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Une petite histoire par jour
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Opaline



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MessagePosté le: Sam 26 Mai - 14:05 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Revue du message précédent :

26 mai 1797
Fin de la «Conjuration des Égaux»



Gracchus Babeuf âgé de 34 ans,
gravure de François Bonneville, 1794.

Le 26 mai 1797, Gracchus Babeuf et un acolyte, Darthé, sont guillotinés à Vendôme. Leur mort met un point final à la «Conjuration des Égaux».

Au XXe siècle, au temps du communisme triomphant, Gracchus Babeuf était dans les écoles soviétiques l'un des plus connus de tous les révolutionnaires français avec Robespierre. En effet, les marxistes-léninistes avaient fait de ce révolutionnaire le premier théoricien du communisme et de la dictature du prolétariat.

Le communisme avant la lettre
Né à Saint-Quentin en 1760, François Babeuf, qui se fera plus tard prénommer Gracchus en souvenir d'un héros de Rome, exerce avant la Révolution le métier d'arpenteur. Dans cette fonction, il est sensibilisé aux inégalités foncières de l'Ancien Régime.

Au début de la Révolution, nommé administrateur de district dans la Somme, il formule un projet visant à l'abolition de la propriété individuelle. Mais c'est seulement sous le Directoire qu'il sort de l'anonymat.



Supplice de douze des prévenus dans l'affaire de Grenelle : fusillés le 4.eme jour complementaire
de l'an 4.eme de la Rép. fran.se.
Estampe anonyme, Paris, BnF, département Estampes et photographie, 1796.

Après la chute de Robespierre, nouveaux riches et nouveaux pauvres se côtoient avec un commun désintérêt pour la politique, les uns désirant jouir de leurs richesses mal gagnées, les autres regrettant en silence le bon vieux temps de la Terreur !
L'anarchie est à son comble. L'économie est désorganisée, la monnaie papier (assignats) ne vaut plus rien, les impôts ne rentrent plus, l'administration ne fonctionne que par intermittences, la criminalité s'étend avec son corollaire, la misère.
Cette situation révolte les purs révolutionnaires. Autour de Babeuf et Lindet, un ancien député jacobin de la Convention, se réunissent des petits bourgeois épris d'égalité politique et jacobins dans l'âme.



Incroyables et Merveilleuses dans les jardins de l'ancien Palais-Royal

Ultime sursaut révolutionnaire

Au nom des babouvistes, Sylvain Maréchal publie le Manifeste des Égaux qui préconise l'instauration de l'égalité et surtout la prise du pouvoir par la violence. Il n'est plus question de faire confiance au peuple et aux élections pour améliorer la société !

Au printemps 1796, les babouvistes se proposent de renverser le Directoire et de rétablir la Constitution de 1793, jamais entrée en application.




Le Directoire a vent de leurs intentions mais ne se décide pas à agir. Lazare Carnot, l'un des Directeurs, mobilise toutefois la police et, grâce à des dénonciations, fait arrêter les principaux chefs du complot le 10 mai 1796.
Les Jacobins restés fidèles à Babeuf et Lindet tentent dans la nuit du 9 au 10 septembre 1796 de rallier à leur cause les soldats du camp de Grenelle.

Les soldats font mine de les écouter avant de les fusiller sur place.



Première page de l'édition du Tribun du Peuple de 1795
(sous-titré « Le Défenseur des Droits de l'Homme »)

Des babouvistes aux royalistes
En condamnant à mort les meneurs de cette «Conjuration des Égaux» et en faisant traîner leur procès, le gouvernement du Directoire veut donner à l'opinion publique une fallacieuse impression de force. Il veut aussi se rallier la bourgeoisie désireuse d'ordre. Mais l'élimination de l'opposition jacobine de gauche redonne du tonus à l'opposition royaliste, violemment frappée par la répression de Vendémiaire, deux ans plus tôt. Celle-ci se reprend à espérer une prompte restauration de la monarchie.
 
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MessagePosté le: Sam 26 Mai - 14:05 (2018)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Sam 26 Mai - 16:43 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant



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MessagePosté le: Dim 27 Mai - 07:52 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

27 mai 1332
Naissance d'Ibn Khaldoun
à Tunis (Tunisie)



Statue d'Ibn Khaldoun
Avenue Habib-Bourguiba, Tunis

Ibn Khaldoun (ou Ibn Khaldûn) est sans doute le seul grand penseur de l'Histoire et indéniablement le plus grand historien du Moyen Âge. C'est un historien, sociologue, économiste, géographe, démographe, et homme d'État d'origine arabe.

Dans son oeuvre majeure, Le Livre des exemples,  il raconte l'Histoire universelle à partir des écrits de ses  prédécesseurs, de ses observations au cours de ses nombreux voyages et  de sa propre expérience de l'administration et de la politique.  L'introduction, intitulée la Muqaddima (les Prolégomènes en français), expose sa vision de la façon dont naissent et meurent les empires.


Maison où naît Ibn Khaldoun dans la médina de Tunis.

Ibn  Khaldoun est issu d'une grande famille andalouse d'origine yéménite et  chassée d'Espagne par la Reconquête chrétienne. Il naît à Tunis à  l'époque où les Mérinides  dominent le Maroc et les Valois accèdent au trône en France. Le Maghreb  connaît une paix relative cependant que la chrétienté médiévale sombre  bientôt dans la guerre de Cent Ans et la Grande Peste.  Après une existence active comme conseiller ou ministre des souverains  musulmans du Maghreb, Ibn Khaldoun se retire à 45 ans au Caire, où  il rédige son œuvre et enseigne.

En comparaison du Maghreb, Ibn Khaldoun se sent bien en Égypte. Tandis que toutes les autres régions islamiques sont engagées dans des guerres de frontières et des luttes intestines, l'Égypte, en particulier Le Caire, jouit, sous le règne des mamelouks, d'une période de prospérité économique et culturelle. Ibn Khaldoun décide d'y passer le reste de sa vie.

En 1384, le sultan Az-Zâhir Sayf ad-Dîn Barquq le reçoit et le nomme professeur de la médersa El Qamhiyya (Kamiah) et grand cadi malékite. En juge scrupuleux et rigoureux, il décide de s'attaquer à la corruption et au favoritisme. Tout le monde lui reconnaît alors des qualités d'intégrité et de sévérité.


Maison Ibn Khaldoun Medina Tunis

Sa sixième et dernière nomination a lieu en janvier 1406. Il meurt finalement durant son office, le 17 mars, soit le 26 ramadan 808 du calendrier musulman. Il se raconte que la foule cairote a été nombreuse pour lui rendre hommage lors de ses funérailles. Jean Mohsen Fahmy précise en ces termes la composition du cortège présent, en plus de ses deux fils :

    « Il y avait là les trois grands qadis, le grand chambellan, de nombreux émirs du palais, une foule de qadis, d'oulémas et de notables… Il y avait là, au premier rang Al Makrisi, le futur grand historien… Ibn Ammar, Al Askalani, Al Bisati, Al Biskri, et toute une cohorte d'autres faqihs, les plus brillants de ses étudiants, dont on sentait déjà l'amour des sciences et de la connaissance. Et il y avait une foule plus anonyme de jeunes gens qui avaient suivi avec dévotion les cours d'Ibn Khaldoun. »

Le cortège traverse la ville, puis franchit la porte de la Victoire pour enfin se rendre au cimetière des soufis où Ibn Khaldoun est enterré


Ibn Khaldoun et Tamerlan.



