partie de ses gènes se  retrouverait aujourd'hui encore chez les Asiatiques et les Aborigènes  d'Océanie.  


Un enfant de Néandertal, différent des humains... mais si peu.
Cette reconstitution est une dermoplastie réalisée par Elisabeth Daynès.  
On peut retrouver l'Homme de Néandertal à La Chapelle-aux-Saints,
en  Corrèze, lieu de la découverte d'un squelette complet en 1908.
Il s'y  trouve un musée de l'Homme de Néandertal, dynamique et instructif.
 © Philippe Plailly                    

 
 Les amours fécondes de Cro-Magnon et Néandertal

 Enfin vient la publication dans Science des résultats concernant Néandertal. L'équipe de Leipzig met en évidence des croisements entre Néandertal et Homo sapiens, preuve que les deux groupes étaient interféconds.
 Ces croisements ont pu avoir lieu au Proche-Orient, il y a environ  70 000 à 80 000 ans, quand des groupes de Néandertaliens sont arrivés  d'Europe. Si l'on en croit les scénarios des généticiens de Munich,  ils y ont rencontré les Homo sapiens archaïques arrivés il y 150 000 ans environ, en provenance d’Afrique.

 En nombre très restreint - quelques dizaines ou centaines de milliers  au maximum, les uns et les autres ont cohabité pendant environ trente  mille ans sur cet espace en partageant les mêmes techniques de type moustérien (d'après le site néandertalien du Moustier, en Dordogne). Et plus si affinités.


Répartition de l'Homme de  Néandertal en Europe (bleu),
au Moyen-Orient (orange), en Asie centrale  (vert),
et dans l'Altaï (violet)


 Des croisements initiaux entre Homo sapiens et Néandertal  résulterait donc la présence de 1 à 4% de gènes issus de Neanderthal  dans le génome des Européens et des Asiatiques actuels, voire 6% chez  les Papous d'Océanie ! Comme ce ne sont pas les mêmes gènes  neanderthaliens qui se retrouvent d'un individu à l'autre, nous  perpétuerions au total environ 30% du patrimoine génétique de  Neanderthal ! Ces découvertes donnent à penser que Neanderthal et Homo sapiens ne seraient pas à proprement parler des espèces différentes. Il faudrait alors ne plus parler d'Homo neanderthalensis mais d'Homo sapiens neanderthalensis !


L'évolution de l'homme :-)


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MessagePosté le: Lun 7 Mai - 08:44 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Intéressant !

Opaline : néandertalienne ou dénisovienne

Sabrina et Tifan : homo sapiens

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MessagePosté le: Lun 7 Mai - 09:43 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Bine que née en Algérie, mes grands parents maternels étaient italiens et les paternels français
Pas trop homo sapiens, encore qu'on ne sait jamais...Il y a eu pas mal d'invasions arabes en Italie et particulièrement à Procida, l'île de mon grand père

Double clic pour l'image en grand format


Procida


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MessagePosté le: Lun 7 Mai - 10:34 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

je me disais ......pour être aussi conviviale !

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MessagePosté le: Lun 7 Mai - 14:18 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant



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MessagePosté le: Mar 8 Mai - 07:17 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

8 mai 1842
Premier accident de chemin de fer



Représentation de la catastrophe d'après une illustration de 1842.

Le 8 mai 1842, sous le règne de Louis-Philippe 1er, se produit le premier accident grave de l'histoire du chemin de fer : 55 morts.

Le drame survient à Meudon, sur la ligne Paris-Versailles, dans un train qui ramène des Parisiens venus passer la journée à Versailles pour le spectacle des grandes eaux. Les dix-huit voitures en bois déraillent et prennent feu. Les voyageurs succombent sans pouvoir sortir des compartiments, fermés à clé de l'extérieur selon l'usage de l'époque. Parmi les victimes figurent le navigateur Dumont d'Urville, découvreur de la terre Adélie, ainsi que sa femme et son fils.