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MessagePosté le: Dim 27 Mai - 09:25 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Merci pour cet hommage à Ibn Khaldoun , Opaline .

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MessagePosté le: Dim 27 Mai - 10:11 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

C'est normal, c'est un grand !

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MessagePosté le: Lun 28 Mai - 07:00 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

28 mai 1871
Fin sanglante de la Commune



Barricade place de la Concorde, au fond l'église de la Madeleine.

Le 28 mai 1871, au terme d'une Semaine sanglante, la Commune de Paris n'existe plus...

 Illusions révolutionnaires
 Dix semaines plus tôt, le 18 mars, des Parisiens humiliés par la  défaite de leur pays face aux Prussiens, s'en étaient pris aux troupes  gouvernementales. Le chef du pouvoir exécutif, Adolphe Thiers,  avait déserté sur le champ Paris pour Versailles. Un mouvement  insurrectionnel improvisé avait alors assumé le pouvoir dans la capitale  sous le nom de «Commune de Paris».

 Mais dès la signature du traité de paix avec l'Allemagne, le 10 mai,  Adolphe Thiers obtient de l'occupant prussien la libération anticipée de  60 000 soldats. Il lance aussitôt contre la capitale 130 000 hommes,  dont les anciens prisonniers et beaucoup des campagnards recrutés et  formés à la hâte.


La misère ouvrière sous le Second Empire.
Les conditions de vie et le travail des enfants dans l'industrie.

L'assaut commence le 21 mai, dans le quartier du Point du Jour, à Boulogne.
Les Versaillais ont en face d'eux une dizaine de milliers de fédérés déterminés.
Ils doivent conquérir les barricades l'une après l'autre. Les combats  de rue feront au total 4 000 tués (877 du côté des troupes  versaillaises).


Thiers chargeant les communards
(couverture du Fils du père Duchêne Illustré).


S'ajoutent à ce bilan les victimes de la répression car, à l'arrière,  des liquidateurs tuent méthodiquement les suspects. Une vingtaine de «cours prévôtales» jugent hâtivement les hommes et les femmes pris les armes à la main et les font fusiller sur place.

Les Communards ripostent en faisant fusiller environ 80 otages. Ils  allument aussi des foyers d'incendie. Du fait de ceux-ci et des  bombardements, plusieux monuments illustres partent en fumée. Parmi eux  le palais des Tuileries, le palais de Justice gothique, l'Hôtel de Ville  hérité de la Renaissance, le Palais-Royal et le palais d'Orsay...


L'arrestation de Louise Michel le 24 mai 1871, par Jules Girardet.

Le bilan total de la Semaine sanglante est d'environ 20 000 victimes, sans compter 38 000 arrestations. C'est à peu près autant que la guillotine sous la Révolution.
À cela s'ajoutent les sanctions judiciaires. Les tribunaux  prononceront jusqu'en 1877 un total d'environ 50 000 jugements. Il y  aura quelques condamnations à mort et près de 10 000 déportations (parmi  les déportées qui rejoindront les bagnes de Nouvelle-Calédonie figure  une célèbre institutrice révolutionnaire, Louise Michel). L'amnistie  (pardon et oubli) ne viendra qu'en 1879 et 1880.



Cadavres de communards. 


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MessagePosté le: Lun 28 Mai - 10:05 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Quelle fin funèbre !

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MessagePosté le: Mar 29 Mai - 07:06 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant


29 mai 1453
Prise de Constantinople par les Turcs




Cette illustration tirée d'un manuscrit français de 1455 montre le siège  de Constantinople avec,
à gauche, la Corne d'Or, et au fond, de gauche à  droite, le détroit du Bosphore et la mer de Marmara.
Le siège de Constantinople  en 1453 – miniature réalisée à Lille en 1455
(manuscrit de Bertrandon de  la Broquière, BNF, MS fr. 9087, f. 207v).

Le 29 mai 1453 figure traditionnellement parmi les dates clé de l'Histoire occidentale. Ce jour-là, Constantinople tombe aux mains du sultan ottoman Mehmet II.

  La ville, vestige de l'empire romain, était l'ultime dépositaire de  l'Antiquité classique. Elle faisait aussi office de rempart de la  chrétienté face à la poussée de l'islam.


Dès son accession au trône, Mehmed II se fixe
comme objectif la prise de Constantinople.

  La chute finale
  La chute de Constantinople devient inéluctable lorsque des envahisseurs venus d'Asie, les Turcs ottomans,  traversent le détroit du Bosphore. Ils s'emparent de la plus grande  partie de la péninsule des Balkans et installent leur capitale à  Andrinople, à un jet de pierre au nord de Constantinople.

  Au milieu du XVe siècle, réduite à environ 40.000 habitants et  dépourvue d'arrière-pays, Constantinople n'est plus qu'un petit État en  relation avec les marchés d'Extrême-Orient pour le plus grand bénéfice  des marchands de Venise et de Gênes qui s'y approvisionnent en soieries  chinoises. Elle ne dispose pour sa défense que de 7.000 soldats grecs et  d'un détachement d'environ 700 Génois.



Le canon des Dardanelles,  du type de celui qui a été utilisé par les assiégeants ottomans à
Constantinople en 1453. Il appartient aujourd'hui à l'armurerie royale  du Royaume-Uni.

Le siège de Constantinople commence en avril 1453 avec 150.000 hommes.

Le basileus (empereur en grec) Constantin XI se fie aux  puissantes fortifications héritées du passé pour résister aux Turcs en  attendant d'hypothétiques secours. Devant ce triple cercle de murailles,  le sultan Mehmet II fait appel à toutes les ressources de l'artillerie.  Il dispose de pas moins de 25 à 50 grosses bombardes (canons  primitifs) et de plusieurs centaines de plus petites qui vont projeter  sans trêve des pierres et des boulets sur les murailles pendant  plusieurs semaines d'affilée.

Pour les adversaires, l'accès aux remparts faisant face à la Corne d'Or  est empêché par la présence d'une lourde chaîne installée par l'empereur  Léon III, renforcée par des tonneaux flottants et dressée à l'entrée de l'estuaire de façon à barrer celui-ci

 

La  chaîne servant à barrer la Corne d'Or lors du siège de 1453.
Elle est  aujourd'hui entreposée dans le musée militaire d'Istanbul.

L'immense flotte du sultan complète le siège de la ville par le  Bosphore et la mer de Marmara. Elle arrive à entrer aussi dans le chenal  de la Corne d'Or.

  Arrive l'aube fatale où des dizaines de milliers d'hommes ivres  d'impatience entrent dans la ville. Dans la basilique Sainte-Sophie,  l'empereur grec meurt, les armes à la main, au milieu de ses derniers  soldats. Dès la mi-journée, le sultan peut faire son entrée dans la  ville.

  Les combats ont fait 4.000 morts. Selon la tradition de l'époque, les  vainqueurs s'offrent le droit de piller la ville, de violer et de tuer à  qui mieux mieux pendant les trois jours qui suivent sa chute. Tous les  habitants survivants (25.000) sont réduits en esclavage.


La Prise de Constantinople lors de la Quatrième croisade se fait par le mur de la Corne d'Or.

  Le sultan Mehmet II, qui songe à faire de Constantinople sa propre  capitale et veut lui conserver sa grandeur, veille à ce que les pillages  ne s'éternisent pas. Il fait venir des immigrants de tout l'empire pour  rendre à la cité sa splendeur antique. Il peut enfin déplacer sa  capitale de la ville voisine d'Andrinople à Constantinople, bientôt  rebaptisée Istamboul. Celle-ci atteindra son apogée sous le règne de Soliman II le Magnifique... Notons que jusqu'à la fin de l'empire ottoman, elle conservera une population majoritairement chrétienne.


Portrait de Soliman attribué au Titien, vers 1530.

  Fin du Moyen Âge
  Les historiens datent de cet événement la fin de la longue période historique appelée faute de mieux Moyen Âge. La Renaissance  qui lui succède doit beaucoup aux savants et artistes byzantins qui,  réfugiés en Italie, ont contribué à la redécouverte de la culture  antique par les Occidentaux.


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MessagePosté le: Mer 30 Mai - 02:33 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Merci pour cet article Opaline !



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MessagePosté le: Mer 30 Mai - 08:28 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

30 mai 1854
Création du bagne de Cayenne, en Guyane




Le 30 mai 1854, sous le Second Empire, une loi relative aux travaux forcés officialise la création du bagne de Cayenne, en Guyane. L'objectif est de remplacer les bagnes des ports métropolitains, Rochefort, Brest et Toulon, mais aussi de peupler la colonie.

La « terre de la Grande Punition »

Dès la Révolution, Cayenne a accueilli des proscrits royalistes arrêtés à la suite du coup d'État du 18 Fructidor (4 septembre 1797). 65 députés et 35 journalistes furent ainsi condamnés à la « guillotine sèche ». À la suite du coup d'État de Napoléon III, la Guyane reçut encore trois mille prisonniers.



 À partir de 1854, les bagnards, dits « transportés », sont  astreints à des travaux forcés et parqués dans différents camps, à  Cayenne mais aussi à Saint-Laurent-du Moroni, Sinnamary ou encore aux  îles du Salut. Selon le principe du « doublage »,  les survivants ont l'obligation de résider dans la colonie pendant  autant de temps qu'ils y ont été incarcérés, voire toute leur vie si  leur peine est supérieure à huit ans. Ils reçoivent pour leur  subsistance un lot de terres.

 L'administration pénitentiaire espère de la sorte contribuer à la mise en valeur de la colonie, comme avec les convicts anglais en Australie.  Mais sous le climat tropical, dans une nature profondément hostile,  avec des hommes détruits par la brutalité de leur détention, cette  tentative se solde par un échec total. En 1867, du fait d'une trop  grande mortalité parmi les Européens, le bagne est réservé aux condamnés  des colonies.



 Les condamnés de la métropole sont alors dirigés vers le bagne de Nouvelle-Calédonie, ouvert en 1864, dix ans après Cayenne. Il accueille de nombreux Communards dont Louise Michel mais il est supprimé dès 1887 à cause de conditions de détention trop... douces !

C'est ainsi que les Européens retrouvent le chemin de Cayenne. La loi  de relégation du 27 mai 1885 astreint à résidence en Guyane les  condamnés récidivistes et certains petits délinquants. Certains de ces « relégués » sont astreints au travail forcé, d'autres simplement détenus. Parmi eux, le capitaine Alfred Dreyfus, incarcéré de mars 1898 à juin 1899 sur l'île du Diable, l'une des trois îles du Salut.



Le bagne sort avec lui de l'anonymat, et un peu plus tard, dans les années 1920, le journaliste Albert Londres va dénoncer avec brio les conditions d'incarcération. « Ici, morts vivants, dans des cercueils - je veux dire des cellules -, des hommes expient, solitairement », écrit-il devant des cachots de quatre mètres carrés.

 Le 17 juin 1938, Gaston Monnerville, petit-fils d'esclave guyanais  devenu sous-secrétaire d'État aux Colonies, fait voter une loi prévoyant  enfin la suppression du bagne de Cayenne. Celle-ci  ne deviendra effective qu'en 1946, quand la colonie sera érigée en département d'outre-mer.

 Au total, la Guyane aura accueilli 52 000 « transportés » et 16 000 « relégués » ; la Nouvelle-Calédonie, 20 000 « transportés » et 10 000 « transportés ».

Détenus célèbres


Alfred Dreyfus vers 1903






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MessagePosté le: Mer 30 Mai - 08:51 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Ben oui , Henri Charrière en a longuement parlé ....

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MessagePosté le: Jeu 31 Mai - 07:14 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

31 mai 1795 :
Suppression du
Tribunal révolutionnaire



Sa compétence était vaste, pratiquement illimitée


« Il sera établi à Paris un tribunal criminel  extraordinaire, qui connoîtra de toute entreprise  contre-révolutionnaire, de tous attentats contre la liberté, l’égalité,  l’unité, l’indivisibilité de la république, la sûreté intérieure et  extérieure de l’État, et de tous les complots tendant à rétablir la  royauté, ou à établir toute autre autorité attentatoire à la liberté, à  l’égalité, et à la souveraineté du peuple, soit que les accusés soient  fonctionnaires civils ou militaires, ou simples citoyens ». (Article premier du décret de la Convention nationale du 10 mars 1793, relatif à la formation d'un Tribunal criminel extraordinaire)


Brissot et vingt autres conventionnels « girondins » devant le Tribunal révolutionnaire.
Estampe anonyme, Paris, BnF, département des estampes, 1793.

Le sort de l’instrument devait suivre celui des hommes. Créé le 10 mars  1793, au moment où le parti qu’on appelait jacobin, montagnard ou  démocrate, arrivait à la puissance, le Tribunal révolutionnaire lui  servit de point d’appui, dans la fatale journée du 31 mai, où les  Girondins succombèrent.

Fonctionnement du Tribunal révolutionnaire en juin 1794

À l’aube les huissiers parcourent la prison de la Conciergerie  pour rassembler ceux qui vont devoir affronter l’épreuve du Tribunal.  On s’y rend par un escalier étroit et obscur qui mène au premier étage  du Palais, où l’on rassemble les accusés en attendant l’heure de  l’audience. Après une attente angoissante, les condamnés du Jour  pénètrent dans l’une des deux salles du Tribunal sous les huées d’une  foule haineuse, tassée derrière les barrières. Les condamnés sont  disposés le long des gradins spécialement construits pour que l’on  puisse les détailler à son aise.


Antoine Fouquier-Tinville, estampe de
François Bonneville, Paris,
BnF, département des estampes, 1796.

 René-François Dumas préside habituellement. Il lit pêle-mêle l’acte  d’accusation. On pose une question à chaque accusé. L’audience est  terminée. Pour plus de sûreté, Fouquier-Tinville a fait préparer des  condamnations en blanc et il suffit de rajouter directement le nom des  accusés de la journée. Une fois le verdict rendu, les condamnés sont  rassemblés dans l’une des pièces du greffe où ils vont être dépouillés  de leurs objets personnels. La République héritait, en effet, de tous  leurs biens.


Dufriche-Valazé se  poignardant, à la lecture du verdict du Tribunal révolutionnaire
le  condamnant à mort, plutôt que de monter à l’échafaud. Gravure du XIXe siècle.

Suspendu après la journée du 9 thermidor, où tomba Robespierre, le  tribunal fut bientôt remis en activité avec des formes adoucies, pour  disparaître enfin sans retour après la journée du 1er prairial  (20 mai 1795), où s’abîmèrent les derniers restes du parti qui l’avait  institué. Le 31 mai 1793, voilà le point de départ ; le 20 mai 1795,  voilà le terme du régime de la Terreur en France.