Catastrophe ferroviaire entre Versailles et Bellevue le 8 mai 1842,
peinture d'A. Provost (1834-1855)


Le feu embrase rapidement les cinq voitures. Quarante-trois personnes périssent brûlées dans l'accident et neuf mourront de leurs blessures les jours suivants. Il y a une centaine de blessés graves. D'autres sources plus tardives évoqueront plus de 200 morts.

Malgré son caractère spectaculaire et inédit, le drame ne remet pas en cause la confiance de l'opinion publique dans le progrès technique. «Plaignons les victimes et marchons [sous-entendu : continuons d'aller de l'avant] !» déclare en guise d'épitaphe le député et poète Alphonse de Lamartine à la tribune de l'Assemblée législative, au lendemain de la catastrophe.


La chapelle Notre-Dame-des-Flammes,
érigée en mémoire des victimes.


Au début des années 1840, l'ingénieur écossais William Rankine (1820-1872) avait commencé à examiner les faciès de rupture d'essieux brisés lors de l'accident, montrant que le mode de rupture n'était pas lié à une fragilité des matériaux employés mais à un mode de défaillance aujourd'hui connu comme mode de rupture par fatigue. À l'époque, il y avait beaucoup de confusion au sujet du problème. Sa théorie sera contestée plusieurs années par les partisans d'une théorie opposée et erronée autour du mythe d'une hypothétique « re-cristallisation », affaiblissant le matériau par application d'un champ de contrainte.

L'accident avait pour origine la rupture des deux fusées d'un des essieux de la locomotive accidentée.
 


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MessagePosté le: Mar 8 Mai - 09:18 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant



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MessagePosté le: Mar 8 Mai - 13:33 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Bonjour


Chez nous le printemps tarde à venir et c est la grisaille .


Sinon c est le train train quotidien à part que ma bagnole me manque cela fait 10 j  que elle est chez !e mécanicien dure dure je ne peux m en passer




Passez un bel après midi même si le temps n est pas au top
 


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MessagePosté le: Jeu 10 Mai - 06:31 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

10 mai 1933
« Autodafé rituel des écrits juifs nuisibles »


Autodafé, Opernplatz à Berlin, le 10 mai 1933

Le 10 mai 1933 au soir, à Berlin, des étudiants nazis escortent, en brandissant des flambeaux, deux camions de livres de la porte de Brandebourg jusqu'à la place de l'Opéra, ou Franz-Josef Platz, face à l'université de Berlin.

Là, en dépit d'une pluie battante, ils déchargent le contenu des camions et organisent un « autodafé rituel des écrits juifs nuisibles ». 20.000 livres sont brûlés. Parmi les auteurs voués au feu figurent Heinrich Heine, Karl Marx, Sigmund Freud, Albert Einstein, Franz Kafka, Stefan Zweig, Felix Mendelssohn-Bartholdy.

Présent sur place, Joseph Goebbels, ministre de la Propagande du Reich, dénonce dans un discours radiodiffusé le « mauvais esprit du passé » et appelle les étudiants à lutter pour que «l'esprit allemand triomphe définitivement dans une Allemagne à jamais réveillée».

Des manifestations similaires, soigneusement planifiées, ont lieu au même moment dans d'autres villes allemandes. C'est le point d'orgue d'une campagne d'épuration entamée dans les semaines précédentes dans les universités, contre les enseignants juifs ou réputés hostiles au régime nazi. Les oeuvres des artistes « dégénérés », tels Van Gogh, Picasso, Matisse, Cézanne et Chagall, sont par ailleurs bannies des musées.