Exécution de Robespierre  et de ses complices conspirateurs contre la liberté et l'égalité :
vive  la Convention nationale qui par son énergie et surveillance a délivré  la République de ses tyrans,
estampe anonyme, 1794, Paris, BnF, département Estampes et photographie.

Le 12 prairial an III, le Tribunal révolutionnaire est supprimé. Ses anciens jurés, dont le peintre François Gérard, sont traînés en justice, et plusieurs d’entre eux guillotinés.

 Le premier guillotiné fut Louis-David Collenot, « prévenu d'embauchage », parmi d'autres condamnés, le 26 août 1792 le dernier de la période révolutionnaire, le  5 prairial an III, portant le no 2807, Jean Tinelle, garçon serrurier, « convaincu d'avoir porté la tête du représentant Féraud ».

Tel est, pour ainsi dire, le cadre de cette époque sanglante, durant  laquelle Fouquier-Tinville fut une espèce de bourreau-despote, à qui le  Tribunal révolutionnaire tenait lieu de Conseil d’Etat, et la guillotine  de premier ministre.

Personnalités acquittées

Marat porté en triomphe après son acquittement par le Tribunal révolutionnaire.


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MessagePosté le: Jeu 31 Mai - 08:04 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant



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MessagePosté le: Ven 1 Juin - 07:05 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

1er juin 1885
Hommage au poète disparu




Le 1er juin 1885, la dépouille de Victor Hugo est conduite au Panthéon.
Le poète est décédé dix jours plus tôt, à 83 ans, en l'avenue qui porte son nom.
Il écrit dans son testament : « Je donne cinquante mille francs[-or] aux pauvres. Je désire être porté au cimetière dans leur corbillard. Je refuse l'oraison de toutes les Églises. Je demande une prière à toutes les âmes. Je crois en Dieu ».
Victor Hugo n'a sans doute jamais été baptisé mais est venu à la foi au mitan de sa vie. Il n'en refuse pas moins la présence des Églises à ses funérailles.


Le cercueil de Victor Hugo sous l'Arc de triomphe

Le 31 mai, son cercueil est exposé sous l'Arc de Triomphe drapé de noir.

Le 1er juin, à onze heures, vingt et un coups de canons retentissent : le poète va être transféré au «repos des Grands Hommes qui honorent la Patrie», c’est à dire le Panthéon, plus d'un million de personnes suivent le corbillard des pauvres dans lequel il a demandé à être conduit.



Le Panthéon, oeuvre de l'architecte Soufflot, anciennement église Sainte-Geneviève, est réouvert à cette occasion et devient le mausolée des gloires nationales. C'est la première fois dans l'histoire de l'humanité qu'un poète reçoit de pareils hommages.


Cortège de l'Ecole Polytechnique boulevard Saint-Germain". Photographie anonyme.
Tirage sur papier albuminé. 1er juin 1885.

Victor Hugo, il est vrai, a non seulement cumulé tous les talents (littérature, poésie, théâtre, dessin) mais aussi témoigné sa vie durant d'une sincère et profonde empathie pour les pauvres et les humbles, tout en affichant des convictions politiques en harmonie avec son temps.

Dorénavant la devise  « Aux grands Hommes La Patrie Reconnaissante » ne quittera plus le fronton du Panthéon.


Victor Hugo, Paris, maison de Victor Hugo
(André Gill)

Une aura universelle

Victor Hugo est aujourd'hui présent dans le monde entier. Grâce aux valeurs universelles de son message et de ses œuvres, il a en effet depuis longtemps traversé les frontières, aidé en cela par la diffusion de la culture française au-delà des mers. De son vivant même, il est devenu le Français le plus populaire de tous les temps en concurrence avec son contemporain Louis Pasteur.

Pensons au succès de ses écrits mis en musique : de son vivant, l'Italien Guiseppe Verdi lui emprunte sa pièce Le Roi s'amuse pour écrire son opéra Rigoletto (1851).

Beaucoup plus récente, la comédie musicale Les Misérables, créée en français en 1980 avant d'être traduite en anglais, a fait de Cosette, Fantine et Marius des stars. Les Miz tiennent l'affiche aux États-Unis et au Canada mais aussi à Londres, depuis 1985 !


Funérailles de Victor Hugo.
Transport de son corps au Panthéon, le 1er juin 1885, | Paris en images

Le cinéma et la télévision se sont bien sûr emparés de ces personnages dès 1907, donnant à Jean Valjean les traits de Jean Gabin (1958), Lino Ventura (1982), Jean-Paul Belmondo (1995), Gérard Depardieu (2000) et bien d'autres.

Mais Hugo n'est pas seulement une source d'inspiration pour cinéastes et musiciens : il a aussi trouvé sa place dans le domaine spirituel, rejoignant par exemple Jeanne d'Arc et Louis Pasteur parmi les guides de la religion caodaïste, fondée au Vietnam en 1921.

Porte-étendard, il reste le symbole de l'homme bon, protecteur des plus fragiles. C'est ainsi que de nombreuses familles sud-américaines continuent à lui rendre hommage en prénommant leur enfant Victor Hugo. Y a-t-il plus belle marque de respect ?

Herodote


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MessagePosté le: Ven 1 Juin - 09:04 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Un Grand de ce monde !

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MessagePosté le: Sam 2 Juin - 07:28 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

2 juin 1740
Naissance de Donatien de Sade
Le « dernier libertin »



On ne possède aucun  portrait authentique de Sade,
y compris ce profil qualifié de  « portrait supposé »,
dessiné par Charles van Loo vers 1770.
Mais on  sait de façon certaine que Sade s'est fait
faire le portrait par Van  Loo.

Libertin  perdu en son siècle, le marquis Donatien de Sade (1740-1814) fait  figure d'extraterrestre. Aristocrate riche et égocentrique, évidemment  athée, sujet à des accès de colère et de violence, il lui arrivait de  maltraiter prostituées et domestiques à une époque où la montée des  idéaux démocratiques rendait ces comportements de moins en moins  acceptables.

 Cela lui valut d'être incarcéré vingt-sept années au total, notamment à Vincennes et  à la Bastille. Il mit à profit son oisiveté forcée pour écrire des  romans érotiques qui ont fait de lui l'archétype du pervers sexuel au  point que l'on a forgé dès 1834 un néologisme pour désigner la cruauté  associée au sexe : le sadisme.



Illustration de « Histoire Juliette, sa soeur » de Donatien Alphonse François de Sade

  Il faut que jeunesse se passe

Le futur écrivain est né le 2 juin 1740 à l'hôtel parisien de la  famille de Condé, à Paris. Élevé au château familial de Saumane, près  d'Avignon, il a une première approche du libertinage auprès de son père  et de son oncle, un abbé lettré qui vit en galante compagnie avec une  mère et sa fille. Le 17 mai 1763, il épouse une riche héritière, Renée-Pélagie, fille  d'un magistrat, le président de Montreuil. Malgré les frasques de  Donatien, ou à cause d'elles, le couple s'entend plutôt bien et donne le  jour à trois enfants. Leur ménage est une alternance de déclarations  passionnées et d'insultes.

 Les ennuis commencent la même année, le 29 octobre 1763, avec  l'incarcération du jeune homme à Vincennes  sur une accusation de  comportements violents et blasphématoires dans un bordel. Il est libéré  dès le 13 novembre sur intervention de son père !


Maison d'Arcueil où Sade fit venir Rose Keller, le dimanche de Pâques, 3 avril 1768

Plus grave est l'affaire qui suit. Le 3 avril 1768, une veuve de 36  ans, Rose Keller, l'accuse de l'avoir entraînée dans un bordel, ligotée  sur un lit et soumise à différents sévices. Tout cela le jour de Pâques.
Le scandale est immense. Il faut dire que, quelques mois plus tôt,  pour bien moins que ça, on a exécuté à Abbeville le malheureux chevalier de la Barre.  Mais le marquis, qui a succédé à son père dans ses charges officielles  de son père, a l'avantage, lui, d'appartenir à la haute société. Il est  libéré dès le mois de novembre.
 Son inconduite est notoire, conforme au demeurant à celle de nombreux  aristocrates de sa génération, sans parler du vieux roi lui-même qui  cherche le plaisir dans l'hôtel du Parc-aux-Cerfs.

 Mais une nouvelle affaire vient corser son dossier : quatre filles  accusent le marquis et son valet d'avoir tenté de les droguer et les  sodomiser dans un hôtel de passe de Marseille, le 25 juin 1772. Condamné  à mort par contumace, il échappe à l'exécution mais sa réputation est  brisée. Dans l'intérêt de la famille mais aussi pour le protéger contre  lui-même, sa belle-mère le fait interner à Vincennes par lettre de  cachet le 13 février 1777.


Une « résidente » du Parc-aux-cerfs, Marie-Louise O'Murphy, par François Boucher.

  Écrivain raté en quête de gloire
 En prison à 37 ans, le marquis de Sade se pique d'écrire et se rêve  en auteur de théâtre mais on lui fait comprendre qu'il n'a aucun avenir  dans ce genre. Qu'à cela ne tienne, écrit-il, à défaut de s'illustrer  dans le théâtre, il s'illustrera par ses écrits érotiques...

 Le 29 février 1784, il est transféré à la Bastille. Dans la crainte que ses manuscrits ne soient saisis, il met au net celui auquel il attache le plus de prix, Les Cent-Vingt journées de Sodome.  Il le recopie sur d'étroits feuillets collés bout à bout et cache le  tout entre deux pierres. Quand il est expulsé de sa cellule, le  manuscrit disparaît. Il sera néanmoins publié au XXe siècle.



 Libéré le 2 avril 1790, à la faveur des événements révolutionnaires,  obèse et quelque peu usé, coupé de sa famille, le marquis fait publier  l'année suivante son roman Justine ou les malheurs de la vertu, qui le classe définitivement parmi les auteurs libertins.

 Soucieux de respectabilité, il prend le train de la Révolution en  marche. Cela n'empêche qu'il demeure attaché au roi et surtout aux  privilèges de l'aristocratie : « Je veux qu'on rende à la noblesse  son lustre parce que de le lui avoir ôté n'avance à rien ; je veux que  le roi soit le chef de la Nation », écrit-il en décembre 1791  ! Il se fait remarquer le 9 octobre 1793 par un Discours aux mânes de Marat et de Le Peletier  dans lequel il dénonce le christianisme mais aussi toute forme de  religiosité. Ses outrances ont l'heur de déplaire au pudibond  Robespierre, qui voit la morale et la religion comme des nécessités  sociales.


Représentation imaginaire du marquis de Sade
prisonnier (XIXe siècle).

 Le 5 décembre 1793, Sade, à nouveau incarcéré, échappe à la guillotine d'extrême justesse grâce à la chute de Robespierre,  le 9 thermidor... Sous le Directoire, enfin, bénéficiant de l'extrême  déliquescence des moeurs, il multiplie les publications à caractère  pornographique. Mais le vent tourne. Le 6 mars 1801, ses manuscrits sont  saisis sur ordre du Premier Consul,  qui a le souci de se réconcilier avec l'Église et d'établir un ordre  moral respectueux de son autorité. Il est à nouveau enfermé à l'asile de  Charenton, près de Paris, où il finira sa vie.

  Au diable la morale

 Ses romans vont circuler sous le manteau tout au long du XIXe siècle et distraire quelques happy few tels Stendhal, Flaubert, Baudelaire, Verlaine... Publiés dans la prestigieuse édition de la Pléiade en 1990 et aujourd'hui accessibles à tous sur internet, de même que Les Cent-Vingt Journées de Sodome, ils dégagent surtout un profond ennui par la froide répétition de descriptions scatologiques.

 Le marquis de Sade considère, à l'opposé de Jean-Jacques Rousseau,  que l'homme est foncièrement mauvais par nature et que le mal est voulu  par cette même nature. La morale et la religion, en freinant ses  penchants naturels, contrarient la nature : « C'est de la nature que  je les ai reçus, ces penchants, et je l'irriterais en y résistant ; si  elle me les a donnés mauvais, c'est qu'ils devenaient ainsi nécessaires à  ses vues. Je ne suis dans ses mains qu'une machine qu'elle meut à son  gré, et il n'est pas un de mes crimes qui ne la serve; plus elle m'en  conseille, plus elle en a besoin : je serais un sot de lui résister. Je  n'ai donc contre moi que les lois, mais je les brave ; mon or et mon  crédit me mettent au-dessus de ces fléaux vulgaires qui ne doivent  frapper que le peuple ».



Justine ou les Malheurs de la vertu, édition originale de 1791, ornée d’un frontispice allégorique de
Philippe Chéry  représentant la Vertu entre la Luxure et l’Irréligion. Le nom de  l’auteur ne figure pas
sur la page de titre et le nom de l’éditeur  (Girouard à Paris) est remplacé par la mention :
« En Hollande, chez les  Libraires associés ».


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MessagePosté le: Sam 2 Juin - 08:59 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

C'est bien le marquis de Sade ?

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MessagePosté le: Dim 3 Juin - 08:40 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Oui, c'est bien lui 

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MessagePosté le: Dim 3 Juin - 08:41 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

3 juin 1906
Naissance de Joséphine Baker
à Saint-Louis, Missouri (États-Unis)




Joséphine Baker est née dans une famille pauvre descendant d'esclaves africains à Saint-Louis, dans le Missouri, au sud des États-Unis, le 3 juin 1906. Elle connaît la misère et la ségrégation raciale mais à 13 ans monte sur scène et commence à gagner un cachet d'artiste. À 19 ans, elle débarque à Paris et, le 2 octobre 1925, entame un nouveau spectacle au théâtre des Champs-Élysées : La Revue nègre, avec 12 musiciens et 8 danseuses dont elle.


Joséphine Baker dansant le charleston aux  
 
Folies Bergère à Paris lors de la Revue nègre  
 
en 1926 (photo de Walery).

Elle acquiert la célébrité avec son refrain : « J'ai deux amours, Mon pays et Paris. Par eux toujours, mon coeur est ravie » et devient la coqueluche des Parisiens dans les « Années folles ». Elle leur révèle un monde nouveau qui associe l'exotisme, l'érotisme et la négritude. C'est l'époque où Picasso découvre l'« Art nègre ».

Joséphine Baker se marie une première fois en 1937 et acquiert la nationalité française. Fidèle à son pays d'adoption, elle entre dans la Résistance pendant l'Occupation. Après la Seconde Guerre mondiale, tandis que son étoile décline, elle achète le château des Milandes, sur la Dordogne et y accueille douze enfants adoptifs de toutes les régions du monde. Cela lui vaut bientôt la ruine.