Autodafé - Berlin 10 mai 1933

     Comme base du déroulement symbolique de la mise au bûcher on utilisera la sélection fournie ci-dessous et le représentant des étudiants restera aussi proche que possible de sa formulation en composant son allocution. Étant donné que pour des raisons pratiques il ne sera pas toujours possible de brûler tous les livres, il conviendra de se limiter aux ouvrages donnés dans la sélection pour choisir ceux qui seront nommément jetés dans les flammes. Cela n'empêchera pas qu'un grand nombre d'ouvrages finisse sur le bûcher. Chaque organisateur a toute liberté de faire là-dessus comme bon lui semble. »

    « 1er récitant : Contre la lutte des classes et le matérialisme, pour la communauté nationale et un idéal de vie ! »
    « Je jette dans les flammes les écrits de Marx et de Kautsky. »

    « 2e récitant : Contre la décadence et la corruption morale, pour l'éducation et la tradition au sein de la famille et de l'État ! »
    « Je jette aux flammes les écrits de Heinrich Mann, Ernst Glaeser et Erich Kästner. »

    « 3e récitant : Contre les coups bas idéologiques et la trahison politique, pour le don de soi au peuple et à l'État !»
    « je donne aux flammes les écrits de Friedrich Wilhelm Foerster. »

    « 4e récitant : Contre la valorisation excessive de la vie pulsionnelle qui dégrade l'âme, pour la noblesse de l'âme humaine !»
    « Je jette aux flammes les écrits de Sigmund Freud. »

    « 5e récitant : Contre la falsification de notre histoire et la dévalorisation de ses grandes figures, pour le respect de notre passé, »
    « je jette aux flammes les écrits d'Emil Ludwig et de Werner Hegemann (en). »


Affiche publiée en 1943 à la demande de l'United States Office of War Information (en) :
Ten years ago, the Nazis burned these books… but free Americans can still read them
(Il y a dix ans, les nazis ont brûlé ces livres, mais les Américains libres peuvent toujours les lire)


    « 6e récitant : Contre le journalisme étranger au peuple et marqué par la judéo-démocratie, pour une participation consciente et responsables à l'œuvre de construction nationale ! »
    « je jette aux flammes les écrits de Theodor Wolff et Georg Bernhard. »

    « 7e récitant : Contre la trahison littéraire visant les combattants de la première guerre mondiale, pour l'éducation du peuple dans un esprit qui lui permette de prendre les armes pour sa défense »
    « Je jette aux flammes les écrits d'Erich Maria Remarque. »

    « 8e récitant : Contre la dénaturation barbare de la langue allemande, pour la protection du bien le plus précieux de notre peuple ! »
    «  Je jette aux flammes les écrits d'Alfred Kerr. »

    « 9e récitant : Contre l'impudence et l'affectation, pour le respect et la vénération de l'immortel esprit du peuple allemand ! »
    « Dévorez aussi, Ô flammes, les écrits de Tucholsky et de Ossietzky7 ! »

Dans le reportage radiophonique enregistré sur la place de l'opéra de Berlin, on note de légères variantes par rapport à la circulaire. On entend par exemple le mot « feu » au lieu de « flamme » dans la dernière invocation, l'utilisation du prénom de Karl Marx ou les mots « l'école de Sigmund Freud » au lieu de Sigmund Freud ; Emil Ludwig, pour la plus grande joie des spectateurs, est appelé « Emile Ludwig Cohen. »


  
Transport des ouvrages interdits sur la place de l'opéra de Berlin,
cliché provenant des archives fédérales allemandes
 


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MessagePosté le: Jeu 10 Mai - 07:00 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Bonjour matinal à toutes et à tous

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MessagePosté le: Ven 11 Mai - 07:47 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

11 mai 330
Naissance de la future Constantinople



Sainte-Sophie, Istanbul

Le 11 mai 330, l'empereur Constantin donne une nouvelle capitale à l'empire romain sous le nom officiel de «Nouvelle Rome». Cette cité prendra le nom de l'empereur après la mort de celui-ci. C'est sous ce nom, Constantinopolis ou Constantinople, qu'elle restera dans l'Histoire.

L'empire romain  avait atteint ses plus grandes dimensions au siècle précédent. Il était  devenu ingouvernable et résistait mal à la pression des Barbares.
En 293, l'empereur Dioclétien  déplace le siège du gouvernement dans quatre villes proches des  frontières les plus exposées (Milan, Nicomédie, Sirmium et Trèves). Il  instaure un gouvernement collégial pour mieux tenir les frontières mais  sa tentative fait long feu.

Son successeur Constantin 1er, élimine  un premier rival, Maxence, à Rome le 28 octobre 312. Puis il se  retourne contre le maître de la partie orientale de l'empire, Licinius.  Celui-ci est défait le 3 juillet 324 près d'Andrinople.
Ayant  rétabli à son profit l'unité de l'empire, le vainqueur s'établit à  Nicomédie (aujourd'hui Izmit, au fond du golfe du même nom, sur la mer  de Marmara) et se met aussitôt en quête d'un site propice à une nouvelle  capitale. Il jette son dévolu sur la ville de Byzance. Le périmètre de  la «Nouvelle Rome» est solennellement consacré le 8 novembre 324.
Le  choix est judicieux. Byzance a été fondée mille ans plus tôt, en 667  avant notre ère, par des colons venus de Mégare, sur les détroits qui  séparent l'Europe de l'Asie. La ville est située sur un promontoire à  l'entrée du Bosphore. Cet étroit chenal ouvre sur la mer Noire (le Pont-Euxin en grec ancien), au nord, et sur la mer de Marmara, au sud.


Murs de Constantinople

Cette mer fermée débouche elle-même sur la mer Égée et la Méditerranée par le détroit des Dardanelles (l'Hellespont des Grecs anciens).
La nouvelle capitale surplombe la mer de Marmara et le Bosphore.

Elle est délimitée à l'est par un estuaire étroit qui remonte vers le nord et auquel sa beauté a valu d'être appelé la Corne d'Or (aujourd'hui, les bords de l'estuaire sont devenus une zone insalubre).

Contantinople  commande les passages entre l'Europe et l'Asie. Elle est également  proche des frontières du Danube et de l'Euphrate. Elle est enfin située  au coeur des terres de vieille civilisation hellénique.
Comme il  en est allé de Rome à ses lointaines origines, le périmètre de la ville a  été d'abord délimité par un sillon tracé à la charrue. Puis, des  dizaines de milliers de terrassiers se sont mis à l'oeuvre.



Murailles de Constantinople

L'inauguration solennelle (ou «dédicace»)  est empreinte de rites païens, avec un sacrifice à la Fortune et une  dédicace du philosophe néoplatonicien Sopâtros. Mais Constantinople naît  à l'époque où le christianisme s'impose dans l'empire romain et, à la  différence de Rome, elle est totalement dépourvue de temples païens et  presque exclusivement chrétienne.
Les habitants reçoivent les  mêmes privilèges que les Romains, notamment l'exemption de l'impôt et  les distributions gratuites de froment. Un Sénat est constitué à l'image  du Sénat romain. Des patriciens romains et grecs bénéficient de palais.  Constantin lui-même réside dans la nouvelle capitale jusqu'à sa mort en  337.

Un empire de mille ans
Mêlant  avec bonheur les cultures hellénique et latine, la ville se développe  très vite et surpasse Rome. En 395, avec la scission de l'empire romain  entre un empire d'Orient et un empire d'Occident, elle devient la  capitale de l'Orient. Sa population atteint un million d'habitants à son  apogée deux siècles plus tard, sous le règne de l'empereur Justinien,  ce qui en fait la principale métropole de son temps.


Heraclius

Le 27 décembre 537, Justinien dote la ville de son joyau : la basilique Sainte Sophie (Haghia Sofia ou Sainte Sagesse comme l'appellent encore les Turcs).
Avec l'empereur Héraclius,  Constantinople abandonnera ses références latines et deviendra  exclusivement grecque. L'empire prendra alors l'appellation de byzantin,  en référence au nom grec de la ville.
Après plus de mille ans d'existence (un record !), l'empire byzantin cède le pas à l'empire ottoman. Constantinople en devient la capitale sous le nouveau nom d'Istamboul.

De Byzance à Istamboul
Après la prise de la ville par les Turcs  en 1453, la cité devient la capitale de l'empire ottoman et la  résidence officielle du calife musulman. Dans l'usage courant, elle  prend alors le nom d'Istanbul (ou Istamboul en  français). Selon une thèse très répandue, ce serait une déformation  populaire de l'expression qu'employaient les Grecs pour dire : (je vais)  eis tin Polin (à la Ville).