Joséphine Baker en 1961 au Château des Milandes.

En juin 1964, Joséphine Baker, criblée de dettes et harcelée par le fisc, lance un appel pour sauver sa propriété de Dordogne, où vivent ses enfants ; la mise en vente aux enchères du château est annoncée.

Émue et bouleversée par sa détresse, Brigitte Bardot participe immédiatement dans les médias au sauvetage, et envoie un chèque important à cette collègue qu'elle ne connaissait pourtant pas directement. Cependant le château est finalement vendu pour un dixième de sa valeur en 1968. Faisant jouer la loi française, après avoir dû vivre dans la seule cuisine du château, et même passer une nuit dehors devant la porte, elle obtient néanmoins un sursis qui lui permet de rester dans les lieux, jusqu'au 15 mars 1969.


Jean-claude Brialy Opens His New Cabaret, La Goulue. PM 1039.  
 
Josephine Baker. March 28, 1969 Licence

Jean-Claude Brialy la prend sous son aile, et il l’accueille dans son cabaret La Goulue pour se produire régulièrement à Paris. Suite à son expulsion violente des Milandes, elle est hospitalisée un temps mais trouve rapidement les forces nécessaires pour assurer le spectacle. Le lundi, son jour de relâche, Joséphine parcourt l'Europe en solitaire pour aller honorer des engagements à Bruxelles, Copenhague, Amsterdam ou Berlin.

Alors que Joséphine Baker est pratiquement ruinée, la princesse Grace de Monaco, amie de la chanteuse d'origine américaine et artiste comme elle, lui offre alors un logement à Roquebrune pour le reste de sa vie et l'invite à Monaco pour des spectacles de charité.

Aidée aussi par la Croix Rouge, Joséphine Baker remonte sur la scène parisienne de l'Olympia, en 1968, puis à Belgrade en 1973, au Carnegie Hall en 1973, au Royal Variety Performance, au Palladium de Londres en 1974. À Paris, elle est au Gala du cirque en 1974.


Joséphine Baker, hospitalisée à Périgueux en mars 1969

Elle meurt à Paris le 12 avril 1975.    
 




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MessagePosté le: Dim 3 Juin - 09:25 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

je me souviens , on ne parlait que d'elle dans les salles de cinéma !

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MessagePosté le: Lun 4 Juin - 07:03 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

4 juin 1620
Restauration de la Sorbonne
par le cardinal de Richelieu



Triple portrait du Cardinal de Richelieu par Philippe de Champaigne, Londres, National Gallery.

Le cardinal de Richelieu, qui avait été élève au collège de Sorbonne en 1606-1607, en devint le proviseur le 29 août 1622 après le décès du cardinal de Harley. Face à l'état de délabrement du bâtiment, il entreprit un ambitieux programme de rénovation du collège. Les bâtiments, particulièrement mal commodes, étaient devenus nettement insuffisants au cours des deux derniers siècles. Le rôle des collèges avait en effet alors évolué : d'un simple gîte à l'attention d'une vingtaine de pensionnaires, il était devenu le siège d'une importante bibliothèque et un lieu d'enseignement, tandis que l'acquisition de terres et de rentes avait permis d'accroître le nombre de pensionnaires. Des travaux étaient urgents pour le nouveau proviseur du collège. À cet effet, il y agrégea deux collèges voisins, ceux de Calvi et des Dix-Huit et fit reconstruire les bâtiments dans un style classique.


Le collège de Sorbonne au XVIe siècle.


Richelieu chargea donc son architecte, Jacques Lemercier, de reconstruire l'ensemble afin de répondre aux exigences et au goût de l'époque. Le premier projet consistait à raser les bâtiments gothiques du collège et de son voisin méridional, celui de Calvi, tout en conservant la chapelle. Celle-ci, modernisée et agrandie, aurait servi de séparation entre deux cours de taille égale. Les travaux de démolition étaient en cours depuis 1629 quand Richelieu, conforté dans sa situation de premier ministre après la journée des dupes, fit retravailler le projet dans un sens plus ambitieux.



Le Grand Portail et Eglise de Sorbonne, Colege en l'Universite de Paris, fonde l'an 1245 par Robert Sorbon
homme fort Scavant, enrichy par St. Louis, et magnifiquement basti par le Cardinal de Richelieu l'an 1642,
ou ses os reposent sous le grand Autel. Ce bastiment este conduit par Mr. Mercier Architecte du Roy.

La Sorbonne, appelée par Mézerai, le Concile perpétuel des Gaules, l’aréopage de l’Eglise et le flambeau de la foi, ne fut, dans les commencements, qu’une communauté de pauvres écoliers, nommés les pauvres Maîtres, établie par Robert de Sorbonne. Le cardinal de Richelieu la rebâtit avec une magnificence vraiment royale. Il y choisit sa sépulture ; et les étrangers allaient, avant la Révolution, y admirer son tombeau, chef-d’œuvre du célèbre Girardon.

Ce tombeau a été transporté au Musée des Petits-Augustins. Le 4 juin 1610, la Sorbonne assemblée en vertu d’un arrêt du parlement, avait signé le décret du concile de Constance, « qu’il n’est loisible à aucun, pour quelques cause et occasion que ce puisse être, d’attenter aux personnes sacrées des rois et autres princes souverains. »

Le tombeau du cardinal de Richelieu à la Sorbonne : une histoire de tête momifiée

Quoi de plus normal que de trouver son tombeau, dans la chapelle Sainte-Ursule du célèbre collège... avec sa tête momifiée ! Une caboche avec une sacrée destinée...

Tout commence après la profanation du tombeau à la Révolution.

Alexandre Lenoir (le sauveur des gisants de Saint-Denis) décrit l'état du corps du cardinal : « une momie sèche et bien conservée. Il avait les pommettes saillantes, les lèvres minces, le poil roux et les cheveux blanchis par l'âge. » (rapporté par Clémentine Portier-Kaltenbach dans Histoires d'os et autres illustres abattis, éd. Lattès).

Mais un des révolutionnaires lui coupe la tête et l'exhibe en trophée. Le jeu de piste peut commencer... ben, oui, elle devient quoi, la tête ? Un témoin affirme l'avoir vue entre les mains de gamins qui en font un ballon improvisé. Qui ?


Le crâne du Cardinal de Richelieu photographié à la Sorbonne
en juillet 1895 par Auguste François.

Un certain abbé Boschamps, qui l'aurait formellement identifiée et aurait fait mine de jouer avec les gosses pour l'intercepter et la ramener chez lui !

L'abbé la confie ensuite à l'abbé Armez : un Breton dont la famille va en prendre grand soin. Si, si, un pharmacien rennais lui applique un traitement anti-insectes qui lui donne un joli ton cuivré, et on la vernit.

Les Armez la donnent en 1866 à la Sorbonne et on décide de lui offrir des funérailles en bonne et due forme. Il faudra attendre juin 1895 pour que ça se fasse : hé, le temps de bien faire authentifier la tête...


Richelieu sur son lit de mort, peint par Philippe de Champaigne.