Selon une autre thèse, ce nom viendrait d'une altération populaire progressive de «Konstinoupolis» en Konstantinopol (comme Sevastopolis est devenue Sébastopol) puis Stantinopol. Comme la phonétique turque ne peut prononcer un st sans le faire précéder d'un i (ainsi stylo devenant istilo), on a donc eu Istantinopol puis, la paresse aidant, Istantpol, Istanbul (Istamboul en français littéraire).


Constantinople au XVIeme siècle
D'après une aimable contribution de Jean-Marc Meyer, byzantiniste



Jean-François Zilberman
Pour Herodote
 


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MessagePosté le: Ven 11 Mai - 11:26 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant



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MessagePosté le: Ven 11 Mai - 14:32 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

pour ces recherches Opaline

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MessagePosté le: Sam 12 Mai - 08:19 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

12 mai 1881
Traité du Bardo avec la Tunisie



Représentation de la signature du traité du Bardo

Le 12 mai 1881, un traité institue le protectorat de la République française sur la Tunisie, une régence ou province autonome de l'empire ottoman.
  C'est l'aboutissement de manigances politiques, diplomatiques et financières  qui ont complètement échappé à l'opinion publique française, laquelle  découvre du jour au lendemain que son empire colonial s'est encore  agrandi.
  Le protectorat tunisien est aussi lourd de conséquences. Pour le  gouvernement français, il apparaît comme une première revanche sur le  destin après la guerre franco-prussienne.  Mais à l'Angleterre, il fournit le prétexte à une mainmise sur  l'Égypte. Et pour l'ensemble des pays européens, il amorce le partage de  l'Afrique.


Le bey de       Tunis, Mohamed Es-Sadok Bey, son premier ministre Mustapha Khaznadar
       et les fonctionnaires du palais.


 Troubles manigances
  Les beys de Tunis, à l'image du vice-roi d'Égypte Méhémet Ali, tentent de moderniser leur pays, allant jusqu'à abolir l'esclavage et introduire une Constitution de type parlementaire.
 
Mais la France, qui s'est installée en force dans l'Algérie voisine,  prend pied dans la régence en 1869, par le biais d'une commission  anglo-italo-française destinée à résorber la dette extérieure de  l'État. Le Premier ministre Kheireddine (on écrit aussi Khérédine ou Khayr al-Dîn) réussit toutefois à rétablir les finances et entreprend avec un certain succès une nouvelle et vaste politique de réformes.


Mohammed es-Sadok, bey de Tunis

  Les Européens n'auraient-ils plus rien à faire dans ce pays ? Que nenni ! Entre-temps, au congrès de Berlin  de 1878, la France a obtenu l'accord tacite des autres puissances  européennes pour renforcer sa présence en Tunisie avec pour  justification de protéger la colonie voisine d'Algérie.

Le 24 avril 1881, sur ordre du chef du gouvernement Jules Ferry,  un corps expéditionnaire de 35.000 hommes traverse la frontière,  officiellement pour poursuivre des montagnards khoumirs qui sèment le  trouble en Algérie. 
Le 12 mai, ils arrivent à proximité du Bardo, dans la banlieue de Tunis, où se situe le palais du bey  et laissent à celui-ci deux heures pour examiner un projet de traité en  dix articles qui met fin à l'indépendance de la Tunisie. Mohammed  es-Sadok n'a guère d'autre choix que de se soumettre.


Première page du traité du Bardo
Voir en grand

C'est ainsi qu'il signe en son palais de Kassar Saïd un  traité par lequel il confie à la France les affaires étrangères, la  défense du territoire et la réforme de l'administration. De fait, il se  place sous la « protection » de la France même si la Tunisie ne devient officiellement un « protectorat »  que le 8 juin 1883, à la signature du traité de La Marsa, qui confirme  le précédent et donne à la France le droit d'instaurer des « réformes administratives, judiciaires et financières ».


Le Bardo, salle du trône, à Tunis

  Fâcheuses conséquences
  Après la soumission de la Tunisie, la France est naturellement portée  à regarder avec concupiscence du côté du Maroc, dernier État d'Afrique  du Nord qui ne soit pas encore passé sous tutelle française.
  Mais le traité du Bardo soulève aussi l'irritation de l'Italie qui se  serait bien vue protectrice de la Tunisie, si proche d'elle. Du coup,  Rome signe le 20 mai 1882 avec Berlin et Vienne le traité de la  Triple-Alliance par lequel l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie  se promettent aide et assistance en cas d'agression par la France ou la  Russie. Ce traité sera régulièrement renouvelé jusqu'à la veille de la  Première Guerre mondiale.

  Quant à l'Angleterre, l'éternelle rivale, elle prend prétexte de ce  traité pour précipiter sa propre intervention dans les affaires  égyptiennes. Dès l'année suivante, elle établit son protectorat sur  cette ancienne province ottomane.


Signature du Traité de Tunis au              Bardo 12 mai 1881   


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MessagePosté le: Sam 12 Mai - 09:08 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Une petite histoire de la grande Histoire !




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MessagePosté le: Dim 13 Mai - 08:43 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

13 mai 1958
Alger se révolte



Paris-Match-Mai-1958

Le 13 mai 1958, les Algérois d'origine européenne en appellent au  général de Gaulle pour maintenir la souveraineté de la France sur  l'Algérie. L'insurrection va avoir raison de la IVe République... et inutilement prolonger la guerre d'Algérie en mettant fin aux espoirs nés quelques mois plus tôt.

Sabotage d'une solution politique

Au début de l'année 1958, Pierre Pflimlin, député MRP  (chrétien-démocrate) de Strasbourg, est pressenti pour la présidence du  Conseil. Mais il est soupçonné de vouloir négocier un cessez-le-feu avec  les rebelles du FLN qui luttent pour l'indépendance de l'Algérie.

Les gaullistes qui militent corps et âme pour le retour du général de Gaulle au pouvoir encouragent les Pieds-noirs  à la sédition. Ils laissent entendre que le Général est la personnalité  la mieux placée pour maintenir les trois départements algériens au sein  de la République.

Le 10 mai 1958, Alain de Sérigny, directeur de l'Écho d'Alger,  publie un éditorial où il en appelle à de Gaulle pour sauver l'Algérie  française que les partis traditionnels et le prochain gouvernement  s'apprêtent à lâcher : « Je vous en conjure, parlez, parlez vite, mon général... »

VIDEO INA


  Vrai-faux coup d'État

  Le 13 mai 1958 est le jour de l'investiture de Pierre Pflimlin. À  Alger a lieu une manifestation d'anciens combattants à la mémoire de  trois militaires du contingent faits prisonniers par les fellaghas  et fusillés en Tunisie. Profitant de la manifestation, les partisans de  l'Algérie française donnent l'assaut au bâtiment du gouvernement  général sous la conduite de Pierre Lagaillarde, un leader étudiant.  Après la mise à sac du gouvernement général, les émeutiers nomment un  Comité de salut public.

  Le général Jacques Massu en prend la présidence. Il envoie à Paris un télégramme : « ...  exigeons création à Paris d'un gouvernement de salut public, seul  capable de conserver l'Algérie partie intégrante de la métropole ». Les députés, qui n'apprécient pas cette intrusion, investissent comme prévu Pierre Pflimlin. C'est la rupture avec Alger.
  En attendant la prise de fonctions du nouveau Président du Conseil,  Félix Gaillard confie les pleins pouvoirs civils et militaires en  Algérie au général Raoul Salan, qui commande l'armée sur place.



Le 14 mai, à 5 heures du matin, Massu lance un nouvel appel : « Le  comité de salut public supplie le général de Gaulle de bien vouloir  rompre le silence en vue de la constitution d'un gouvernement de salut  public qui seul peut sauver l'Algérie de l'abandon ».