Hééé, oui, minute ! Avait-on là la vraie trogne de Richelieu ? Tout à fait ! Sauf que, mince. Elle avait perdu sa célèbre barbiche... coupée ! Normal, peu avant sa mort (Richelieu a agonisé dans son lit des mois et des mois), on a coupé la pointe de la barbe pour qu'il puisse boire allongé sans s’en mettre partout...


François Girardon (1628-1715) : Tombeau du cardinal de Richelieu dans la chapelle

Aujourd’hui, on peut voir le tombeau du cardinal dans la chapelle Sainte-Ursule de la Sorbonne. Depuis le retour définitif de ses restes en 1971, après plusieurs exhumations.





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MessagePosté le: Lun 4 Juin - 09:01 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Tout de même ; jouer avec la tête du mort ! tatap

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MessagePosté le: Mar 5 Juin - 06:44 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

5 juin 1692
Prise de Namur par Louis XIV




Jean-Baptiste Martin, Le Siège de Namur, 30 juin 1692,

Périgueux, musée d'art et d'archéologie du Périgord.

Le siège de Namur est un épisode de la guerre de la Ligue d'Augsbourg au cours duquel les armées françaises commandées par Boufflers et Vauban assiègent pendant un mois la ville de Namur (alors dans les Pays-Bas espagnols).

En 1692, pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, Louis XIV se déplace personnellement pour assister au siège de Namur et de sa citadelle. L'armée sous le commandement du maréchal de Luxembourg couvre le siège. L'ingénieur en chef du roi, Vauban est responsable des opérations de siège.


Portrait de Sébastien Le Prestre,
marquis de Vauban, par Hyacinthe Rigaud


Cette ville était alors la plus forte place des Pays-Bas, par sa situation au confluent de la Sambre et de la Meuse, et par une citadelle bâtie sur des rochers. Louis XIV prit la ville en huit jours, pendant que le maréchal de Luxembourg empêchait le roi Guillaume de passer la Mehaigne à la tête de quatre-vingt mille hommes, et de venir faire lever le siège. Ce fut un beau spectacle de voir le maréchal de Vauban assiéger le fort Cohorn défendu par Cohorn lui-même.



Cette conquête fit la plus grande sensation dans la capitale. On prodigua les plus grands éloges au monarque. Boileau, qui avait célébré dans une si belle épître le passage du Rhin en 1672, voulut, dans une ode qui eût plus d’éclat et non moins d’énergie, faire fléchir la Meuse sous le joug de Louis ; mais il éleva trop haut son vol ambitieux, et le dieu du goût l’en punit en le condamnant à effacer ces traits manqués :
Du pinceau faible et dur
Dont il défigura le vainqueur de Namur.


Après un mois, la garnison commandée par Coehoorn, capitule le 30 juin 1692 et quitte la ville avec les honneurs de la guerre. Elle reprendra la ville trois ans plus tard.


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MessagePosté le: Mar 5 Juin - 09:45 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

pour le partage !

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MessagePosté le: Mer 6 Juin - 10:38 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

6 juin 1710
Décès de Louise de La Vallière




Dame d'honneur d'Henriette d'Angleterre, belle-soeur de Louis XIV, Louise de La Vallière boîte légèrement et apparaît à ses contemporains plus gracieuse que belle.

En 1661, elle n'en séduit pas moins le roi, de six ans plus âgé qu'elle. Il est vrai qu'elle en est sincèrement amoureuse, l'aimant pour lui-même plus que pour sa fonction : « Quel dommage qu'il soit le roi ! » murmure-t-elle. Elle aura de lui quatre enfants dont deux atteindront l'âge adulte et seront légitimés : Mademoiselle de Blois, future princesse de Conti, et le comte de Vermandois.


Louise de La Vallière et ses enfants par Pierre Mignard

La liaison, bien que discrètement entretenue, est rapidement connue et provoque la colère des dévots et des ecclésiastiques, comme Bossuet, ainsi que les sarcasmes de la duchesse d'Orléans.

Elle symbolisait, selon Sainte-Beuve, l'« amante parfaite », celle qui aime pour aimer, sans orgueil ni caprice, sans ambition ni vanité, et dont la sensibilité ne cache pas la fermeté de cœur.

Culpabilisée par l'adultère, Louise de La Vallière se réfugie chez les Bénédictines de Chaillot mais l'impétueux Louis XIV l'en fait extraire de force ! Après sept ans de passion amoureuse, elle se voit supplantée dans le coeur du Roi-Soleil par Mme de Montespan, plus brillante et plus ambitieuse. Le titre de duchesse de Vaujours, qui lui donne une place officielle à la cour, n'arrive pas à la consoler.


Mademoiselle de La Vallière aux Carmélites, par Pierre Révoil,
1er tiers du XIXe siècle, musée des beaux-arts de Lyon.

Cependant, Madame de Montespan étant mariée et son mari fort peu arrangeant, le roi garde Louise auprès de lui à la cour et dans sa "fonction" de favorite "officielle". De nouveau, Louise sert de paravent pour couvrir l'adultère royal.


Louise lui écrit le Sonnet au roi :

Tout se détruit, tout passe, et le cœur le plus tendre
Ne peut d'un même objet se contenter toujours ;
Le passé n'a point eu d'éternelles amours,
Et les siècles suivants n'en doivent point attendre.

La constance a des lois qu'on ne veut point entendre ;
Des désirs d'un grand Roi rien n'arrête le cours :
Ce qui plaît aujourd'hui déplaît en peu de jours ;
Cette inégalité ne saurait se comprendre.

Louis, tous ces défauts font tort à vos vertus ;
Vous m'aimiez autrefois, mais vous ne m'aimez plus.
Mes sentiments, hélas ! diffèrent bien des vôtres.

Amour, à qui je dois et mon mal et mon bien,
Que ne lui donniez-vous un cœur comme le mien
Ou que n'avez-vous fait le mien comme les autres !


À 30 ans, le 3 juin 1675, elle entre pour de bon au couvent, chez les Carmélites du faubourg Saint-Jacques, où elle meurt à 66 ans.
Saint-Simon écrit « elle mourut […] avec toutes les marques d'une grande sainteté » et encore : « Heureux [le roi] s'il n'eût eu que des maîtresses semblables à Mme de la Vallière… ». Sainte-Beuve estime que, des trois plus célèbres favorites de Louis XIV, c'est elle « de beaucoup la plus intéressante, la seule vraiment intéressante en elle-même. »


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MessagePosté le: Jeu 7 Juin - 08:03 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

7 juin 1954
Décès de Alan Turing



Alan Turing vers 1938.

Diplômé de Manchester, Cambridge (Angleterre) et Princeton (États-Unis), Alan Turing est considéré comme l'« Einstein des mathématiques ». Dès 1936, dans des articles retentissants, il a pressenti l'avènement des ordinateurs et ouvert la voie à l'intelligence artificielle. Il est admis aujourd'hui qu'il a aussi joué un rôle de premier plan dans le déchiffrage du code Enigma employé par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Sans Turing, les Alliés auraient perdu la bataille de l’Atlantique, et peut-être la guerre contre le nazisme.