  Le lendemain, 15 mai 1958, le général Raoul Salan prononce une  allocution devant le comité de salut public, à l'intérieur du  Gouvernement général d'Alger : « Vive la France, vive l'Algérie française, vive le général de Gaulle ! »

  Puis il se rend sur le balcon et s'adresse à la foule rassemblée sur le Forum : « Nous gagnerons parce que nous l'avons mérité et que là est la voie sacrée pour la grandeur de la France. Mes amis, je crie : « Vive la France ! Vive l'Algérie française ! »... Il se retourne vers l'intérieur mais se heurte à la haute silhouette du gaulliste Léon Delbecque qui lui souffle : « Vive de Gaulle, mon général ! » Revenant vers le micro, Salan reprend la phrase : « Vive de Gaulle ! »

  Les dés sont jetés avec cet appel public au Général, éjecté de  l'activité politique en 1947 mais toujours très désireux de donner à la  France des institutions plus stables que la IVe République.


La foule lors du 13 Mai 1958

  De Gaulle, le retour

  De sa retraite de Colombey-les-deux-Églises, de Gaulle fait répondre le jour même qu'il se tient prêt à « assumer les pouvoirs de la République ».
  Le 19 mai, il donne une conférence de presse pour dire qu'il refuse  de recevoir le pouvoir des factieux d'Alger. Aux journalistes qui  s'inquiètent de l'éventualité d'une dictature, il lance : « Croit-on qu'à 67 ans, je vais commencer une carrière de dictateur ? ».

  Le 27 mai, de Gaulle affirme dans un communiqué qu'il entame le processus régulier pour « l'établissement d'un gouvernement républicain ». Stupeur dans la classe politique. Serait-ce un coup d'État ?
  Pour dénouer la situation, René Coty, le président de la République,  se résout le 1er juin, dans un message au Parlement, à en appeler au « plus  illustre des Français... Celui qui, aux heures les plus sombres de  notre histoire, fut notre chef pour la reconquête de la liberté et qui,  ayant réalisé autour de lui l'unanimité nationale, refusa la dictature  pour établir la République ».



De Gaulle : « Je vous ai compris »

 Le 4 juin 1958, du balcon du Gouvernement Général d'Alger, le général de Gaulle lance à la foule : « Je vous ai compris. Je sais ce qui s'est passé ici. Je vois ce que vous avez voulu faire. Je vois que la route que vous avez ouverte en Algérie, c'est celle de la rénovation et de la fraternité. Eh bien ! de tout cela, je prends acte au nom de la France, et je déclare qu'à partir d'aujourd'hui, la France considère que dans toute l'Algérie, il n'y a qu'une seule catégorie d'habitants : il n'y a que des Français à part entière, des Français à part entière avec les mêmes droits et les mêmes devoirs... »

Ce cri va semer d'amères illusions chez les Français d'Algérie, ceux-là mêmes qui ont ramené de Gaulle au pouvoir le 13 mai 1958. Sans prendre aucun engagement concret, le général les laisse croire à sa résolution de conserver l'Algérie à la France.

Aujourd'hui, ces quatre mots : « Je vous ai compris », sont devenus pour beaucoup de Français le modèle du cynisme en politique.

  Le général forme sans attendre un gouvernement de rassemblement avec  Guy Mollet, chef de la SFIO (parti socialiste), Antoine Pinay (Centre  National des Indépendants, droite), Pierre Pflimlin, MRP (chrétien  démocrate), Michel Debré (gaulliste)...
  Investi de la présidence du Conseil, le général Charles de Gaulle s'attelle à la mise sur pied d'une nouvelle Constitution. Elle est approuvée par référendum le 28 septembre 1958 avec 79,2% de Oui et toujours en vigueur.

  Le 21 décembre 1958, Charles de Gaulle est  élu président de la République et de la Communauté française par un collège électoral. Succédant à René Coty, il devient le premier président élu de la Ve République.  


Dernière édition par Opaline le Dim 13 Mai - 08:57 (2018); édité 1 fois
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MessagePosté le: Dim 13 Mai - 08:50 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Le   "je vous ai compris "  est devenu très célèbre !  

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:27 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour

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