Ce génie est aussi un excentrique introverti, coureur de fond, admirateur de Blanche-Neige et les sept nains et homosexuel.
Inculpé d'« indécence manifeste et de perversion sexuelle, le procès est médiatisé. Hugh Alexander fait de son confrère un brillant portrait, mais il est empêché de citer ses titres de guerre par le Secret Act. Turing est mis en demeure de choisir : incarcération ou castration chimique réduisant sa libido. Il choisit le traitement, d'une durée d'un an, avec des effets secondaires temporaires (le coureur à pied svelte qu'il était devient gros, impuissant, ses seins grossissent comme ceux d'une femme), et surtout des effets psychiques profondément démoralisants. Alors qu'il a été consacré, en 1951, en devenant membre de la Royal Society, à partir de 1952 il est écarté des plus grands projets scientifiques. Toutefois, en avril 1953, la « cure » se termine, ses effets s'estompent et Turing recommence à faire des projets de recherche, de voyages en France et en Méditerranée.


La sculpture en ardoise empilée d'Alan Turing par l'artiste Stephen Kettle

Brisé, malgré un retour en grâce dans sa chère université de Cambridge, il se suicide le 7 juin 1954, peu avant ses 41 ans, en croquant comme Blanche-Neige une pomme empoisonnée au cyanure (la légende veut qu'il s'agisse d'une pomme de la variété Macintosh).

Le suicide d'Alan Turing suscite en effet quelque polémique , dans un de ses ouvrages , Bernard Werber déclare que Turing (affecté par sa condamnation à suivre un traitement de castration chimique) a laissé une note expliquant que « puisque la société l'avait contraint à se transformer en femme, il choisissait de mourir comme aurait pu le faire la plus pure d'entre elles » (allusion à Blanche Neige).

C'est afin de lui rendre hommage que Steve Jobs a fait de la pomme arc-en-ciel le logo de son entreprise Apple, bien qu'il s'en soit défendu. Alan Turing a été officiellement réhabilité par la reine Élisabeth II le 24 décembre 2013.


Plaque commémorative au pied de sa maison.


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MessagePosté le: Jeu 7 Juin - 11:20 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

Admiratif devant le scientifique !

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Opaline
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MessagePosté le: Jeu 7 Juin - 23:01 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

8 juin 632
Mort du prophète Mahomet



Mort de Mahomet, miniature du Siyar-I Nabi,
Istanbul, 1595.


Mahomet s'éteint à Médine le 8 juin 632 (le 13 du mois de Rabi' premier, selon le calendrier arabe).
Celui qui va apparaître plus tard comme le Prophète de l'islam décède suite à une fièvre douloureuse et une longue maladie, peut-être consécutive à un empoisonnement. Il a environ 63 ans. Sa tombe est creusée à l'endroit même de sa mort.

À l'instant de mourir, il a unifié par les armes la partie occidentale de la péninsule arabe. Mais bien qu'il ait eu neuf femmes légitimes, il ne laisse aucun fils survivant susceptible de lui succéder à la tête des croyants.
Mahomet offre l'image d'un homme énergique mais aussi pénétré de sa mission divine.
Il se défend d'être poète et se juge incapable d'inventer par lui-même quoi que ce soit de comparable au Coran. Il se reconnaît faillible et ne se veut en rien différent des autres hommes. C'est un guerrier qui ne rechigne pas à donner la mort. Il aime les femmes et ne s'en cache pas. Il consacre par ailleurs beaucoup de temps à la prière et dédaigne les richesses de ce monde.


Mahomet recevant le Coran de Gabriel. Tiré du Jami' al-Tawarikh (Histoire du Monde) de Rashid al-Din,
Tabriz, Perse, 1307.


Le premier calife
Abou Bekr (ou Abou-Bakr) remplace le messager d'Allahau terme d'une brève lutte de succession. Il prend le nom de khalîfa (calife), d'un mot arabe qui veut dire lieutenant ou remplaçant. Ce premier calife a 59 ans. Il figure parmi les plus anciens compagnons de Mahomet. Il est aussi le père d'Aïcha, l'épouse préférée du Prophète.


La caverne de Hira, l'endroit où Mahomet aurait reçu
le premier verset du Coran.

Abou Bekr n'appartient à aucune des grandes familles de La Mecque, ce qui lui vaut d'être accepté par toutes. Seul Ali, le gendre du prophète, déplore son élection... Ses ressentiments causeront plus tard la scission entre les musulmans orthodoxes de confession sunnite et ceux de confession chiite.

Avec l'aide de l'énergique chef de guerre Khalid ibn al-Walid, Abou Bekr maintient l'unité de la communauté musulmane, menacée par les rivalités de clans et de tribus.


Mahomet à la bataille de Badr.

Il mène aussi des combats difficiles contre les tribus d'Arabie centrale. La tradition qualifiera ces combats de « guerres d'apostasie » en suggérant que les tribus concernées seraient revenues aux cultes polythéistes. Dans les faits, il semble qu'elles n'aient jamais précédemment fait acte de soumission à Mahomet.

Le calife les vainc rapidement et dès 633, un an après la mort de Mahomet, il peut se flatter d'avoir déjà conquis et soumis la totalité de la péninsule arabe. Prolongeant la tradition guerrière de leurs ancêtres, le musulmans tournent leurs ambitions vers les empires perse et byzantin limitrophes.



Alban Dignat


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MessagePosté le: Ven 8 Juin - 03:41 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

merci bien pour ce partage Opaline !



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Opaline
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MessagePosté le: Sam 9 Juin - 07:08 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

9 juin 1660
Mariage de Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche



Mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse d'Autriche par Jacques Laumosnier, musée de Tessé.

Le 9 juin 1660, Louis XIV et l'infante d'Espagne Marie-Thérèse se marient à Saint-Jean-de-Luz dans la liesse générale. Leur union consacre le rapprochement entre les deux principales puissances européennes de l'époque, la France et l'Espagne. Elle fait suite au traité des Pyrénées négocié par Mazarin et signé le 7 novembre de l'année précédente.


Marie Thérèse d'Autriche, enfant par Velasquez

À la cour d'Espagne, Marie-Thérèse était une jeune fille un peu charmante, timide, petite, gourmande (chocolat), ressemblant à sa mère bien-aimée. À la cour de France, l'atmosphère sera différente : elle sera renfermée sur elle-même avec ses dames de compagnie espagnoles, ses nains, ses petits chiens et son chocolat. Elle ne parle qu'espagnol et suit mal les conversations en français. Elle ne s'occupe pas beaucoup de politique et certaines de ses ennemies seront les maîtresses du roi, comme Mme de Montespan.

À son mariage, elle ne parlait pas un mot de français mais elle apportait le chocolat et la première orange à la Cour de France. La reine Marie-Thérèse parlait mal le français et gardait un fort accent espagnol, mais elle comprenait très bien le français et en saisissait toutes les subtilités.


La reine Marie-Thérèse et son fils le Dauphin de France,
Charles Beaubrun, 1663-1666.


Les époux, tous deux âgés de 21 ans, sont cousins des deux bords : Louis XIV a pour mère Anne d'Autriche, soeur du roi d'Espagne Philippe IV de Habsbourg. L'épouse de ce dernier, Élisabeth de France, est la mère de Marie-Thérèse d'Autriche mais aussi la soeur de Louis XIII, père du marié.

Louis XIV délaissa bien vite son épouse, petite et jugée sotte, disgracieuse et bigote par les contempteurs de la Cour, pour ses nombreuses favorites. Il restait cependant un époux très consciencieux, et Marie-Thérèse mit ainsi au monde six enfants en vingt-trois ans de mariage.


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MessagePosté le: Sam 9 Juin - 07:32 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour Répondre en citant

On en a tellement parlé de cet événement ! rire moq

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:28 (2018)    Sujet du message: Une petite histoire par jour

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